{N}1,{/}1: Jean ne parle pas de r\u00e9v\u00e9lations ou de secrets jalousement gard\u00e9s par quelques initi\u00e9s. La v\u00e9rit\u00e9 qu'il nous pr\u00e9sente est \u00e0 la fois plus simple et plus divine: Dieu, vie \u00e9ternelle, est venu vivre parmi les hommes.
Le Verbe: voir commentaire de Jn 1,1.
La Vie s'est montr\u00e9e \u00e0 d\u00e9couvert. Ne cherchez pas les miracles! La vie se r\u00e9v\u00e8le comme le don du P\u00e8re, une seconde naissance de l'homme qui ne savait plus esp\u00e9rer, le divin sourire, la visite inattendue de celui qui veut partager sa vie avec les hommes (Pr 8,31). La Vie ne se trouve pas dans les livres, ceux qui l'ont vue et qui en ont fait l'exp\u00e9rience avant nous peuvent nous la communiquer.

{N}1,{/}5: Marcher dans la lumi\u00e8re: telle est la vie chr\u00e9tienne.
Au-del\u00e0 des v\u00e9rit\u00e9s multiples et toujours partielles que les hommes d\u00e9couvrent, il y a une lumi\u00e8re (ou une \u00e9vidence, ou une pr\u00e9sence) qui est la V\u00e9rit\u00e9 totale et indivisible: on est dans la lumi\u00e8re ou on ne l'est pas. Elle ne donne pas directement "des" connaissances, mais c'est toute la personne qui agit, vit, marche dans la lumi\u00e8re.
Qui entre dans la foi d\u00e9couvre cette lumi\u00e8re, elle le lib\u00e8re de bien des obstacles:
-_La vision partielle de celui qui s'enthousiasme pour une cause et ignore d'autres combats tout aussi importants; de celui qui soigne un secteur de sa vie, laissant le d\u00e9sordre dans les autres.
-_L'inqui\u00e9tude de ceux qui n'ont pas de but et qui font taire leurs propres doutes en se lan\u00e7ant dans l'action effr\u00e9n\u00e9e.
La foi nous ouvre peu \u00e0 peu \u00e0 une vision globale de l'homme.
Premier crit\u00e8re pour d\u00e9terminer si nous marchons dans la lumi\u00e8re: est-ce que nous abandonnons le p\u00e9ch\u00e9? Ici Jean veut r\u00e9futer ce que disent certains: Puisque nous sommes chr\u00e9tiens, nous sommes unis \u00e0 Dieu et alors les p\u00e9ch\u00e9s du corps sont sans importance.
Jean affirme que si nous choisissons Dieu, nous ne pouvons pas continuer \u00e0 nous livrer au p\u00e9ch\u00e9. 
Jean nous invite \u00e0 confesser nos p\u00e9ch\u00e9s \u00e0 Dieu, c'est-\u00e0-dire, reconna\u00eetre humblement devant Dieu que nous avons p\u00e9ch\u00e9, tout en ayant confiance en sa bont\u00e9. Si cette attitude n'existait pas, le sacrement de la confession serait sans valeur. Mais, d'autre part, la confession de nos p\u00e9ch\u00e9s dans le sacrement de la p\u00e9nitence nous aide \u00e9norm\u00e9ment \u00e0 maintenir le coeur ouvert \u00e0 Dieu.

{N}2,{/}1: Deuxi\u00e8me crit\u00e8re de notre amour de Dieu: ob\u00e9ir aux commandements qui se r\u00e9sument dans l'amour. Pr\u00e9tendons-nous conna\u00eetre Dieu? Alors, quel amour montrons-nous \u00e0 notre prochain?
Le commandement d'autrefois, le premier que nous avons appris \u00e0 l'\u00e9glise; un commandement nouveau, car le monde doit constamment et dans tous les domaines, d\u00e9couvrir la force de l'amour.
Comment interpr\u00e9ter les r\u00e9p\u00e9titions des deux paragraphes 2,12 et 2,14? Dans le texte grec, il est impossible de distinguer: "je vous \u00e9cris que", et  "je vous \u00e9cris parce que", et il nous faut choisir. Mais noter le lien de ces trois donn\u00e9es d'une vie chr\u00e9tienne authentique: exp\u00e9rience du pardon, connaissance de Dieu, force capable de faire reculer le mal et le Mauvais.

{N}2,{/}15: Troisi\u00e8me crit\u00e8re: ne pas aimer le monde.
Remarquer que Jean commence par se r\u00e9jouir avec ses lecteurs parce qu'ils connaissent le P\u00e8re. Il ne s'agit pas de d\u00e9tester le monde que le Christ est venu sauver (voir commentaire de Jn 3,17). Mais la vie et l'histoire des hommes r\u00e9v\u00e8le une ali\u00e9nation profonde: elle est sous le pouvoir de l'esprit du mal. Et Jean appelle monde tout le courant mauvais qui y circule. Pour lui le monde est la vie trompeuse qui nous attire d\u00e8s que nous cessons de chercher la volont\u00e9 du P\u00e8re.
Deux forces oppos\u00e9es coexistent dans le monde et aussi dans les personnes: d'une part ce qui vient du P\u00e8re et qui nous apporte quelque exp\u00e9rience de l'\u00e9ternit\u00e9, de l'autre tout ce que projettent et font ceux qui poursuivent leurs propres d\u00e9sirs et qui, inconsciemment, sont esclaves.
Il faut ajouter quelque chose au sujet de "ne pas aimer le monde". M\u00eame si tout ce qui provient de Dieu est bon: la lumi\u00e8re du soleil, la nature, l'amour et la science, toute la cr\u00e9ation est sans valeur si nous la comparons avec Dieu.
Tant que nous consid\u00e9rons le monde comme le grand cadeau de Dieu et que nous nous sentons responsables envers Dieu du progr\u00e8s et du d\u00e9veloppement du monde, le monde est bon pour nous. Mais, d\u00e8s que nous le consid\u00e9rons comme une chose \u00e0 nous, que nous utilisons ou d\u00e9truisons \u00e0 notre gr\u00e9, il devient notre pire ennemi. Les chr\u00e9tiens s'engagent envers le monde (premier cas), mais pas aux c\u00f4t\u00e9s du monde (second cas). Ils pr\u00e9servent leur libert\u00e9 d'enfants de Dieu, ou ils cessent de l'\u00eatre \u00e0 cause de leur amour pour le monde.

{N}2,{/}18: Quatri\u00e8me crit\u00e8re: pour \u00eatre s\u00fbrs de marcher dans la lumi\u00e8re, il faut rejeter l'antichrist. Les croyants du temps de Jean savaient qu'un antichrist se pr\u00e9senterait avant le retour glorieux du Christ. Jean dit: celui qui refuse d'accepter que J\u00e9sus est le Christ est d\u00e9j\u00e0 un antichrist. Aujourd'hui, il y a encore bien des gens qui distinguent: d'une part, l'homme J\u00e9sus perdu dans les brumes de la l\u00e9gende - sans doute un proph\u00e8te qui n'a pas eu de chance -, et d'autre part, un Christ id\u00e9alis\u00e9 que les croyants adorent. Mais Jean dit: celui-l\u00e0 m\u00eame qui est venu dans l'histoire, c'est lui le Dieu \u00e9ternel.
Il vous a donn\u00e9 l'onction et elle vous instruit. Jean ne parle pas seulement de l'onction d'huile du bapt\u00eame et de la confirmation. "Christ" veut pr\u00e9cis\u00e9ment dire: celui qui a re\u00e7u l'onction, et cette onction, c'\u00e9tait la pr\u00e9sence en lui de l'Esprit de Dieu, son P\u00e8re. Jean ajoute: vous ne pouvez pas recevoir n'importe quoi passivement dans l'Eglise, il vous faut discerner si l'on vous transmet fid\u00e8lement la parole de Dieu.
L'onction (l'Esprit) vous instruit de tout. En \u00e9crivant cela, Jean pensait aussi aux proph\u00e8tes qui \u00e9taient les animateurs des Eglises: gr\u00e2ce \u00e0 leurs paroles inspir\u00e9es, l'Esprit instruisait la communaut\u00e9 (voir Ac 14,2 et 1 Th 5,19). Maintenant aussi, l'Esprit nous maintient dans la v\u00e9rit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 ceux qui animent et enseignent, mais nous ne sommes pas dispens\u00e9s de chercher par nous-m\u00eames le sens de la parole et de discerner ce que d'autres nous disent.

{N}3,{/}1: Ici commence la seconde partie de la lettre: nous sommes enfants de Dieu et il nous faut vivre en tant que tels.
Enfants de Dieu, cela peut s'entendre de bien des mani\u00e8res. On pourrait dire que Dieu nous a faits, ou qu'il nous aime... Mais Jean attire notre attention sur deux points:
-_Vous \u00eates fils, afin de devenir comme Dieu. Ne pensez donc qu'\u00e0 \u00eatre parfaits, puisque Dieu est parfait.
-_Vous \u00eates fils afin de retourner au P\u00e8re. Est-ce que nous pensons vraiment au but pour lequel Dieu nous a choisis? Si nous en sommes conscients, comprenons que Dieu nous purifie de mille mani\u00e8res parce que c'est seulement ainsi que nous parviendrons \u00e0 notre but.
Nous serons semblables \u00e0 lui,: partageant tout ce que Dieu est et, d'une certaine mani\u00e8re, devenant Dieu avec Dieu (voir 1 Co 13,13). Ceux qui endurent maintenant une vie de souffrances avec le Christ seront transfigur\u00e9s comme lui (Mc 9; Col 3,4). Alors, l'univers parviendra \u00e0 son but: il aura pour centre les enfants de Dieu, ou plut\u00f4t, l'Homme Nouveau (Rm 8,l9).
Ceux qui sont n\u00e9s de Dieu ne commettent pas le p\u00e9ch\u00e9 (9). Ceci nous semble exag\u00e9r\u00e9, mais \u00eatre enfant de Dieu n'est pas une question de mots: nous avons vraiment commenc\u00e9 \u00e0 vivre dans la v\u00e9rit\u00e9 et dans l'amour. Il nous devient impossible de commettre le vrai p\u00e9ch\u00e9: refuser carr\u00e9ment d'aimer, ou de pardonner, ou de continuer \u00e0 lutter. Mais nous demandons \u00e0 notre P\u00e8re: Ne nous soumets pas...

{N}3,{/}7: Observer le commandement de l'amour est ce qui distingue les enfants de Dieu.
Les gens ont toujours eu besoin de diviser le monde en deux camps: ceux de leur groupe et les autres, les bons et les mauvais. Mais Jean nous dit quelle est la fronti\u00e8re qui divise les hommes: ceux qui aiment et ceux qui n'aiment pas. Comme beaucoup de croyants sont dans le camp de ceux qui aiment, ils seront pers\u00e9cut\u00e9s. Leurs compagnons et leurs compatriotes ne leur pardonneront pas de ne pas se mettre enti\u00e8rement dans leur camp.
Celui qui hait son fr\u00e8re est un homicide. Tous les meurtres et les massacres proviennent de la haine. Quand la guerre ravage subitement un pays, cela est d\u00fb au fait que bien des gens en veulent \u00e0 d'autres, et que d'autres encore plus nombreux refusent de se sacrifier pour r\u00e9soudre les difficult\u00e9s et les tensions.
La pratique de l'amour ne nous laisse jamais aigris, comme il arrive souvent quand le sacrifice ne na\u00eet pas d'un amour vrai: car la prat\u00edque de l'amour nous fait entrer dans le monde de Dieu o\u00f9 il n'y a plus de distances, ni de crainte ou de m\u00e9fiance.
Si notre coeur nous accuse, nous dirons que Dieu est plus grand que notre coeur. Jean veut sans doute dire que Dieu nous conna\u00eet et nous juge mieux que nous ne pouvons le faire nous-m\u00eames: il le fait avec un amour qui nous manque. Nous devons beaucoup nous m\u00e9fier des sentiments de culpabilit\u00e9 pour des fautes que nous avons regrett\u00e9es et sans doute r\u00e9par\u00e9es: cette forme d'angoisse nous referme sur nous-m\u00eames au lieu de nous ouvrir \u00e0 Dieu qui sait comment reprendre les choses ab\u00eem\u00e9es ou frip\u00e9es et en refaire du neuf.
Croire au Nom... (23): c'est-\u00e0-dire \u00e0 la divinit\u00e9 du Christ.

{N}4,{/}1: Jean a soulign\u00e9 le r\u00f4le de l'Esprit Saint pour nous guider dans la v\u00e9rit\u00e9, mais ici il met en garde contre les faux proph\u00e8tes qui ne s'expriment pas selon la foi re\u00e7ue des ap\u00f4tres dans l'Eglise.
Il y a toujours eu des conflits entre ceux qui ont l'autorit\u00e9 et ceux qui parlent et critiquent librement. Il est \u00e9vident qu'aucune personne inspir\u00e9e ne peut parler contre la foi traditionnelle de l'Eglise. Mais que penser lorsqu'il s'agit de mani\u00e8res d'\u00eatre et d'agir dans l'Eglise? Devons-nous toujours soutenir les responsables? Ce serait oublier que l'Evangile forme des personnes libres. Nous ne pouvons suivre aveugl\u00e9ment, m\u00eame le pape ou l'\u00e9v\u00eaque ou la majorit\u00e9 lorsque notre conscience s'y oppose, \u00e0 moins que l'unit\u00e9 de l'Eglise ne soit en cause. Nous devons former notre propre opinion et \u00e9valuer selon les crit\u00e8res de l'Evangile.
Alors, pouvons-nous encourager ceux qui semblent \u00eatre guid\u00e9s par l'Esprit? Si le Saint-Esprit les inspire r\u00e9ellement, ils n'essaient jamais de diviser l'Eglise, m\u00eame quand ils critiquent ce qui doit \u00eatre critiqu\u00e9. La communaut\u00e9 peut les expulser, mais ils ne seront pas responsables de la rupture. Et m\u00eame quand la communaut\u00e9 locale les rejette, ils n'acceptent jamais de se s\u00e9parer de la communion universelle de l'Eglise qui, avec le temps, finit toujours par reconna\u00eetre les vrais proph\u00e8tes.

{N}4,{/}7: Ici commence la troisi\u00e8me partie de la lettre: Dieu-Amour est la source de l'amour et de la foi.
Dieu est amour (8 et 16). Voici la r\u00e9v\u00e9lation supr\u00eame qui caract\u00e9rise la foi chr\u00e9tienne. D'autres religions parlent d'un Dieu bon et mis\u00e9ricordieux, aucune ne sait que le dynamisme de l'amour anime toute la cr\u00e9ation et que sa source est en Dieu-Amour.
Dans ce beau passage Jean insiste sur le fait que l'amour de Dieu et l'amour du prochain sont ins\u00e9parables.
Nous le savons tous, mais Jean nous en donne la raison primordiale: l'amour vient de Dieu (7). Si nous sommes capables d'aimer Dieu, c'est parce que Dieu nous a aim\u00e9s (10); si nous nous aimons les uns les autres, c'est que l'amour de Dieu demeure en nous.
Jean rapproche aussi l'amour de Dieu de la foi en Dieu: le vrai croyant est celui qui croit d'abord en l'amour de Dieu (16). Il nous a aim\u00e9s et choisis de toute \u00e9ternit\u00e9 (Ep 1,4); il l'a montr\u00e9 en envoyant son Fils (Rm 5,8). Si nous aimons vraiment, cela ne nous fait jamais sentir sup\u00e9rieurs, nous ne croyons pas avoir du m\u00e9rite en cela: nous nous rendons simplement compte que l'amour de Dieu est \u00e0 l'oeuvre en nous.
Ainsi se justifie la vie de ceux qui se consacrent par amour au service des abandonn\u00e9s, des malades, des personnes \u00e2g\u00e9es, de ceux qui ne sont plus utiles \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Et de m\u00eame la vie de ceux qui laissent la vie ordinaire pour se consacrer pleinement \u00e0 un amour exclusif de Dieu.

{N}5,{/}1: Dieu-Amour est celui qui nous demande de croire en son Fils, et la foi est une victoire. Jean a \u00e9crit l'Apocalypse pour donner courage aux chr\u00e9tiens pers\u00e9cut\u00e9s: il leur montre qu'ils partagent la victoire du Christ par le seul fait de rester fermes dans la foi. Ici, Jean le dit d'une autre mani\u00e8re.
Notre grande victoire sera de conqu\u00e9rir "l'h\u00e9ritage des enfants de Dieu", c'est-\u00e0-dire l'\u00e9ternit\u00e9 de Dieu. Ceux qui croient au Christ sont d\u00e9j\u00e0 parvenus \u00e0 la V\u00e9rit\u00e9 qui est Dieu.
Comment pouvons-nous savoir que nous aimons les enfants de Dieu? (2). Jean a dit pr\u00e9c\u00e9demment: Ceux qui aiment Dieu aiment aussi leurs fr\u00e8res et soeurs. Mais ici il retourne la phrase: on reconna\u00eet ceux qui aiment leurs fr\u00e8res et soeurs par le fait qu'ils aiment Dieu.
Bien des choses s'appellent amour et il peut y avoir plus ou moins d'amour dans chacune d'elles. Mais l'amour de Dieu pour nous et l'amour qu'il nous communique pour notre prochain ne peuvent pas se confondre avec d'autres amours. L'amour qui na\u00eet d'une authentique communion avec Dieu n'a rien \u00e0 voir avec l'amour sentimental, ou aveugle ou int\u00e9ress\u00e9. Il est efficace pour lib\u00e9rer les autres et nous rend semblables au Christ.
Les versets 6-9 signalent trois aspects de l'exp\u00e9rience chr\u00e9tienne que nous voyons d'abord r\u00e9alis\u00e9s en J\u00e9sus lui-m\u00eame. Jean les caract\u00e9rise par ces trois mots:
-_l'eau: elle est symbole de puret\u00e9 et de vie nouvelle.
-_le sang du sacrifice, la douloureuse expiation du p\u00e9ch\u00e9, le sang des martyrs.
-_l'Esprit: la force irr\u00e9sistible qui anime les t\u00e9moins du Christ; l'incroyable cr\u00e9ativit\u00e9 des personnes et des institutions qui se basent sur la foi.
Tous les trois t\u00e9moignent de J\u00e9sus et caract\u00e9risent \u00e9galement le salut chr\u00e9tien. Il est ais\u00e9 de voir qu'ils correspondent aux trois sacrements du bapt\u00eame, de l'eucharistie et de la confirmation.

{N}5,{/}13: Dans la conclusion, Jean r\u00e9p\u00e8te ce qu'il dit tout au long de la lettre: vous qui croyez, appr\u00e9ciez ce que vous poss\u00e9dez. Ne sous-estimez pas le pas que vous avez fait en acceptant le Christ. Explorez et cherchez les richesses qui vous sont destin\u00e9es et qui se trouvent en Celui qui nous aime (Ap 1,5).
Le monde entier reste soumis au Mauvais. Voir les commentaires de Jn 3,11 et 1Jn 2,15.
On ne peut pas dire sans plus que le monde est bon, ou qu'il est mauvais. Ne nous \u00e9tonnons donc pas si les auteurs de la Bible \u00e9voquent parfois les aspects positifs du monde, comme oeuvre de Dieu et manifestation des richesses de Dieu, et si en d'autres endroits ils le montrent peupl\u00e9 d'ennemis. L'ap\u00f4tre Jean se range parmi les \u00e9crivains bibliques qui attribuent une influence d\u00e9cisive au "Mauvais". En cela, d'ailleurs, il ne contredit pas les autres t\u00e9moins des paroles de J\u00e9sus: "d\u00e9livre-nous du Mauvais!"conclut le Notre P\u00e8re (Mt 6,13).
Il y a l\u00e0 r\u00e9ellement pour nous un myst\u00e8re. Quel cr\u00e9dit pouvons-nous accorder \u00e0 cette pr\u00e9sence dans le monde d'un esprit cr\u00e9\u00e9, ennemi de Dieu, et ma\u00eetre de la cr\u00e9ation ou, pour le moins, d'une bonne partie des clefs de notre histoire? Certains diront qu'il y a l\u00e0 un reste des croyances primitives aux esprits bons ou mauvais. Ne faut-il pas dire plut\u00f4t que si tant de religions sont convaincues de la pr\u00e9sence d'esprits mauvais, elles ne font en cela qu'interpr\u00e9ter l'exp\u00e9rience la plus commune? Et la Bible pour sa part a peu \u00e0 peu repris, avec beaucoup de sobri\u00e9t\u00e9, cette intuition. Elle l'a mise \u00e0 sa place dans la foi et dans l'exp\u00e9rience chr\u00e9tienne. Pour les ap\u00f4tres et pour le chr\u00e9tien, le monde n'est pas comme pour beaucoup d'orientaux une r\u00e9alit\u00e9 "vide", c\u00e0-dire quelque chose de pure apparence o\u00f9 nous ne trouverons pas les vraies valeurs; c'est bien plut\u00f4t le lieu o\u00f9 s'exerce une pr\u00e9sence hostile: Mt 13,28; Jn 15,30; Eph 2,2; 1 P 5,9.
Le Mauvais transforme les meilleures choses en idoles destructrices, m\u00eame chez les chr\u00e9tiens et leurs chefs, souvent pr\u00e9occup\u00e9s de construire l'Eglise \u00e0 leur propre image et ressemblance, et m\u00eame encore chez ceux qui cherchent la perfection religieuse: gardez-vous des idoles...

