{N}1,{/}1: Avec vos \u00e9v\u00eaques et vos diacres. Dans les Actes, nous avons vu comment les ap\u00f4tres fondaient des communaut\u00e9s, des Eglises, dans chaque ville o\u00f9 ils proclamaient l'Evangile. Ils ne partaient pas sans avoir \u00e9tabli un conseil de dirigeants, appel\u00e9s presbytres (c'est-\u00e0-dire anciens), comme cela se faisait dans les communaut\u00e9s juives. Apr\u00e8s quelques ann\u00e9es, on commence \u00e0 mentionner des \u00e9v\u00eaques (ou inspecteurs): peut-\u00eatre des membres du conseil des presbytres ayant une charge plus effective. Il ne faut surtout pas chercher \u00e0 les identifier avec les  actuels pr\u00eatres et \u00e9v\u00eaques de notre Eglise.
Quant aux diacres, ils \u00e9taient responsables de divers services, pas simplement sur le plan mat\u00e9riel comme ce sera ensuite le cas \u00e0 Rome: sans doute avaient-ils la charge de la mission dans des secteurs o\u00f9 il n'y avait pas encore de communaut\u00e9.
Gr\u00e2ce et paix! Les Juifs se saluaient en disant "Paix!" et les Grecs en disant "R\u00e9jouissez-vous!" Maintenant, Paul s'adresse \u00e0 une communaut\u00e9 de Grecs et de Juifs, et il invente une nouvelle salutation pour les deux groupes en disant: Gr\u00e2ce, ce qui en grec ressemble beaucoup \u00e0 "r\u00e9jouissez-vous".
Dieu qui a commenc\u00e9 ce bon travail le poursuivra (6). Le terme auquel on aspire est toujours la Manifestation (2Th 1,7), ou la Visite, ou le Jour du Seigneur J\u00e9sus (1Co 1,8). On ne travaille pas sans attendre le jour o\u00f9 l'on aura tout ce dont on a r\u00eav\u00e9; il n'y a pas de vie chr\u00e9tienne o\u00f9 l'on se contente de penser \u00e0 la retraite, o\u00f9 l'on se sente combl\u00e9 parce qu'on a sa maison \u00e0 la campagne ou parce que la famille grandit sans anicroche. Cessons de dire que ces premiers chr\u00e9tiens vivaient avec "l'illusion" d'un proche retour du Christ: ils voulaient le rencontrer personnellement et \u00eatre transfigur\u00e9s par lui. Cela n'est illusion que pour ceux qui s'enferment dans les oasis de paix d'un monde en crise.
La connaissance et la lucidit\u00e9... (9). Le bon coeur et la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 ne sont pas le tout de la vie chr\u00e9tienne. Nous ne sommes sauv\u00e9s, nous n'atteignons notre vraie stature, nous ne sommes "recr\u00e9\u00e9s" tels que Dieu nous aime de toute \u00e9ternit\u00e9, que si la lucidit\u00e9 a guid\u00e9 notre g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. Et de m\u00eame pour sauver le monde, Dieu nous appelle \u00e0 d\u00e9couvrir de nouvelles voies. Nous avons besoin de r\u00e9fl\u00e9chir, d'\u00eatre attentifs, (nous pouvons appeler cela "r\u00e9vision de vie"), pour d\u00e9couvrir ce qui est positif et n\u00e9gatif dans notre vie quotidienne, nos relations de travail, nos devoirs envers la soci\u00e9t\u00e9, nos loisirs. Mais cette r\u00e9flexion ne suffit pas: parmi les dons de Dieu il y a la connaissance spirituelle, laquelle nous donne une nouvelle vision de l'ordre des valeurs et de la volont\u00e9 de Dieu.

{N}1,{/}12: Paul n'est pas seulement pers\u00e9cut\u00e9 par les Juifs: dans l'Eglise m\u00eame, de "faux fr\u00e8res", ravis de le voir en prison, voient dans cette situation la possibilit\u00e9 de se faire valoir. Le probl\u00e8me est de tous temps: les grands noms de l'apostolat ont d\u00e9pens\u00e9 une bonne part de leurs \u00e9nergies \u00e0 limiter le tort que leur faisaient des rivaux ou des groupes puissants dans l'Eglise. Paul cependant a re\u00e7u la sagesse: il voit que m\u00eame si beaucoup font par int\u00e9r\u00eat personnel ce qu'ils croient faire pour Dieu, lui sait en tirer parti.
C'est l\u00e0 mon attente: je n'aurai pas honte (20). Paul souhaite ardemment que son proc\u00e8s serve \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler le message du Christ aux autorit\u00e9s, lorsqu'il compara\u00eetra devant elles.
Le Christ est ma vie (21). Il est tr\u00e8s \u00e0 la mode de dire que les chr\u00e9tiens doivent "comprendre le monde" et \u00eatre "pleinement humains". C'est vrai dans un certain sens, mais cela ne dit pas tout. L'amour de Dieu grandit en nous par le don de nous-m\u00eames aux personnes et aux t\u00e2ches que Dieu nous confie, mais lorsque l'amour de Dieu a grandi, le d\u00e9sir du Christ et de l'\u00e9ternit\u00e9 s'enracine avec lui: il fait de nous des \u00e9trangers dans ce monde.
Paul aimerait les voir, bien s\u00fbr, mais il ne s'attardera pas pour autant dans des repas fraternels l\u00e0 o\u00f9 on voudrait lui donner une chaude ambiance: son d\u00e9sir profond, ce qui lui manque, c'est de rencontrer le Christ dans sa gloire: voir 2Co 4,16 et Ph 3,10.
J'aimerais rejoindre le Christ (23). Cela contredit la th\u00e9orie de ceux qui veulent que les morts ne soient plus rien en attendant le jour de la r\u00e9surrection (voir aussi 2Co 5,8).

{N}1,{/}27: Voyez comment dans tout ce paragraphe Paul invite les Philippiens \u00e0 partager pleinement sa propre lutte: lui est en prison, mais eux-m\u00eames doivent rester au premier rang du combat. Et qu'attend-il d'eux? D'abord que leur communaut\u00e9 soit une vraie communaut\u00e9 (27). L'unit\u00e9 sera un signe d\u00e9cisif pour ceux qui nous voient de l'ext\u00e9rieur: Soyez unis et parlez sans crainte. Qu'il y ait ou non pers\u00e9cution, les gens du dehors essayeront toujours de nous diviser.

{N}2,{/}1: Paul nous donne ici le secret de la vie en communaut\u00e9: chercher ce qui est humble et ne rien faire par rivalit\u00e9 ou pour la gloire. Paul propose l'exemple du Christ: son passage de Dieu \u00e0 homme, de riche \u00e0 pauvre, de premier \u00e0 dernier, de ma\u00eetre \u00e0 serviteur. Le Seigneur J\u00e9sus s'est rabaiss\u00e9 lui-m\u00eame au rang des plus m\u00e9pris\u00e9s.
Cette attitude de J\u00e9sus doit \u00eatre celle de ses disciples. Notre d\u00e9sir de nous identifier aux plus humbles, de partager avec eux, est le crit\u00e8re d'une vie vraiment \u00e9vang\u00e9lique. En cela, nous devons nous distinguer de ceux qui s'int\u00e9ressent principalement \u00e0 leur r\u00e9alisation personnelle ou familiale. Leurs ambitions sont l\u00e9gitimes, qui d'entre nous ne les partage pas au moins en partie? Et cependant elles ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9valoris\u00e9es par le Christ du seul fait qu'il a pris le chemin oppos\u00e9.
{C}LE MYST\u00c8RE DU FILS{/}
Il est clair que dans ces lignes Paul reprend, pour l'appliquer au Christ, la proph\u00e9tie du Serviteur que nous lisons en Is 52,13-53,12: le Serviteur de Yahv\u00e9 atteindra la gloire en passant par l'humiliation. Mais Paul va recentrer ce texte: il c\u00e9l\u00e8bre avant tout la myst\u00e9rieuse et libre d\u00e9cision du Christ qui renonce au tout de Dieu dans une parfaite ob\u00e9issance.
Lui qui jouissait de la fa\u00e7on d'\u00eatre de Dieu. Nous parlons de fa\u00e7on d'\u00eatre, puis de condition, alors que Paul garde le m\u00eame mot aux versets 6 et 7, et ce mot grec signifie plus pr\u00e9cis\u00e9ment: \u00ab la forme \u00bb; non pas seulement, comme en fran\u00e7ais, ce que notre oeil reconna\u00eet, mais la fa\u00e7on d'\u00eatre d'une personne, ce que nous d\u00e9couvrons de sa nature profonde. En fran\u00e7ais condition va bien avec serviteur, mais si l'on parle de \u00ab condition divine \u00bb, le risque est grand de ne voir l\u00e0 qu'un rang divin donn\u00e9 \u00e0 quelqu'un qui n'est pas r\u00e9ellement Dieu. Or Paul veut dire que le Christ jouissait de la fa\u00e7on d'\u00eatre qui est propre de Dieu, c'est \u00e0 dire de la nature de Dieu avec sa gloire et sa majest\u00e9.
Il a pris la condition de serviteur. Il est vrai que le sens premier du mot grec est \u00ab esclave \u00bb. Mais, esclave, J\u00e9sus ne l'a jamais \u00e9t\u00e9. Le mot doit donc \u00eatre compris dans le sens de serviteur qu'il a tr\u00e8s souvent dans la Bible: Mo\u00efse, serviteur de Dieu..., Paul, serviteur de J\u00e9sus Christ. Paul a voulu exprimer fortement l'abaissement du Christ, mais il l'a vu d'abord comme le Serviteur. Le Christ s'est vid\u00e9 de la fa\u00e7on d'\u00eatre qui est propre \u00e0 Dieu et il a pris la fa\u00e7on d'\u00eatre qui est, celle du Serviteur r\u00e9dempteur.
Nous avons ici une approche extr\u00eamement profonde du myst\u00e8re de J\u00e9sus Fils de Dieu. Son identit\u00e9, ou sa personnalit\u00e9, est tout enti\u00e8re dans cet abaissement suivi d'une \u00e9l\u00e9vation, ou exaltation (v..9), qui fait l'\u00e9merveillement de Paul. Dieu est bien le P\u00e8re de qui tout proc\u00e8de et \u00e0 qui tout revient, source de l'\u00eatre divin; et s'il est P\u00e8re, s'il projette son Verbe dans l'\u00e9ternit\u00e9, c'est parce que la dynamique de l'amour est inscrite au coeur du Dieu-Amour. Sa totale g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 fait surgir cette autre face de l'Amour qui consiste \u00e0 renoncer \u00e0 soi-m\u00eame. Le Fils est bien en un sens Image du P\u00e8re (Col 1,15), mais non pas une r\u00e9plique ou un rival du P\u00e8re: le propre du Fils sera de se perdre lui-m\u00eame pour \u00eatre repris en Dieu.
Lorsque Paul dit qu'il n'a pas d\u00e9fendu son \u00e9galit\u00e9 avec Dieu, il ne s'agit pas seulement de privil\u00e8ges royaux, ou d'un bien-\u00eatre et d'une vie heureuse dont J\u00e9sus aurait pu jouir au milieu des hommes: c'est en Dieu et dans le myst\u00e8re d'\u00e9ternit\u00e9 que le Fils renonce \u00e0 lui-m\u00eame pour \u00eatre repris par le P\u00e8re. Le mouvement par lequel le P\u00e8re projetait son Verbe dans l'\u00e9ternit\u00e9 s'est prolong\u00e9 par la cr\u00e9ation de l'univers. Et c'est dans cet univers cr\u00e9\u00e9 que le Fils est venu chercher le terme de son abaissement.
La R\u00e9surrection du Christ, que l'Eglise place au coeur de son culte, est donc tout autre chose qu'un honneur posthume que Dieu lui aurait attribu\u00e9; ce n'est pas seulement le retour \u00e0 la vie d'un certain J\u00e9sus gr\u00e2ce auquel le Fils aurait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent sur terre tout en restant l\u00e0-haut: c'est en toute v\u00e9rit\u00e9 le retour du Fils au P\u00e8re: le Fils "abaiss\u00e9 pour un moment au dessous des anges" (Heb 2,9) va retrouver le Nom et la Gloire divine. Nous disons bien retrouver le Nom et la Gloire, car Jean le dit express\u00e9ment en Jn 17,5. C'est alors que J\u00e9sus Christ, vrai Dieu et vrai homme est Seigneur; et il ram\u00e8ne avec lui toute la cr\u00e9ation (Col 1,20).
La personne myst\u00e9rieuse du Fils a donc deux faces: dans notre monde et dans le temps, on ne voit que la trajectoire de J\u00e9sus dont Marie et les ap\u00f4tres ont \u00e9t\u00e9 les t\u00e9moins. Cette manifestation faisait suite \u00e0 d'autres descentes du Fils-Sagesse divine dans notre monde (Sg 9,10; Sir 24,8; Jn 1,5 et 8-10) et leur apportait un point final. Et d'autre part, dans l'\u00e9ternit\u00e9, le Fils na\u00eet de Dieu P\u00e8re, mais c'est pour s'effacer et se perdre, puis \u00eatre repris.
C'est ainsi que les ap\u00f4tres ont vu, en J\u00e9sus, la pl\u00e9nitude de la divinit\u00e9 (Col 2,9; 1Jn 1,1), au moment pr\u00e9cis o\u00f9 le Fils se r\u00e9duisait \u00e0 rien pour entrer dans le monde des hommes, pour nous reprendre en mains et ramener tout l'univers \u00e0 Dieu. Et lorsqu'il nous a dit de renoncer \u00e0 nous-m\u00eames (Mc 8,34), il n'a fait qu'exprimer la loi profonde de notre parcours, comme fils et filles de Dieu, en attente d'une glorification.

{N}2,{/}12: Avec crainte et tremblement. Il n'est pas question ici de peur. Paul vient de rappeler le sacrifice du Christ et il en tire cette conclusion: faites tr\u00e8s attention o\u00f9 vous mettez les pieds (c'est le sens de crainte et tremblement: comme celui qui porte un fardeau pr\u00e9cieux). Vivez en pr\u00e9sence de Dieu. Soyez conscients que Dieu agit en vous par l'interm\u00e9diaire de ces bons d\u00e9sirs qui vous viennent.

{N}2,{/}19: D'habitude, les nouvelles personnelles se trouvent \u00e0 la fin des lettres de Paul. Ici, elles semblent interrompre le sujet de la lettre qui reprendra en 3,1. Paul annonce deux visites aux chr\u00e9tiens de Philippes.
Timoth\u00e9e est l'assistant de Paul qui lui confie des missions aupr\u00e8s des communaut\u00e9s. Timoth\u00e9e n'avait pas apparemment un temp\u00e9rament de chef, et il pouvait facilement \u00eatre humili\u00e9 par ceux qui n'appr\u00e9ciaient pas l'autorit\u00e9 de Paul.
Quant \u00e0 Epaphrodite, c'\u00e9tait un chr\u00e9tien qui avait quitt\u00e9 sa famille, d\u00e9pens\u00e9 son argent, et pris des risques pour aller voir Paul. La communaut\u00e9 se pr\u00e9occupe-t-elle de ses membres les plus engag\u00e9s, et les plus d\u00e9pourvus de ressources? L'Eglise nous propose parfois des exemples de chr\u00e9tiens agissants qui ont v\u00e9cu dans des conditions pr\u00e9caires et qui ont \u00e9t\u00e9 bien oubli\u00e9s de leurs fr\u00e8res leur vie durant.

{N}3,{/}2: Le discours semble s'interrompre ici. Paul commence une violente pol\u00e9mique contre les Juifs mal convertis qui ne cessent de r\u00e9p\u00e9ter qu'il faut d'abord \u00eatre fid\u00e8les aux lois et aux coutumes de l'Ancien Testament, pour \u00eatre de bons chr\u00e9tiens.
Prenez garde aux chiens...! (v. 2). Paul adresse aux Juifs les insultes qu'ils r\u00e9servaient aux non-Juifs. Les Juifs \u00e9taient marqu\u00e9s par la circoncision, mais ils se moquaient volontiers des fid\u00e8les d'autres religions qui se faisaient des incisions (1 R 19,28).
Par ce que Paul nous dit ici de sa fid\u00e9lit\u00e9 au juda\u00efsme, nous apprenons quelque chose de son pass\u00e9. Il \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Tarse, de parents juifs qui avaient \u00e9migr\u00e9 et qui s'\u00e9taient install\u00e9s en territoire "grec". Ses parents \u00e9taient riches et bien consid\u00e9r\u00e9s puisqu'ils jouissaient de la dignit\u00e9 et des droits de citoyens romains (voir Ac 22,28). A c\u00f4t\u00e9 de la culture grecque, Paul avait re\u00e7u l'\u00e9ducation religieuse de la Bible et du peuple juif. Il voyait de pr\u00e8s les f\u00eates pa\u00efennes et les sacrifices, et il se sentait fier d'appartenir au peuple de Dieu, d'\u00eatre circoncis et instruit des promesses de Dieu \u00e0 sa race. Ses parents l'envoy\u00e8rent \u00e0 J\u00e9rusalem pour \u00e9tudier l'Ecriture et la Loi avec les grands ma\u00eetres de son temps (voir Ac 22,3).
Paul devait \u00eatre un Pharisien exemplaire. S'il n'a pas connu le Christ, il a rencontr\u00e9 les premiers chr\u00e9tiens. Fid\u00e8le \u00e0 la religion de ses p\u00e8res, il fut parmi les premiers \u00e0 pers\u00e9cuter, emprisonner et m\u00eame tuer ces gens qui pr\u00eachaient une doctrine nouvelle et trompaient le peuple - c'est du moins ce qu'il pensait -  avec leur Messie vaincu et crucifi\u00e9.
Paul devait bien avoir par moments des doutes (Ac 26,14), et de plus en plus, \u00e0 mesure qu'il lui fallait multiplier les violences contre les chr\u00e9tiens: les Pharisiens \u00e9taient contre la peine de mort. Mais h\u00e9siter, faire marche arri\u00e8re, c'\u00e9tait reconna\u00eetre que Dieu avait pris un autre chemin que celui o\u00f9 lui-m\u00eame se faisait le d\u00e9fenseur de la cause de Dieu. Pire encore: avec J\u00e9sus, plus jamais il ne serait un juste mais un p\u00e9cheur pardonn\u00e9. Lorsque J\u00e9sus entre de force dans la vie de Paul, il lui fait tout perdre, et Paul d\u00e9sormais accepte de regarder comme des riens (8) tout ce dont il avait \u00e9t\u00e9 si fier.
Sans plus penser \u00e0 ce que je laisse (13). Paul ne veut qu'oublier. Oublier ses m\u00e9rites et ses gains (selon le jugement des hommes) pour mieux recevoir la gr\u00e2ce gratuite de Dieu; oublier ce qu'il sait d\u00e9j\u00e0 de Dieu, et \u00eatre disponible pour de nouvelles exp\u00e9riences.
Je veux le conna\u00eetre. Car ce qui est le plus grand, ce n'est pas de faire des miracles, ni de parler en langues, mais de conna\u00eetre le Christ: le rencontrer comme une personne vivante. Je veux conna\u00eetre la force de sa r\u00e9surrection. Tous nous voudrions sentir la pr\u00e9sence de Dieu et, d'une certaine mani\u00e8re, le voir: mais c'est en partageant les souffrances du Christ (2Co 1,3-5) que nous ferons l'exp\u00e9rience de sa force.
Nous tous qui nous disons parfaits (15). Voir ce qui est dit dans 1Co 2,6. Paul parle avec ironie de ceux qui croient appartenir \u00e0 une classe sup\u00e9rieure de chr\u00e9tiens: lui-m\u00eame n'ose pas se consid\u00e9rer parfait (12).
Finalement, il insiste sur la r\u00e9surrection. Parce que nous savons que nos corps (ou: nos personnes) vont ressusciter et que l'univers sera renouvel\u00e9, nous mettons les r\u00e9alit\u00e9s qui passent \u00e0 leur place: et d\u00e8s lors les objectifs que nous nous fixons sur cette terre cessent d'\u00eatre des idoles.

{N}4,{/}1: Le sujet est interrompu encore une fois: ce passage semble \u00eatre la suite de 2,19-3,1.
Le livre de vie (3): il s'agit d'une image tr\u00e8s courante parmi les Juifs pour d\u00e9signer ceux qui seront sauv\u00e9s (Ap 20,12).

{N}4,{/}4: Arr\u00eatez-vous \u00e0 tout ce qui est vrai (8). Paul r\u00e9p\u00e8te sans cesse qu'il ne suffit pas de regarder les commandements, et d'\u00e9viter ce qui est d\u00e9fendu. Sachons d\u00e9couvrir cette attitude tr\u00e8s libre et ouverte d'un croyant qui sait que Dieu lui parle de mille mani\u00e8res \u00e0 travers les autres. Que d'exemples sous nos yeux, chaque jour: que de choses grandes, vraies et nobles en ce monde dont nous disons tant de mal. Prenons tout ce qui est bon partout o\u00f9 nous le trouvons, m\u00eame parmi les non-croyants.

{N}4,{/}10: Paul remercie l'Eglise de Philippes de l'avoir aid\u00e9. Lui, si jaloux de son ind\u00e9pendance, et qui craint tant de para\u00eetre profiter des autres sous pr\u00e9texte de la mission, il accepte ce que ses vrais amis lui donnent.
Je sais vivre avec rien et je sais vivre dans l'abondance (v. 12). Paul nous donne ici un des plus beaux exemples de la pauvret\u00e9 \u00e9vang\u00e9lique. J\u00e9sus nous dit dans l'\u00e9vangile: "Oui! l\u00e0 o\u00f9 est ton tr\u00e9sor, l\u00e0 aussi sera ton coeur" (Mt 6,21), Paul n'a plus d'autre tr\u00e9sor que le Christ, peu lui importe la richesse ou le d\u00e9nuement, pourvu qu'il garde son tr\u00e9sor.

