{N}1,{/}1: {C}PR\u00c9FACE DU TRADUCTERUR GREC{/}
La Loi, les Proph\u00e8tes et les autres Ecrivains qui les ont suivis nous ont donn\u00e9 un si grand nombre d'enseignements excellents que, semble-t-il, on ne peut que f\u00e9liciter Isra\u00ebl pour sa doctrine et sa sagesse. Mais il ne suffirait pas de garder ces v\u00e9rit\u00e9s pour notre instruction personnelle: ceux qui aiment la sagesse cherchent \u00e0 aider, par leurs paroles ou leurs \u00e9crits, ceux qui sont moins familiaris\u00e9s avec elle, je veux dire: avec ses enseignements.
C'est ainsi que mon grand-p\u00e8re J\u00e9sus s'est appliqu\u00e9 durant toute sa vie \u00e0 l'\u00e9tude de la Loi, des Proph\u00e8tes et des autres Livres de nos anc\u00eatres. Apr\u00e8s y avoir acquis une grande ma\u00eetrise, il s'est d\u00e9cid\u00e9 lui aussi \u00e0 \u00e9crire quelque chose sur ces sujets de doctrine et de sagesse, afin que ceux qui aiment le savoir puissent s'y appliquer \u00e0 leur tour et mener une vie toujours plus conforme \u00e0 la Loi.
Vous \u00eates donc invit\u00e9s \u00e0 en faire la lecture avec bienveillance et attention; soyez indulgents l\u00e0 o\u00f9 malgr\u00e9 tous nos efforts pour bien traduire, nous semblerions ne pas avoir r\u00e9ussi \u00e0 bien rendre telle ou telle expression.
En effet, les choses qui ont \u00e9t\u00e9 dites en h\u00e9breu perdent souvent de leur force quand on les traduit dans une autre langue. De fait, le probl\u00e8me n'existe-il pas seulement pour ce livre, car m\u00eame les traductions de la Loi, des Proph\u00e8tes et des autres Ecrits diff\u00e8rent parfois consid\u00e9rablement du texte primitif.
En l'an 38_du roi Everg\u00e8te, \u00e9tant venu en Egypte pour y s\u00e9journer, je d\u00e9couvris un exemplaire de cette instruction d'une si haute sagesse. Aussit\u00f4t je me sentis oblig\u00e9 de traduire le pr\u00e9sent livre le plus soigneusement possible, m\u00eame au prix de s\u00e9rieux efforts.
D\u00e8s lors, et pour longtemps, j'ai consacr\u00e9 bien des \u00e9tudes et des nuits sans sommeil \u00e0 ce travail; je voulais le mener \u00e0 bonne fin et publier ce livre \u00e0 l'usage de ceux qui, vivant hors de Palestine, aspirent \u00e0 \u00eatre des amants de la Sagesse et \u00e0 mieux vivre conform\u00e9ment \u00e0 la Loi.
{N}1,{/}1: Les Juifs n'employaient pas le terme "Bible". Comme ils le font encore aujourd'hui ils disaient: la Loi, les proph\u00e8tes et les \u00e9crits, c'est-\u00e0-dire les trois cat\u00e9gories principales du livre sacr\u00e9. Voir une expression semblable dans Luc 24,24.
L'auteur professe ici sa foi. Face \u00e0 ceux qui se croient plus modernes parce qu'ils courent apr\u00e8s des sagesses et des doctrines humaines, il d\u00e9clare simplement que la vraie sagesse consiste \u00e0 confier en Dieu et \u00e0 le craindre.
Il parle souvent de craindre le Seigneur comme le font les Psaumes. Ne confondons pas avec la crainte des pa\u00efens, qui imaginent un Dieu rancunier.
Craindre Dieu, c'est le voir toujours pr\u00e9sent et prendre devant lui ses d\u00e9cisions. Celui qui le sait proche craint de l'offenser  parce qu'il conna\u00eet son amour et sa fid\u00e9lit\u00e9. Craindre Dieu signifie donc le respecter et tenir compte de lui avant tout autre.
Craindre Dieu est le contraire de la crainte de ce que diront les autres, la crainte d'\u00eatre ridiculis\u00e9, ou la peur de l'\u00e9chec. Ceux qui craignent le Seigneur accordent toujours plus d'importance \u00e0 ce que Dieu dit et promet.

{N}2,{/}1: Ceux qui veulent servir Dieu doivent \u00eatre pr\u00eats \u00e0 affronter des \u00e9preuves et des contradictions. La vraie confiance en Dieu se manifeste quand les choses vont mal. La capacit\u00e9 de r\u00e9sister, d'endurer, de pers\u00e9v\u00e9rer, ne fait qu'un avec la foi et la confiance.

{N}3,{/}1: Voici le meilleur commentaire du commandement de Mo\u00efse \u00e0 propos des responsabilit\u00e9s des enfants envers leurs parents. Honorer nos parents veut dire: respect, compr\u00e9hension et assistance mat\u00e9rielle dans leurs difficult\u00e9s.

{N}5,{/}6: Parfois certains chr\u00e9tiens comptent sur l'infinie mis\u00e9ricorde de Dieu pour continuer leur mauvaise conduite.

{N}6,{/}5: Ici nous avons un texte sur l'amiti\u00e9 authentique. Ben-Sirac nous invite \u00e0 ne pas \u00eatre na\u00effs ou impr\u00e9voyants. Nous devons r\u00e9fl\u00e9chir avant de nous confier \u00e0 un ami, mais ce rem\u00e8de qui sauve la vie qu'est un ami v\u00e9ritable ne nous manquera pas: c'est une gr\u00e2ce de Dieu qu'il accorde \u00e0 ceux qui le craignent. Voir aussi 12,8-18 et 37,1-15.

{N}6,{/}18: La sagesse s'obtient par une vie disciplin\u00e9e.

{N}7,{/}15: Ben-Sirac appr\u00e9cie le travail manuel, surtout le travail des champs.

{N}9,{/}1: Ben-Sirac vit dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 les femmes sont mises \u00e0 un rang inf\u00e9rieur. Bien des sentences montreront qu'il ne les aime que soumises. Dans cette soci\u00e9t\u00e9 qui n'avait pas d\u00e9couvert la richesse de l'amour conjugal, il y avait beaucoup de tentations pour ceux qui se contentent facilement d'un amour occasionnel. C'est pourquoi Ben-Sirac a de nombreux avertissements contre la s\u00e9duction des femmes, mais toujours comme si elles \u00e9taient les premi\u00e8res coupables. Voir 23,12 et 42,12.

{N}10,{/}6: Quelques mots de philosophie pratique sur la modestie qui convient aux hommes.

{N}11,{/}11: Ces pens\u00e9es ne sont pas nouvelles dans la Bible dont toutes les pages nous encouragent \u00e0 avoir confiance en Dieu. Le verset 18 dit ce que J\u00e9sus reprendra (Lc12,16) \u00e0 propos de la richesse inutile.
Remarquer la fin de ce texte. Le livre de Sirac, comme certaines parties du livre de Job, affirme que Dieu peut attendre jusqu'\u00e0 la mort pour donner \u00e0 l'homme sa r\u00e9compense; mais il ne se risque pas \u00e0 parler de ce qui viendra ensuite: la foi en la r\u00e9surrection n'\u00e9tait pas encore m\u00fbre.

{N}13,{/}1: Ce long paragraphe nous invite \u00e0 ne pas rechercher la compagnie de ceux qui sont au-dessus de nous. Les riches sont souvent sans-Dieu, sans scrupules et sans conscience. L'auteur signale les dangers:
-_ceux d'en haut profitent de ceux qui recherchent leur compagnie;
-_pour \u00eatre admis chez les riches, nous devons accepter bien des humiliations et oublier notre propre dignit\u00e9;
-_dans nos rapports avec les riches, nous finissons par imiter leurs p\u00e9ch\u00e9s.

{N}15,{/}11: Ce po\u00e8me affirme clairement que les \u00eatres humains sont libres et responsables. La lettre de Jacques (1,13) rappellera la premi\u00e8re phrase de ce paragraphe. Dans Dt 30,15-20, Mo\u00efse disait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 son peuple: La vie et la mort se trouvent devant vous, choisissez.
Parfois la Bible semble dire que Dieu pousse l'homme \u00e0 p\u00e9cher afin de le punir plus tard (voir Ex 10,27; 2 S 24,1). Ce n'est qu'une apparence. Les Isra\u00e9lites \u00e9taient tellement convaincus que rien ne se fait sans Dieu qu'ils avaient du mal \u00e0 dire dans leur langue que quelqu'un peut p\u00e9cher sans que ce soit la volont\u00e9 de Dieu. Mais, m\u00eame si les mots leur manquaient pour l'exprimer, ils n'ont jamais dout\u00e9, \u00e0 la diff\u00e9rence des peuples voisins, de leur propre responsabilit\u00e9 dans le mal.

{N}16,{/}24: Une vision optimiste de l'homme: Dieu leur a donn\u00e9 pouvoir sur les choses de la terre. C'est pourquoi ils ne doivent pas se r\u00e9signer au mal.
Il a mis en eux son oeil int\u00e9rieur, c'est-\u00e0-dire la conscience et les intuitions de l'esprit (voir Pr 4,23), qui nous permettent de reconna\u00eetre l'oeuvre de Dieu.
Ce qu'il y a de plus grand en nous, ce n'est pas la raison qui discute et argumente, mais cette intuition de la v\u00e9rit\u00e9 qui, ensuite, cherchera des raisons sur lesquelles s'appuyer. Quand on a oubli\u00e9 cette intuition, qui est de fait le moteur de la recherche scientifique, on peut toujours faire fonctionner la raison de mani\u00e8re \u00e0 nier m\u00eame l'\u00e9vidence de la pr\u00e9sence divine dans l'univers.
C'est cette capacit\u00e9 divine qui nous conduit \u00e0 la vraie sagesse.
Mais ensuite, Dieu a d\u00fb se r\u00e9v\u00e9ler aux hommes pour que cette capacit\u00e9 d'atteindre la v\u00e9rit\u00e9 les conduise \u00e0 une connaissance solide et d\u00e9cisive en ce qui concerne l'orientation de la vie: dans les versets 11-14, l'auteur parle de cette r\u00e9v\u00e9lation: la Loi donn\u00e9e \u00e0 Isra\u00ebl par l'interm\u00e9diaire de Mo\u00efse.

{N}19,{/}4: Dans de nombreux passages de ce livre, comme dans les Proverbes, l'auteur montre que le contr\u00f4le de notre langue est une condition pour dominer notre  personne et notre destin (Jc 3).

{N}20,{/}1: Il faut \u00e9viter deux erreurs: se mettre en col\u00e8re avant de remettre les autres \u00e0 leur place, car nous tombons dans l'exc\u00e8s, et garder notre rancune sans la d\u00e9fouler.

{N}21,{/}19: La politesse des gens instruits montre leur noblesse d'esprit. Celui qui poss\u00e8de la sagesse d\u00e9couvre instinctivement les r\u00e8gles d'une bonne \u00e9ducation. Comme saint Fran\u00e7ois de Sales avait l'habitude de dire: La politesse est la fine fleur de la charit\u00e9.

{N}23,{/}1: Pri\u00e8re du jeune homme qui d\u00e9couvre sa faiblesse devant les tentations de la vie. Pri\u00e8re de la personne adulte ayant fait l'exp\u00e9rience du mal profond\u00e9ment enracin\u00e9 dans son coeur. Invitation aux parents \u00e0 se soucier de l'\u00e9ducation de leurs enfants.
Le p\u00e9ch\u00e9 de la langue (ou des l\u00e8vres) signifie d'abord les paroles arrogantes et les projets orgueilleux. Il introduit tous les autres p\u00e9ch\u00e9s.

{N}23,{/}12: Ben-Sirac parle de l'impuret\u00e9 au sens traditionnel: fautes dans le domaine sexuel.
-_Dans 23,12-15 ce sont les paroles grossi\u00e8res et les conversations grivoises. Comme J\u00e9sus le dit dans Matthieu 12,34: La bouche exprime ce qui remplit le coeur.
-_23,16-21: le plaisir cherch\u00e9 seul et les relations en dehors du mariage.
-_23,22-23: ce qui est dit ici de la femme adult\u00e8re s'applique tout autant \u00e0 l'homme: 1) Il s'agit d'un p\u00e9ch\u00e9 contre Dieu; 2) C'est un p\u00e9ch\u00e9 contre le conjoint; 3) C'est un p\u00e9ch\u00e9 contre l'honneur de la famille: les enfants en souffriront toujours, t\u00f4t ou tard.

{N}24,{/}1: Ce po\u00e8me qui met en sc\u00e8ne la Sagesse de Dieu est \u00e0 comparer avec ceux de Proverbes 8 et de Sagesse 7.
On y souligne. Ici l'insistance est mise sur la pr\u00e9sence de la Sagesse parmi le peuple de Dieu.
Deux \u00e9v\u00e9nements de l'histoire sacr\u00e9e nous aident \u00e0 comprendre cette pr\u00e9sence de Dieu lui-m\u00eame par l'interm\u00e9diaire de sa Sagesse:
-_Le nuage qui accompagnait les H\u00e9breux dans le d\u00e9sert (voir Ex 13,21).
-_La tente qui servait de sanctuaire dans le d\u00e9sert (voir Ex 25). Elle \u00e9tait, disait la tradition, \u00e0 l'image de la sainte Demeure de Dieu dans le ciel (10).
La premi\u00e8re image nous enseigne que la gloire de Dieu nous d\u00e9passe tellement que nous ne pouvons savoir quelque chose de Dieu que s'il cache sa gloire dans le nuage. La seconde image nous enseigne que la v\u00e9ritable demeure de Dieu n'est pas quelque chose de mat\u00e9riel que nous appelons le ciel; la pr\u00e9sence de Dieu dans ce monde est quelque chose de myst\u00e9rieux et de provisoire, un peu comme une tente.
La Sagesse de Dieu gouverne l'univers et toutes les nations. Elle a inspir\u00e9 les sages et les religions de tous les pays, mais elle est venue d'une fa\u00e7on sp\u00e9ciale en Isra\u00ebl, sa demeure et son h\u00e9ritage. Ainsi se pr\u00e9pare ce que Jean dit dans son \u00e9vangile 1,3 et 1,9: la Sagesse de Dieu est le Christ et le peuple o\u00f9 elle sera pr\u00e9sente est l'Eglise.
La liturgie catholique utilise ce po\u00e8me, comme celui de Pr 8 pour les f\u00eates de la Vierge Marie parce que ces paroles s'adaptent au r\u00f4le que Dieu lui a donn\u00e9 dans son Eglise. Elle a accueilli la Sagesse au nom de tous, le jour de l'annonciation. C'est pourquoi il lui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 d'\u00eatre la premi\u00e8re dans le peuple de Dieu et la m\u00e8re de tous.
Les derniers versets reviennent aux questions pratiques: la Sagesse de Dieu se trouve surtout dans la Loi.

{N}24,{/}30: Ben-Sirac est un sage. Apr\u00e8s des ann\u00e9es de fid\u00e9lit\u00e9 dans ses devoirs de p\u00e8re de famille, de conseiller et d'homme d'affaires, il s'\u00e9merveille de tout ce qu'il a re\u00e7u de la Sagesse divine. Il est tr\u00e8s conscient que son oeuvre est d'une importance exceptionnelle pour de tr\u00e8s nombreux croyants des g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 venir, et il rend gr\u00e2ces \u00e0 Dieu: Le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses (Luc 1,49).

{N}26,{/}1: Ben-Sirac fait l'\u00e9loge de la femme parfaite du point de vue aussi bien au moral qu'au physique. Mais \u00e0 ce sujet il faudrait montrer combien la soci\u00e9t\u00e9 urbaine moderne est destructrice pour tous ceux qui n'ont pas une situation ind\u00e9pendante. C'est vrai pour la femme comme pour l'homme, m\u00eame si elle ne conna\u00eet pas comme au temps de Ben-Sirac l'esclavage et la mis\u00e8re end\u00e9mique. Le champ est immense pour les groupes de foyers chr\u00e9tiens des m\u00e9gapoles.

{N}29,{/}2: ceux qui empruntent et ne remboursent pas.
L'aum\u00f4ne, et par extension tout ce que nous faisons gratuitement pour autrui, est la meilleure assurance contre le malheur. Le livre de Tobie parle abondamment de la valeur de "l'aum\u00f4ne" entendue en ce sens: 4,9. Luc 16,9 reviendra sur ce point.

{N}30,{/}1: Ici Ben-Sirac touche un point essentiel pour les personnes comme pour un peuple: l'\u00e9ducation familiale. Tout le monde se plaint du fait qu'il y a peu de gens responsables. Beaucoup de bonne volont\u00e9, mais peu de volont\u00e9 tout court. Une cause du manque de maturit\u00e9 de la volont\u00e9 est que les parents ont d\u00e9missionn\u00e9 tr\u00e8s vite de leur autorit\u00e9 d'\u00e9ducateurs. Un b\u00e9b\u00e9 de trois mois sait que s'il continue \u00e0 pleurer, il forcera sa m\u00e8re \u00e0 le prendre dans ses bras; \u00e0 deux ans un enfant sait menacer, crier, faire une crise, frapper ses parents, certain qu'ils finiront par c\u00e9der: "Qu'est-ce que nous pouvons faire? L'enfant ne veut pas!"
Ben-Sirac sait que seuls les enfants qui ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s \u00e0 ob\u00e9ir, dont les parents ont r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 leurs caprices, parviendront \u00e0 la vraie libert\u00e9 et seront capables de pers\u00e9v\u00e9rer dans le bien.
Bien s\u00fbr, J\u00e9sus a montr\u00e9 que la foi et l'amour de Dieu vont bien au-del\u00e0 de l'observance d'une loi, mais m\u00eame si nous avons re\u00e7u, \u00e0 partir du bapt\u00eame, quelque chose de l'Esprit, nous aurons bien du mal \u00e0 en r\u00e9colter les fruits si nous n'avons pas \u00e9t\u00e9 form\u00e9s par une loi, tout sp\u00e9cialement dans l'enfance.

{N}31,{/}12: La Bible ne condamne pas l'usage du vin: il est fait pour la joie des humains (voir Psaume 104,15). En Isra\u00ebl, seuls ceux qui se consacraient comme nazirs s'abstenaient de vin tout le temps de leur cons\u00e9cration. Le Nouveau Testament ne le condamne pas non plus: c'est le sens du premier miracle de J\u00e9sus \u00e0 Cana (Jean 2).
N\u00e9anmoins, les livres de la Sagesse contiennent de nombreux avertissements contre l'ivresse. Voir ce que Paul en dit dans Ep 4,18 et 1 Co 5,11. 

{N}34,{/}1: En Isra\u00ebl, comme dans bien des peuples, on avait donn\u00e9 beaucoup d'importance aux r\u00eaves pour conna\u00eetre l'avenir ou la volont\u00e9 de Dieu.
Ici nous avons une r\u00e9action contraire. Sans nier que Dieu peut, dans certains cas, guider ou avertir par ce moyen, l'auteur nous invite \u00e0 ne pas nous laisser guider par les r\u00eaves: le chemin s\u00fbr est d'ob\u00e9ir \u00e0 la Loi de Dieu (voir commentaire de Gn 37).

{N}34,{/}18: L'auteur sacr\u00e9 s'indigne de constater qu'apr\u00e8s avoir d\u00e9pouill\u00e9 les humbles, les riches viennent au temple offrir de co\u00fbteux sacrifices. 

{N}35,{/}11: Nous devons \u00eatre g\u00e9n\u00e9reux et aider aux frais du culte \u00e0 condition que ce ne soit pas pour oublier nos responsabilit\u00e9s en ce qui concerne l'injustice dans notre monde. Nos sacrifices plaisent au Seigneur, mais il \u00e9coute surtout la pri\u00e8re de l'orphelin et il voit les larmes de la veuve.

{N}36,{/}1: L'auteur partage les id\u00e9es de ses contemporains: Dieu rassemblera les enfants dispers\u00e9s d'Isra\u00ebl, il fera sentir sa puissance \u00e0 ses ennemis et leur fera voir qu'il n'est pas d'autre Dieu que le Dieu d'Isra\u00ebl.
Cet espoir a toujours fait la force du peuple juif. Apr\u00e8s le Christ, les Juifs ont \u00e9t\u00e9 dispers\u00e9s comme l'\u00e9vangile l'avait pr\u00e9dit. Ensuite, dans un monde o\u00f9 le fanatisme religieux justifiait les rivalit\u00e9s de peuples, ils ont eu le malheur d'\u00eatre des minorit\u00e9s au milieu des peuples chr\u00e9tiens, et ils ont donc \u00e9t\u00e9 habituellement des victimes d\u00e9sign\u00e9es dans les conflits. Mais, s'appuyant sur la certitude de leur vocation unique, ils ont r\u00e9sist\u00e9 tr\u00e8s souvent \u00e0 la dispersion et \u00e0 l'assimilation.
Le Nouveau Testament nous  montre que toutes les promesses de Dieu \u00e0 son peuple se sont r\u00e9alis\u00e9es en J\u00e9sus. C'est \u00e0 partir de cette certitude que nous devons r\u00e9\u00e9valuer les paroles de Dieu: en un premier temps, elles semblaient toutes centr\u00e9es sur le don \u00e0 Isra\u00ebl d'une terre mat\u00e9rielle dans les limites de la Palestine. Les proph\u00e8tes avaient montr\u00e9 que les choses n'\u00e9taient  pas si simples, et J\u00e9sus enseigne \u00e0 ses ap\u00f4tres que toute l'Histoire Sacr\u00e9e est un processus de mort et de r\u00e9surrection.

{N}38,{/}1: Nous devons prier pour obtenir la gu\u00e9rison d'une maladie, mais sans n\u00e9gliger les services des m\u00e9decins comme le font certains. La Bible le dit clairement.

{N}42,{/}9: Le texte original, \u00e9crit en h\u00e9breu, \u00e9tait beaucoup plus long au verset 9 et disait: "Sa chambre ne doit pas avoir de fen\u00eatres et elle ne doit pas voir les portes d'acc\u00e8s de la maison." Ce conseil est une preuve de plus de la domination des hommes dans la culture h\u00e9bra\u00efque; le traducteur grec n'a pas os\u00e9 la montrer \u00e0 ses lecteurs plus larges d'esprit. C'est encore une occasion de voir que, tout en \u00e9tant inspir\u00e9s, les auteurs de la Bible n'ont pas \u00e9t\u00e9 miraculeusement lib\u00e9r\u00e9s des limites de leur culture.

{N}42,{/}15: La civilisation moderne \u00e9loigne l'homme de la nature. Dans leur travail, beaucoup voient davantage la lumi\u00e8re \u00e9lectrique que le soleil. Beaucoup ne connaissent ni le silence, ni les voix de la nature. Par ailleurs, d\u00e8s que nous avons une teinture de science, nous croyons conna\u00eetre les myst\u00e8res de l'univers.
Et pourtant, Dieu nous parle \u00e0 travers sa cr\u00e9ation d'une mani\u00e8re tr\u00e8s authentique. Ceux qui savent voir Dieu dans l'univers peuvent aussi le d\u00e9couvrir dans les grandes r\u00e9alisations humaines: dans les barrages, les ordinateurs, les b\u00e2timents, les mat\u00e9riaux nouveaux, etc. Tout ce qui sort des mains des hommes appartient aussi \u00e0 la cr\u00e9ation de Dieu.

{N}44,{/}1: Apr\u00e8s l'hymne \u00e0 Dieu dont la gloire se manifeste \u00e0 travers sa cr\u00e9ation, l'auteur nous pr\u00e9sente l'oeuvre de Dieu en Isra\u00ebl, son peuple \u00e9lu.
Dans ce po\u00e8me \u00e0 la louange des anc\u00eatres, nous avons une revue de tous les grands personnages d'Isra\u00ebl: rois, lib\u00e9rateurs, proph\u00e8tes, sages, po\u00e8tes. L'auteur observe que beaucoup d'hommes courageux et droits sont morts dont les exploits et les vertus n'ont pas \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s. Mais il sait que m\u00eame si tous les descendants d'un homme c\u00e9l\u00e8bre disparaissent, comme dans le cas de Mo\u00efse, le peuple d'Isra\u00ebl conserve les promesses de l'\u00e9ternit\u00e9. Dans ce livre il n'appara\u00eet pas encore la foi en une r\u00e9surrection pour les personnes (sauf sans doute en 48,11) et tout l'espoir se reporte sur l'avenir du peuple \u00e9lu.

{N}45,{/}1: Ben-Sirac attribue plus ou moins d'importance aux grands personnages de l'histoire sacr\u00e9e selon les crit\u00e8res de son temps. Il vivait \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les pr\u00eatres avaient le r\u00f4le le plus important et o\u00f9 toute la vie des Juifs se d\u00e9roulait en fonction du temple. C'est pourquoi il donne toujours la priorit\u00e9 aux pr\u00eatres: Aaron, Pinhas et Simon II, qu'il connaissait personnellement.

{N}48,{/}11: Comme dans Ml 3,24, l'auteur exprime la foi en un retour d'Elie au temps du Messie. Pour les Juifs, Elie \u00e9tait l'homme qui avait ressuscit\u00e9 des morts et que Dieu avait pr\u00e9serv\u00e9 de la mort. Ben-Sirac exprime l'espoir de retrouver la vie pour voir les heureux jours du salut.

{N}49,{/}16: Brusquement, avant de faire l'\u00e9loge de son contemporain, le grand-pr\u00eatre Simon, Ben-Sirac se souvient des origines. Au commencement, le premier homme. D\u00e9passant les id\u00e9es courantes parmi les Juifs qui, jusqu'alors, ne consid\u00e9raient que leur propre histoire, Ben-Sirac pense au premier homme, p\u00e8re de toute l'humanit\u00e9. Adam repr\u00e9sente l'humanit\u00e9 coupable appel\u00e9e au salut (pas plus p\u00e9cheur que les autres, apparemment, pour Ben-Sirac qui ignore les th\u00e9ories de Saint Augustin et ses successeurs), mais c'est aussi le premier homme qui porte en lui le destin de tous les autres. Dans Rm 5,12-20, Paul parlera du Christ comme du nouvel Adam.

{N}50,{/}5: Remarquons ce long portrait du grand-pr\u00eatre Simon. Ben-Sirac, qui connaissait la vie, n'a pas eu honte d'exprimer sa grande admiration pour les c\u00e9r\u00e9monies du temple. Les v\u00eatements sacr\u00e9s, la musique et les c\u00e9r\u00e9monies solennnelles lui r\u00e9v\u00e9laient quelque chose du monde de Dieu qui est splendeur, bonheur, f\u00eate et louange.

{N}51,{/}1: Nous avons ici un suppl\u00e9ment au livre, une action de gr\u00e2ce pour une lib\u00e9ration. La liste des dangers dont Dieu lib\u00e8re nous rappelle les h\u00e9ros de l'Ancien Testament: Daniel dans la fosse aux lions, Daniel et ses amis dans la fournaise, Joseph emprisonn\u00e9, Suzanne, David.
La liturgie de l'Eglise utilise ce texte pour les f\u00eates des martyrs. Leur mort (voir Sagesse 3,1) a \u00e9t\u00e9 une lib\u00e9ration du mal. Comme J\u00e9sus, les martyrs n'\u00e9chappent ni au mal ni \u00e0 la mort, mais ils sont vainqueurs des deux car ils ma\u00eetrisent leur crainte naturelle et acceptent de pardonner leurs ennemis.

