{N}1,{/}1: La foi d'Isra\u00ebl en Yahv\u00e9 n'a pas vari\u00e9, mais elle a inspir\u00e9 ou accompagn\u00e9 une \u00e9volution constante des formes religieuses. Les H\u00e9breux n'avaient que les coutumes et croyances de leurs anc\u00eatres: ni pr\u00eatres, ni sanctuaires, ni livres sacr\u00e9s. Mo\u00efse a-t-il \u00e9tabli quelques prescriptions religieuses? C'est probable, mais certainement pas tout ce que ce livre lui attribue.
Arriv\u00e9es en Canaan, les tribus ont eu un culte de Yahv\u00e9 centr\u00e9 sur divers sanctuaires, prenant un peu mod\u00e8le sur ce que faisaient les Canan\u00e9ens dans leurs temples. Puis au temps des rois les descendants de David organisent le clerg\u00e9 autour du Temple de J\u00e9rusalem, veillent \u00e0 la puret\u00e9 du culte, codifient la liturgie. La r\u00e9v\u00e9lation faite \u00e0 Mo\u00efse au Sina\u00ef leur donnait quelques crit\u00e8res solides pour adopter et adapter des formes de culte nouvelles tout en restant fid\u00e8les \u00e0 l'Alliance:
-_Dieu est le Dieu unique, l'invisible qui n'a besoin de rien, mais qui demande que ses fid\u00e8les le servent.
-_Yahv\u00e9 est le Dieu Saint, tout \u00e0 fait diff\u00e9rent de toutes les cr\u00e9atures, et de m\u00eame Isra\u00ebl, consacr\u00e9 \u00e0 Dieu, doit rester "saint", c'est-\u00e0-dire s\u00e9par\u00e9 de toutes les autres nations.
-_Yahv\u00e9 exige la justice: donc, la "puret\u00e9" rituelle doit \u00eatre le reflet de la saintet\u00e9 int\u00e9rieure.
Le peuple juif n'avait plus qu'un seul sanctuaire, le Temple de J\u00e9rusalem, lorsque le L\u00e9vitique fut r\u00e9dig\u00e9. Le peuple y venait de partout pour y offrir des sacrifices. Le Temple b\u00e2ti par le roi Salomon (Voir 1R 6) \u00e9tait un \u00e9difice de taille modeste (25 m\u00e8tres de long sur 15 de large), et seuls les pr\u00eatres y p\u00e9n\u00e9traient. Le peuple se rassemblait dans les cours pav\u00e9es. Dans la cour principale se trouvait un grand autel, en blocs de pierre: l'autel des holocaustes, c'est-\u00e0-dire des victimes enti\u00e8rement br\u00fbl\u00e9es. A certaines occasions, une partie du sang de la victime se r\u00e9pandait sur un autre autel, beaucoup plus petit, \u00e0 l'int\u00e9rieur du Temple.
Il y avait plusieurs sortes de sacrifices et, dans la plupart des cas, les pr\u00eatres recevaient une partie de la victime comme paiement, tandis que ceux qui avaient offert le sacrifice mangeaient l'autre partie au banquet de communion. Mais, pour les holocaustes, rien ne se mangeait puisque tout \u00e9tait  offert \u00e0 Dieu.
Comme d'autres peuples, les Isra\u00e9lites croyaient que la vie de tout \u00eatre se trouve dans le sang (Voir Gn 9,5). C'est pourquoi le sang appartenait \u00e0 Dieu et personne ne pouvait le consommer. La vie et le sang de l'animal immol\u00e9, valaient pour celui qui l'offrait: il \u00e9tait lib\u00e9r\u00e9 de tout ce qui en lui d\u00e9plaisait \u00e0 Dieu et pouvait le conduire \u00e0 la mort (Lv 17,11). Ce n'est pas sans raison que J\u00e9sus a voulu mourir en versant son sang pour exprimer qu'il donnait sa vie pour laver son peuple de ses fautes. La lettre aux H\u00e9breux tire des sacrifices juifs un enseignement qu'a confirm\u00e9 la passion de J\u00e9sus: "Il na pas de pardon des p\u00e9ch\u00e9s sans effusion de sang" (He 9,22).
Observons l'usage fr\u00e9quent de l'expression "sans tache". Les proph\u00e8tes reprocheront aux gens de ne pas observer ce commandement (Ml 1,13). Nous offrons n'importe quoi \u00e0 Dieu: ce que nous avons en trop, au lieu de lui donner ce que nous avons de meilleur.

{N}4,{/}1: Viennent ensuite les sacrifices pour les p\u00e9ch\u00e9s. Il ne s'agit pas du vrai p\u00e9ch\u00e9, le p\u00e9ch\u00e9 int\u00e9rieur (Mt 5,22) qui sort de l'homme (Mc 7,20) mais des manquements aux lois concernant le culte. Nous lisons m\u00eame au verset 22 et 27: si quelqu'un p\u00e8che par inadvertance. Il s'agit de ce que l'on fait par n\u00e9gligence et sans mauvaise intention. Il y a des exemples de ces fautes au chapitre 5,1-13.
Mais, dans 5,20-26, il s'agit d'autres fautes qui exigent un sacrifice de r\u00e9paration parce que ce sont de vrais p\u00e9ch\u00e9s. Paul nous dit que le but de la loi est de mettre le p\u00e9ch\u00e9 en \u00e9vidence (Rm 4,15; 7,7). Il est en nous, m\u00eame lorsque nous n'en sommes pas conscients. Un jour, d\u00e9couvrant ce qu'est l'amour de Dieu et comment il nous attendait, nous reconna\u00eetrons que nous sommes profond\u00e9ment p\u00e9cheurs.

{N}6,{/}1: Parmi tant de r\u00e8gles culinaires, remarquons les d\u00e9tails suivants:

{N}6,{/}5: le feu qui ne doit jamais s'\u00e9teindre. Un agneau \u00e9tait immol\u00e9 tous les jours, matin et soir.

{N}6,{/}20: ce qui est sacrifi\u00e9 \u00e0 Dieu lui appartient et devient comme p\u00e9n\u00e9tr\u00e9, impr\u00e9gn\u00e9 de la saintet\u00e9 de Dieu lui-m\u00eame.

{N}6,{/}22: pour que le sacrifice fasse effet, la viande, devenue sacr\u00e9e par le sacrifice m\u00eame, doit \u00eatre mang\u00e9e. C'est aussi la mani\u00e8re d'assurer au pr\u00eatre des moyens d'existence.

{N}8,{/}1: Avec cette description d\u00e9taill\u00e9e de la cons\u00e9cration d'Aaron par son fr\u00e8re Mo\u00efse, le L\u00e9vitique veut nous enseigner le rite de cons\u00e9cration du grand pr\u00eatre.
Les v\u00eatements, les ornements, les purifications expriment le caract\u00e8re sacr\u00e9 de l'homme "pris d'entre les hommes pour les repr\u00e9senter devant Dieu et pour offrir des sacrifices pour eux" (He 5,1).
Ces rites ne sont pas tomb\u00e9s du ciel; ils refl\u00e8tent la mentalit\u00e9 religieuse d'une \u00e9poque. Alors on distingue deux sortes de personnes et de choses, celles qui appartiennent \u00e0 Dieu et qui sont sacr\u00e9es, et celles qui ne lui appartiennent pas et qui sont profanes. Les unes sont pures, les autres impures; les unes sont "sacr\u00e9es"; les autres "portent un p\u00e9ch\u00e9" ce qui veut simplement dire qu'elles ne peuvent pas servir pour le culte.
Dieu a tenu compte de la mentalit\u00e9 primitive de ces hommes pour les instruire peu \u00e0 peu. Avec le temps, ils ont d\u00e9couvert que le p\u00e9ch\u00e9 n'\u00e9tait pas une tache externe, un d\u00e9faut. Les proph\u00e8tes d'abord, puis le Christ vont montrer que le p\u00e9ch\u00e9 est ce qui sort de l'homme.
Les pr\u00eatres sont consacr\u00e9s par une onction d'huile. Les rois sont \u00e9galement consacr\u00e9s par une onction. Pr\u00eatres et rois sont ainsi les oints de Dieu, ce qu'exprime le terme Messie en h\u00e9breu et le Christ en grec. Le grand pr\u00eatre, Christ de Dieu, est d\u00e9j\u00e0 l'image de J\u00e9sus, le pr\u00eatre de la Nouvelle Alliance, comme l'explique la lettre aux H\u00e9breux (5,8).

{N}10,{/}1: L'histoire qui occupe ce chapitre (la mort des fils d'Aaron) est une fa\u00e7on de pr\u00e9senter quelques -unes des obligations des pr\u00eatres.

{N}11,{/}1: Les Isra\u00e9lites avaient pour mission de c\u00e9l\u00e9brer le culte du Dieu unique. Cependant, pour se pr\u00e9senter au Temple ou pour prendre part \u00e0 une r\u00e9union religieuse, ils devaient remplir certaines conditions qui les rendaient "purs", comme nous l'avons comment\u00e9 au chapitre 8. Etre pur ou impur ne veut pas dire que quelqu'un est coupable ou non: ces termes indiquent seulement que quelqu'un peut ou non s'approcher de l'autel.
Ces r\u00e8gles ont aid\u00e9 Isra\u00ebl \u00e0 d\u00e9couvrir le chemin de la vraie saintet\u00e9:
-_Certains animaux que les pa\u00efens honorent sont d\u00e9clar\u00e9s impurs et ils doivent \u00eatre \u00e9vit\u00e9s.
-_Plusieurs lois ou "tabous" (interdictions d'origine sacr\u00e9e) \u00e0 propos de la sexualit\u00e9 aident \u00e0 respecter le caract\u00e8re sacr\u00e9 de la vie. Spontan\u00e9ment, n'importe quel peuple primitif a des lois r\u00e9gissant le sexe et la naissance: il en \u00e9tait de m\u00eame chez les Juifs (voir 12,1-8 et chapitre 15).
-_Quelques lois correspondent \u00e0 des normes d'hygi\u00e8ne, m\u00eame si des motifs religieux sont invoqu\u00e9s. Par exemple, l'interdiction de manger de la viande de porc (11,7) est prudente, \u00e9tant donn\u00e9 que les porcs sont porteurs de maladie l\u00e0 o\u00f9 il n'y a pas d'hygi\u00e8ne. Il en est de m\u00eame pour la l\u00e8pre (chap. 13).
Toute vie religieuse ou chr\u00e9tienne est impossible sans \u00e9ducation humaine et sans stabilit\u00e9 de la famille. On sait que certains mariages \u00e9chouent malgr\u00e9 l'amour r\u00e9ciproque parce qu'il manque la force de caract\u00e8re ou parce que, quand ils \u00e9taient enfants, les \u00e9poux n'ont pas re\u00e7u d'\u00e9ducation s\u00e9rieuse, n\u00e9cessaire pour former des \u00eatres responsables. La Loi, avec ses mille pr\u00e9ceptes dont beaucoup ne cherchent qu'un peu plus de dignit\u00e9 et d'humanit\u00e9 pr\u00e9pare tout un peuple \u00e0 servir Dieu en v\u00e9rit\u00e9, m\u00eame si ses instructions et ses rites ext\u00e9rieurs (Rm 2,28), restent au niveau de la chair (Ph 3,3).
Bien des lois, dont le but nous \u00e9chappe, servaient surtout \u00e0 faire du peuple de Dieu un peuple diff\u00e9rent des autres, en ce qui concerne le repas, les f\u00eates et les coutumes.
Souvent \u00e9tablis parmi d'autres peuples, les Isra\u00e9lites ne pouvaient pas se m\u00ealer \u00e0 leurs voisins pa\u00efens: la Loi, qui r\u00e9gissait tous les d\u00e9tails de leur vie, les emp\u00eachait d'adopter les coutumes des autres et d'en arriver peu \u00e0 peu \u00e0 penser comme eux. Bien que ce soit l'attitude int\u00e9rieure qui distingue les croyants des autres, la discipline ext\u00e9rieure les aide \u00e0 prendre conscience de leur propre esprit. Les lois de l'Ancien Testament s'adressaient \u00e0 un peuple qui n'\u00e9tait pas encore parvenu \u00e0 la maturit\u00e9 religieuse et c'est pourquoi elles imposaient un mode de vie diff\u00e9rent.
A l'\u00e9poque de J\u00e9sus, les Juifs s'enfermeront dans ces pr\u00e9ceptes. J\u00e9sus critiquera la confusion entre la puret\u00e9 l\u00e9gale et la puret\u00e9 de la conscience (Mc 7,15).

{N}11,{/}6: la Bible n'est pas un livre de science.

{N}12,{/}1: Souvent les peuples primitifs opposent le sang noble et "pur" de l'homme, sang vers\u00e9 dans les guerres, au sang "impur" que la femme perd pendant ses r\u00e8gles. Ainsi, l'accouchement et les r\u00e8gles de la femme pr\u00e9occupent les hommes (ce sont eux qui imposent leurs crit\u00e8res et qui font les lois), et ils exigent des rites de purification.
En ceci nous voyons que, tout en \u00e9tant parole de Dieu, les r\u00e8gles de l'Ancien Testament refl\u00e8tent la mentalit\u00e9 des temps anciens et du peuple d'Isra\u00ebl en particulier. Les croyants du temps de J\u00e9sus \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 conscients de cette relativit\u00e9 de la Loi, quand ils disaient que la Loi avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e par les anges: Ac 7,38; He 2,2; Ga 3,19 et son commentaire.
J\u00e9sus et sa m\u00e8re se sont soumis \u00e0 ces rites (Lc 2,21).

{N}13,{/}1: Dans les cas de l\u00e8pre, terrible maladie, le malade devait vivre en dehors de la communaut\u00e9. On consid\u00e9rait le l\u00e9preux comme "impur", c'est-\u00e0-dire qu'il ne pouvait prendre part ni \u00e0 la vie publique ni \u00e0 la vie religieuse (voir 8,1 et 11,1 \u00e0 ce sujet).
A une \u00e9poque o\u00f9 les malheurs \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme un ch\u00e2timent de Dieu, la l\u00e8pre passait pour un signe de mal\u00e9diction divine. On se rassurait en pensant que le l\u00e9preux exclu de la communaut\u00e9 \u00e9tait en fait impur aux yeux de Dieu.
Les pr\u00eatres devaient, entre autres obligations, faire le diagnostic de la l\u00e8pre et prescrire l'isolement des l\u00e9preux. Ils devaient aussi v\u00e9rifier les gu\u00e9risons et permettre aux l\u00e9preux de retourner dans leur famille. J\u00e9sus le rappelle quand il gu\u00e9rit des l\u00e9preux (Mc 1,43).
Les sacrifices pour la purification des l\u00e9preux refl\u00e8tent la croyance populaire. Le myst\u00e9rieux "p\u00e9ch\u00e9" qui, pensait-on, avait provoqu\u00e9 la l\u00e8pre \u00e9tait transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 deux oiseaux (14,5). On tuait un des deux oiseaux pour que le p\u00e9ch\u00e9 disparaisse avec lui. Et, pour plus de s\u00e9curit\u00e9, on l\u00e2chait l'autre oiseau pour qu'il emporte tr\u00e8s loin ce m\u00eame p\u00e9ch\u00e9 maintenant dissous dans le sang de l'oiseau mort (14,6-7).

{N}15,{/}1: Dans tous les peuples primitifs on reconna\u00eet un caract\u00e8re sacr\u00e9 \u00e0 tout ce qui a rapport au sexe ou \u00e0 la naissance. C'est de l\u00e0 que viennent tous ces pr\u00e9ceptes au sujet de la puret\u00e9 et de l'impuret\u00e9 sexuelle. Mais, ne nous y trompons pas, il n'y a l\u00e0 aucune d\u00e9pr\u00e9ciation des relations sexuelles lorsqu'elles respectent les exigences d'un amour selon Dieu. Une telle condamnation n'a jamais exist\u00e9 en Isra\u00ebl.
Les Canan\u00e9ens parmi lesquels les Isra\u00e9lites se sont \u00e9tablis, se soumettaient aux forces de la nature qu'ils consid\u00e9raient comme divines, et des orgies sexuelles accompagnaient leurs f\u00eates religieuses. A l'oppos\u00e9, les nombreuses purifications dans la vie sexuelle rappelaient aux Isra\u00e9lites que le sexe fait partie d'une nature cr\u00e9\u00e9e par Dieu et que ces forces doivent se soumettre \u00e0 la loi de Dieu. D'autres consid\u00e9rations guident les baptis\u00e9s: 1Co 6 et 7.

{N}16,{/}1: Le rite de la f\u00eate du pardon \u00e9tait tr\u00e8s expressif: un des boucs devait porter le ch\u00e2timent du p\u00e9ch\u00e9 et devait donc mourir; on rejetait l'autre bouc vers Azazel, un d\u00e9mon qui dans la croyance populaire habitait le d\u00e9sert. Le bouc (nous parlons encore de bouc \u00e9missaire), portait symboliquement les p\u00e9ch\u00e9s du peuple.
La lettre aux H\u00e9breux (Chap. 9 et 10) rappelle ces rites juifs en parlant du pardon des p\u00e9ch\u00e9s que le Christ a obtenu pour nous par sa mort et par sa r\u00e9surrection.
Au chapitre 16,29-34 on r\u00e9p\u00e8te que ces commandements seront la loi d\u00e9finitive. Alors, comment expliquer que l'Eglise les ait annul\u00e9s \u00e0 la venue du Christ? Paul l'explique: Ga 3,5.

{N}17,{/}1: Dans ce chapitre, nous trouvons le commencement de la loi de saintet\u00e9, ou loi de ceux qui sont consacr\u00e9s \u00e0 Dieu.
La loi concernant le sang est une mani\u00e8re d'instruire et d'inculquer le sens sacr\u00e9 de la vie. Son r\u00e9sum\u00e9 se trouve au chapitre 17.
Comme la plupart des peuples primitifs, les H\u00e9breux pensaient que la vie est dans le sang. C'est pourquoi le sang, y compris celui des animaux, \u00e9tait sacr\u00e9 et ne pouvait \u00eatre offert qu'\u00e0 Dieu (voir Gn 9,5). S'il n'est pas offert sur l'autel, le sang doit \u00eatre r\u00e9pandu par terre, mais il ne doit pas \u00eatre consomm\u00e9. M\u00eame \u00e0 l'\u00e9poque du Christ, les Juifs avaient une telle r\u00e9pulsion pour le sang que, pendant longtemps, les chr\u00e9tiens venant d'autres nations, ont d\u00fb respecter cette loi pour ne pas scandaliser leurs fr\u00e8res juifs (Ac 15).
V.11 nous explique pourquoi J\u00e9sus a choisi une mort o\u00f9 son sang a \u00e9t\u00e9 r\u00e9pandu. En lisant "le Christ nous a sauv\u00e9s par son sang", il faut comprendre "par le sacrifice de sa vie".

{N}18,{/}1: La loi de saintet\u00e9 continue avec d'autres interdictions sexuelles que beaucoup maintenant consid\u00e8rent comme des pr\u00e9jug\u00e9s d\u00e9suets; mais ils sont \u00e0 la base de toute dignit\u00e9 humaine dans la mesure o\u00f9 celle-ci ne peut exister sans la soumission des caprices \u00e0 une loi. Ces interdictions forment aussi le fondement de la fid\u00e9lit\u00e9 conjugale et du respect mutuel entre les membres d'une m\u00eame famille.
Comme nous l'avons mentionn\u00e9 au chapitre 15, les Canan\u00e9ens ignoraient ces fondements de la culture humaine (tu ne feras pas ce qui se fait au pays des Canan\u00e9ens) et les Isra\u00e9lites voyaient dans ce respect du sexe une responsabilit\u00e9 morale \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 leur alliance avec Yahv\u00e9 qui avait fait d'eux un peuple diff\u00e9rent de tous les autres peuples.
Les Isra\u00e9lites, comparant leur histoire \u00e0 celle des Canan\u00e9ens, comprenaient d\u00e9j\u00e0 ce que Paul dira clairement: "Celui qui s\u00e8me dans la chair r\u00e9coltera, de la chair, la mort."(Ga 6,8). La libert\u00e9 sexuelle a beaucoup d'attraits tant qu'on n'a pas exp\u00e9riment\u00e9 le vieillissement du coeur et le mensonge install\u00e9 dans le langage. Au niveau d'une soci\u00e9t\u00e9, c'est le couple st\u00e9rile, les individus blas\u00e9s et, tr\u00e8s vite, la mort d'un peuple.

{N}18,{/}21: Tu n'iras pas sacrifier un de tes enfants. C'\u00e9tait une pratique courante chez les Canan\u00e9ens. L\u00e0 o\u00f9 les instincts dominent, on ne respecte plus la vie. Car c'est un fait: c'est dans le peuple de Dieu que l'on d\u00e9couvre la dignit\u00e9 de la personne. Le cannibalisme se pratiquait encore dans les milieux les plus raffin\u00e9s de Chine. Dans la grande majorit\u00e9 des peuples anciens, un p\u00e8re avait le droit de supprimer le nouveau-n\u00e9, pour ne rien dire des sacrifices humains.

{N}18,{/}28: Le pays vous vomirait. Dans la Terre Promise, les Isra\u00e9lites doivent vivre conform\u00e9ment aux lois de Yahv\u00e9; s'ils ne les observent pas, ils seront exil\u00e9s. Ce s\u00e9jour dans la Terre Promise a la valeur d'un signe dans la Bible. Voir surtout Dt, chapitre 8. Paul s'en souvient dans Ga 5,21.

{N}19,{/}9: Parmi tant de lois qui r\u00e9v\u00e8lent le caract\u00e8re encore primitif du peuple de Dieu, nous sommes \u00e9tonn\u00e9s de trouver des pr\u00e9ceptes enseignant des attitudes profond\u00e9ment humaines qui nous font souvent d\u00e9faut.
Mais il nous faut aussi interpr\u00e9ter ces pr\u00e9ceptes qui s'adressent \u00e0 un peuple de petits agriculteurs et les adapter aux circonstances de notre vie actuelle.
Ils enseignent que le "droit \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9" n'est pas absolu et qu'il ne justifie jamais l'oppression des pauvres. Il ne nous dispense pas de leur venir en aide. Nous devons nous occuper de nos fr\u00e8res et veiller \u00e0 ce que chacun ait ce dont il a besoin pour vivre.

{N}19,{/}18: Tu ne te vengeras pas,... mais tu aimeras ton prochain comme toi-m\u00eame. Ici, prochain veut  dire celui de ta race. On doit l'aimer et se solidariser avec lui parce que Dieu aime d'un m\u00eame amour tous ceux qui font partie de son peuple.
Une telle solidarit\u00e9 avec ceux de son peuple existe dans toutes les religions, mais elle a toujours pour ran\u00e7on l'agressivit\u00e9 ou l'hostilit\u00e9 vis-\u00e0-vis de l'\u00e9tranger.
Lorsque J\u00e9sus nous parlera d'un amour qui ne s'arr\u00eate pas aux fronti\u00e8res d'un peuple (Lc 10,25; Mt 5,43), ce ne sera pas un simple \u00e9largissement du terme "prochain": ce sera la d\u00e9couverte d'une autre relation, au-del\u00e0 de la solidarit\u00e9 pratiqu\u00e9e naturellement par les hommes comme d\u00e9j\u00e0 par certains animaux.

{N}19,{/}19: Prohibition de nombreuses coutumes des religions pa\u00efennes. Comme dans Dt 18,10, condamnation des devins et du spiritisme.

{N}19,{/}34: Vous traiterez l'\u00e9tranger comme un homme du pays. On notera que la Bible, qui interdit le partage avec les \u00e9trangers pa\u00efens, exige toujours que l'\u00e9tranger qui r\u00e9side en Isra\u00ebl soit respect\u00e9 et tout sp\u00e9cialement l'Isra\u00e9lite qui a quitt\u00e9 sa tribu pour venir travailler sur le territoire d'une autre tribu d'Isra\u00ebl. Comme les veuves et les orphelins, les \u00e9trangers sont en effet sans d\u00e9fense et il faut les prot\u00e9ger.

{N}20,{/}1: Ce chapitre \u00e9num\u00e8re les punitions correspondant aux fautes qui viennent d'\u00eatre \u00e9num\u00e9r\u00e9es. La formule: "il sera retranch\u00e9 de son peuple" est ambigu\u00eb: dans certains cas, c'est la justice humaine qui punit; dans d'autres on menace de la mal\u00e9diction de Dieu.
Les chapitres 21 et 22 traitent des responsabilit\u00e9s et privil\u00e8ges des pr\u00eatres. Tous ces d\u00e9tails nous semblent peut-\u00eatre tr\u00e8s mat\u00e9riels et sans rapport avec la vraie saintet\u00e9 exig\u00e9e par la mission du pr\u00eatre. Cependant, \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0, ces pr\u00e9ceptes avaient une valeur p\u00e9dagogique et ils nous enseignent encore que servir le Seigneur est une grande chose.

{N}23,{/}1: Ici, il s'agit des f\u00eates de Yahv\u00e9. Le peuple de Dieu se rassemble pour c\u00e9l\u00e9brer ses joies et ses peines: plus exactement c'est Dieu qui l'appelle \u00e0 ses f\u00eates \u00e0 travers ceux qui sont charg\u00e9s de son Eglise (n'oublions pas que le terme Eglise veut dire assembl\u00e9e ).
Le jour de repos hebdomadaire (en h\u00e9breu, sabbat veut dire: repos) est la premi\u00e8re de ces rencontres sacr\u00e9es (3). Viennent ensuite les trois grandes f\u00eates d'Isra\u00ebl:
-_La semaine des Pains sans Levain qui commence avec la P\u00e2que et qui rappelle la sortie d'Egypte (9,14).
-_La f\u00eate des sept Semaines, ou Pentec\u00f4te (qui signifie cinquanti\u00e8me jour ) reli\u00e9e au souvenir de la Loi donn\u00e9e au Sina\u00ef (15,21).
-_La f\u00eate des Tentes (ou des huttes) en m\u00e9moire des ann\u00e9es du d\u00e9sert (33-34).
Quant \u00e0 la f\u00eate annuelle du Pardon, pour les p\u00e9ch\u00e9s du peuple, (26-32), elle s'est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e pendant un certain temps avec le Nouvel An, ou pendant la f\u00eate des Tentes, avant d'avoir une date fixe.

{N}23,{/}9: Ici, nous avons l'offrande de la premi\u00e8re gerbe pendant la f\u00eate des Pain sans Levain qui marque le commencement de la moisson.
Dieu n'a besoin de rien (Ps 50,8-13). S'il nous demande quelque chose, c'est parce que nous avons besoin de donner pour exister comme ses fils. Il n'y a ni f\u00eate, ni joie partag\u00e9e, ni coeurs soulag\u00e9s s'il n'y a pas de sacrifices: les victuailles et les rires n'y suffiront pas.
La d\u00eeme ou dixi\u00e8me partie des fruits offerte \u00e0 Dieu, sert \u00e0 nourrir les L\u00e9vites et les pauvres; elle est la richesse spirituelle du peuple de la Bible.
Dans de nombreuses Eglises ou groupes chr\u00e9tiens, les membres de la communaut\u00e9 donnent le dixi\u00e8me de leurs revenus: aucun, m\u00eame en pays pauvre, n'en est devenu plus pauvre.
La premi\u00e8re gerbe offerte \u00e0 Dieu peut aussi repr\u00e9senter la premi\u00e8re partie de la journ\u00e9e offerte \u00e0 Dieu; le premier don du mois pour aider un compagnon dans le besoin; le premier moment de repos que les \u00e9poux r\u00e9unis offrent au Seigneur; la coop\u00e9ration de chaque fid\u00e8le \u00e0 son Eglise afin qu'elle soit libre face \u00e0 toute puissance d'argent.

{N}24,{/}17: Oeil pour oeil. Dans 24,19 nous avons ce que l'on appelle "la loi du talion". Cette loi para\u00eet cruelle car elle semble accepter la vengeance comme une chose normale. Mais, en fait, elle cherchait \u00e0 limiter les impulsions violentes, rancune et d\u00e9sir de vengeance. Cette loi \u00e9tablit qu'on ne pourra nuire \u00e0 un ennemi qu'en proportion du dommage souffert: oeil pour oeil, dent pour dent. C'\u00e9tait une fa\u00e7on de civiliser ceux qui \u00e9taient encore loin de l'id\u00e9al chr\u00e9tien. Le pardon, comme le proclame J\u00e9sus, est quelque chose de radicalement nouveau.

{N}25,{/}1: La terre a besoin de se reposer. On le sait de nos jours o\u00f9 bien des terres sont \u00e9puis\u00e9es parce qu'on a voulu trop produire. L'ann\u00e9e sabbatique, ou ann\u00e9e du repos, tombe tous les sept ans. Cette coutume re\u00e7oit dans le L\u00e9vitique une signification pr\u00e9cise: on fait confiance \u00e0 Dieu qui ne permettra pas que son peuple meure de faim. Si cette ann\u00e9e tombe apr\u00e9s une ann\u00e9e de mauvaises r\u00e9coltes ou en temps d'ins\u00e9curit\u00e9, il sera difficile d'observer ce pr\u00e9cepte (1 M 6,49). Pourtant Dieu promet d'assister ceux qui l'observeront fid\u00e8lement (23,30), et c'est l\u00e0 l'un des th\u00e8mes du livre de Ju dith.
Tous les cinquante ans on c\u00e9l\u00e8bre l'ann\u00e9e du jubil\u00e9 qui est encore plus sacr\u00e9e. Le mot jubil\u00e9 ne vient pas de jubilation, mais les deux termes viennent du mot h\u00e9breu jobelin, la trompe, qui servait \u00e0 proclamer cette ann\u00e9e sainte. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, tous les esclaves devaient \u00eatre lib\u00e9r\u00e9s; les terres hypoth\u00e9qu\u00e9es revenaient \u00e0 leurs propri\u00e9taires sans contrepartie.
Vous \u00eates chez moi des h\u00f4tes et des gens de passage (23). Dans les longs chapitres du Deut\u00e9ronome et de Josu\u00e9 o\u00f9 il est question de la conqu\u00eate et de la r\u00e9partition de la Terre Sainte, elle est toujours consid\u00e9r\u00e9e comme un h\u00e9ritage que Dieu donne \u00e0 son peuple et dont chaque tribu a sa part. A c\u00f4t\u00e9 de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, il y aussi des terres appartenant \u00e0 la communaut\u00e9 que l'on distribue de temps \u00e0 autre.
L'ann\u00e9e du jubil\u00e9 est donc tr\u00e8s sainte parce qu'elle veut \u00e9tablir une parfaite r\u00e9conciliation, non seulement entre fr\u00e8res isra\u00e9lites, mais aussi avec Dieu: lui aussi est invit\u00e9 \u00e0 remettre les dettes. L'ann\u00e9e sainte c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par tout le peuple entretient l'esp\u00e9rance d'une ann\u00e9e sainte dont Dieu lui-m\u00eame fera les frais, au jour du salut: voir en Is 61,2 un texte que J\u00e9sus s'appliquera \u00e0 lui m\u00eame (Lc 4,19).
Cette garantie donn\u00e9e aux pauvres et aux malchanceux d'un h\u00e9ritage inali\u00e9nable s'exprime dans les cadres d'une soci\u00e9t\u00e9 rurale, mais l'esprit qui l'anime est au coeur de la Bible: devant Dieu tout droit de propri\u00e9t\u00e9 a des limites. Comment ne pas penser ici aux ravages du lib\u00e9ralisme sauvage qui n'ont fait que s'amplifier au cours du si\u00e8cle. Les pays les plus forts, qui avaient toujours quelques ann\u00e9es d'avance sur les autres, leur ont pr\u00each\u00e9 et impos\u00e9 le libre-\u00e9change. Cela leur permettait d'imposer partout leurs produits, pendant que la production locale s'effondrait, et bient\u00f4t, la corruption aidant, ils se rendaient ma\u00eetres des ressources du sous-sol, des march\u00e9s des produits agricoles, et finalement, du pouvoir r\u00e9el.
Les deux si\u00e8cles qui viennent de s'\u00e9couler ont justifi\u00e9 au niveau de l'\u00e9conomie mondiale le langage des proph\u00e8tes qui ne parlent pas de riches et de pauvres mais de pauvres et d'opresseurs.
Au si\u00e8cle dernier l'Eglise n'a cess\u00e9 de d\u00e9noncer les maux du lib\u00e9ralisme. Il faut reconna\u00eetre qu'en le faisant elle n'avait pas toujours une vue claire de ce qu'\u00e9tait le monde moderne et elle s'est souvent tromp\u00e9e d'adversaire. Mais la condamnation reste plus que jamais justifi\u00e9e \u00e0 l'heure o\u00f9 la religion du lib\u00e9ralisme dispose d'un quasi monopole des moyens de communication et ne rencontre plus que tr\u00e8s peu d'oppositions d\u00e9clar\u00e9es. On ne peut qu'attendre le moment o\u00f9 des chr\u00e9tiens proclameront ouvertement les exigences de la Bible.
Il faudra rappeller que tout peuple a un h\u00e9ritage inali\u00e9nable, qui n'est pas seulement la terre nue; que personne ne peut les obliger \u00e0 mettre au ch\u00f4mage tous leurs travailleurs, et \u00e0 la ferraille leurs outils de production; que personne ne peut leur imposer le rachat au prix fort, ou le blocus \u00e9conomique, ou les invasions d\u00e9guis\u00e9es quand ils veulent reprendre des biens dont les propri\u00e9taires \u00e9trangers ont d\u00e9j\u00e0 rapatri\u00e9 plusieurs fois la valeur.

{N}25,{/}37: Tu ne pr\u00eateras pas d'argent avec int\u00e9r\u00eat. Telle est la loi de la solidarit\u00e9 et de l'amour fraternel dans les rapports entre personnes. Mais lorsque les grandes entreprises agricoles ou industrielles sont apparues, la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9unir des capitaux importants a pos\u00e9 une question nouvelle: comment "int\u00e9resser" les investisseurs pour les encourager \u00e0 pr\u00eater les fonds n\u00e9cessaires? Ici comme dans beaucoup d'autres r\u00e9alit\u00e9s humaines, nous devons comprendre que la loi, toute loi, est li\u00e9e \u00e0 un temps et \u00e0 des modes de vie particuliers. Chaque g\u00e9n\u00e9ration doit "inventer" sa mani\u00e8re de vivre la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la Parole de Dieu. C'est pourquoi lorsque dans la Bible nous \u00e9tudions les lois relatives \u00e0 un probl\u00e8me particulier, nous observons une \u00e9volution d'un texte \u00e0 l'autre, en fait d'une \u00e9poque \u00e0 une autre (comparer: Ex 21,2-11; Lv 25,39-43; Dt 15,12-18).
Nous remarquons aussi par cette comparaison de textes d'\u00e9poques diff\u00e9rentes l'originalit\u00e9 de la "morale" r\u00e9v\u00e9l\u00e9e. Dieu \u00e9duque son peuple: quand Isra\u00ebl n'est qu'un enfant (Os 11,1) Dieu, comme un p\u00e8re \u00e0 son jeune enfant donne ses ordres; mais au fur et \u00e0 mesure qu'il grandit Isra\u00ebl d\u00e9couvre par la voix des proph\u00e8tes le vrai visage de son P\u00e8re. Dans l'attitude de son Dieu, Isra\u00ebl trouvera le mod\u00e8le de son comportement quotidien, jusqu'au jour o\u00f9 J\u00e9sus dira: "Soyez parfaits comme votre P\u00e8re c\u00e9leste est parfait". Ici, par trois fois Dieu rappelle \u00e0 son peuple comment il l'a lib\u00e9r\u00e9 de l'Egypte o\u00f9 il \u00e9tait captif.

{N}26,{/}3: La loi de Dieu est une loi de vie. Quand les hommes ne l'observent pas, ils se d\u00e9truisent. Ici, Dieu demande \u00e0 son peuple justice, bont\u00e9 et respect de la vie: il l'exige par des paroles qu'ils pourront comprendre leur promettant des bienfaits ou des malheurs dans le domaine mat\u00e9riel.
La fin de ce chapitre, \u00e9crit pendant l'exil, d\u00e9crit la d\u00e9cadence du peuple juif qui venait d'amener sa ruine. Cette d\u00e9gradation \u00e9tait en un certain sens "le ch\u00e2timent de Dieu": mais c'\u00e9tait aussi la cons\u00e9quence de leurs fautes, parce que toute soci\u00e9t\u00e9 qui n\u00e9glige les fondements de la vie morale creuse sa propre tombe.
Ce chapitre oppose, d'une part la paix et la f\u00e9condit\u00e9, et de l'autre, le manque de s\u00e9curit\u00e9, le gaspillage et la division quand on n'\u00e9coute pas Dieu.
L'histoire montre comment les peuples en arrivent \u00e0 manger la chair de leurs propres enfants.

