{N}LA PLAINE COTI\u00c8RE{/}

{K}- AKKO{/}

A une douzaine de kilom\u00e8tres au nord-est de Ha\u00effa, la c\u00f4te 
m\u00e9diterran\u00e9enne dessine une sorte de bec point\u00e9 vers le sud en direction 
du Carmel. L'anse naturelle prot\u00e9g\u00e9e du large par cette avanc\u00e9e de la 
c\u00f4te a servi de port d\u00e8s l'antiquit\u00e9, moyennant l'adjonction d'une digue 
neutralisant les vents de sud-ouest qui soul\u00e8vent ici les plus fortes 
houles. La nature avait ainsi pr\u00e9dispos\u00e9 ce site \u00e0 devenir une plaque 
tournante des activit\u00e9s commerciales de la r\u00e9gion. 
Par Akko transitaient les marchandises convoy\u00e9es par les caravanes qui 
remontaient par la route menant de M\u00e9guiddo \u00e0 l'Asie Mineure, et les 
produits d\u00e9barqu\u00e9s au port par les marins venus "des {N}\u00eeles{/}".
La ville changea plusieurs fois de nom_: Akko pour la ville canan\u00e9enne, 
{N}Ptolema\u00efs{/} \u00e0 la p\u00e9riode hell\u00e9nistique, Saint {N}Jean{/} d'Acre, avec les 
Croisades, Akka pour les Arabes. Elle a retrouv\u00e9 son appellation biblique 
d'Akko.
{K}TELL AKKO{/}

Les premiers habitants de la r\u00e9gion s'install\u00e8rent sur la colline situ\u00e9e 
\u00e0 mille cinq cents m\u00e8tres \u00e0 l'est du port actuel. Cette population 
paysanne a  laiss\u00e9 des traces de son passage_: des fragments de poterie 
retrouv\u00e9s dans des cavit\u00e9s creus\u00e9es \u00e0 m\u00eame la roche.
Aux environs de 2000_av.J.C., les habitants prot\u00e8gent leur ville par des 
remparts qui ceinturent la colline et dont la porte principale s'ouvre 
sur la mer. C'est alors que, pour la premi\u00e8re fois, Akko est mentionn\u00e9e 
dans des formules de mal\u00e9diction \u00e9gyptiennes. Un si\u00e8cle ou deux plus 
tard, une vague d'urbanisation touche la c\u00f4te canan\u00e9enne_: la cit\u00e9 se 
d\u00e9veloppe gr\u00e2ce \u00e0 son activit\u00e9 industrielle et aux relations commerciales 
qui se nouent avec l'Asie Mineure, Chypre et Myc\u00e8nes, et dans le m\u00eame 
temps elle conna\u00eet sans doute une occupation par un des peuples venus de 
la mer.
Au d\u00e9but du Bronze r\u00e9cent (1500-1200_av.J.C.) les Egyptiens repoussent 
les Hyksos et viennent occuper la r\u00e9gion. Ils conservent la structure 
politique des cit\u00e9s-\u00e9tats qu'ils ont soumis.
{K}LA PERIODE ISRAELITE{/}

Lorsque progressivement les tribus d'Isra\u00ebl impos\u00e8rent leur autorit\u00e9 aux 
populations canan\u00e9ennes, de nombreuses villes sauvegard\u00e8rent leur 
autonomie_: {C}Asher ne d\u00e9poss\u00e9da pas les habitants d'Akko, ni ceux de 
Sidon, de Mahaleb, d'Akzib, d'Helbah, d'Apheq et de R\u00e9hob. Les gens 
d'Asher demeur\u00e8rent donc au milieu des Canan\u00e9ens qui habitaient le pays{/} 
[Jg_1,31] - [Jg_1,32].
Apr\u00e8s des si\u00e8cles de d\u00e9cadence, la ville connut \u00e0 nouveau une p\u00e9riode de 
grande prosp\u00e9rit\u00e9 aux 8\u00e8me et 7\u00e8me_si\u00e8cles av. J.C. Tr\u00e8s convoit\u00e9e comme 
t\u00eate de pont commerciale et militaire, elle subit les assauts des 
Assyriens sous la conduite de Sennach\u00e9rib au d\u00e9but du 7\u00e8me_si\u00e8cle, puis 
des Perses.
{K}PTOLEMA\u00cfS{/}

La mort d'Alexandre livrait son vaste empire \u00e0 la convoitise de ses amis 
et compagnons d'armes. Dans ces luttes sans merci, villes et provinces se 
trouvaient \u00e2prement disput\u00e9es entre ses successeurs_: les Lagides 
d'Egypte domin\u00e8rent la Palestine de 323 \u00e0 198 av.J.C. et furent les 
premiers ma\u00eetres d'Akko_; ils lui donn\u00e8rent le nom de Ptol\u00e9ma\u00efs, en 
l'honneur de Ptol\u00e9m\u00e9e Philadelphe (285-246) qui l'agrandit 
consid\u00e9rablement. Conquise par Antiochus Il, elle passa aux mains des 
S\u00e9leucides. Lorsque les Juifs se r\u00e9volt\u00e8rent contre la pers\u00e9cution 
religieuse engag\u00e9e par Antiochus Epiphane, elle prit le parti de celui-
ci. C'est l\u00e0 que Tryphon s'empara par ruse de Jonathan [1M_12,39] - 
[1M_12,48].
{K}PTOLEMA\u00cfS VISITEE PAR PAUL{/}

Au retour de son deuxi\u00e8me voyage missionnaire, l'ap\u00f4tre Paul fait \u00e9tape \u00e0 
Ptol\u00e9ma\u00efs_: {C}Nous avons achev\u00e9 la travers\u00e9e avec cette \u00e9tape de Tyr \u00e0 
Ptol\u00e9ma\u00efs. L\u00e0 nous avons salu\u00e9 les fr\u00e8res et sommes rest\u00e9s un jour chez 
eux. Le lendemain nous partions et prenions la route de C\u00e9sar\u00e9e.{/} 
[Ac_21,7].

{K}- AMWAS-EMMAUS{/}

On ne peut situer de fa\u00e7on certaine le lieu du repas des deux disciples 
avec le Christ ressuscit\u00e9 rapport\u00e9 par Luc dans l'\u00e9pisode des_les 
\u00ab_p\u00e8lerins d'Emma\u00fcs_\u00bb. Ce village est connu dans les textes tardifs de 
l'Ancien Testament, mais la distance qui le s\u00e9pare de J\u00e9rusalem ne 
s'accorde pas avec le nombre de stades donn\u00e9 par les meilleurs manuscrits 
de l'\u00e9vangile. 
Au 5\u00e8me_si\u00e8cle av.J.C., on rencontrait au nord-ouest de J\u00e9rusalem une 
bourgade appel\u00e9e Hamtham, ce qui signifie : sources chaudes. Ce lieu fut 
rebaptis\u00e9 \u00e0 l'\u00e9poque hell\u00e9nistique_: il s'appela Ammaous et c'est sous ce 
nom que nous le retrouvons dans le Livre des Maccab\u00e9es. Judas s'empara de 
la ville apr\u00e8s avoir vaincu Gorgias, le chef des Grecs. [1M_4,1] .. 
[1M_4,14]. Peu apr\u00e8s, le g\u00e9n\u00e9ral syrien Bacchid\u00e8s construisit une 
forteresse \u00e0 Emma\u00fcs pour bloquer le passage vers la Jud\u00e9e.
{K}EN CHERCHANT EMMA\u00dcS{/} 
La similitude des noms (Ammaous dans le livre des Maccab\u00e9es, Emmaous dans 
le texte de Luc), a incit\u00e9 les auteurs anciens, entre autres Orig\u00e8ne 
(185-254) et Saint J\u00e9r\u00f4me (347-420) \u00e0 retenir placer ici l'\u00e9pisode des 
p\u00e8lerins d'Emma\u00fcs. Le site est \u00e0 trente kilom\u00e8tres \u00e0 l'ouest de 
J\u00e9rusalem_; cette distance correspond bien aux 160 stades (29,6 Km) 
donn\u00e9s par certains manuscrits de Luc, mais non aux 60 stades (11,1 Km) 
mentionn\u00e9s dans la majorit\u00e9 des textes anciens. D'autres localisations 
vont donc \u00eatre propos\u00e9es par la suite_: les villages actuels d'Abu Gosh, 
ou EI Qubeibeh, ou encore Mo\u00e7a, tous situ\u00e9s \u00e0 une distance de J\u00e9rusalem 
qui s'accorderait{N}{/} mieux aux donn\u00e9es des manuscrits majoritaires. Mais 
peu importe, l'essentiel est ailleurs.
{K}LE RECIT DES DEUX PELERINS{/}

Le r\u00e9cit commence et se termine \u00e0 J\u00e9rusalem, et dans ce double 
cheminement, qui passe par Emma\u00fcs, tout sera transform\u00e9 pour les 
disciples qui avaient perdu l'espoir._J\u00e9sus leur a expliqu\u00e9 les Ecritures 
et leur a fait faire le chemin qui passe de la foi d'Isra\u00ebl, \u00e0 la foi en 
son myst\u00e8re de Mort et de R\u00e9surrection. Aussi lorsqu'ils retournent \u00e0 
J\u00e9rusalem, leurs yeux sont ouverts et leur coeur tout br\u00fblant_: ils sont 
pass\u00e9s de la connaissance de J\u00e9sus de Nazareth \u00e0 la reconnaissance du 
Seigneur ressuscit\u00e9.

{K}- APHEQ-ANTIPATRIS{/}

Un combat m\u00e9morable eut lieu pr\u00e8s d'Apheq aux jours de Samuel_: Isra\u00ebl 
fut taill\u00e9 en pi\u00e8ces par les Philistins et l'Arche captur\u00e9e. Mille ans 
plus tard Paul faisait \u00e9tape dans cette ville, qui portait maintenant le 
nom d'Antipatris_: on le conduisait sous bonne escorte, de J\u00e9rusalem \u00e0 
C\u00e9sar\u00e9e-sur-mer.
Situ\u00e9e sur l'axe routier nord-sud, \u00e0 une quinzaine de kilom\u00e8tres de la 
M\u00e9diterran\u00e9e, Apheq se trouvait au point de jonction de deux routes 
importantes_: la \u00ab_{N}Via Maris{/}_\u00bb, ou Route de la Mer, qui venait d'Egypte 
et, longeant la c\u00f4te, remontait vers le nord, et la mont\u00e9e vers 
J\u00e9rusalem. Elle commandait en m\u00eame temps le passage \u00e9troit entre les 
sources du Yarkon et les collines de l'est, et tirait ainsi profit des 
\u00e9changes commerciaux entre les grands centres d'Egypte, de Syrie, de 
M\u00e9sopotamie et d'Anatolie. Des documents administratifs du 13\u00e8me si\u00e8cle 
av.J.C., en akkadien, \u00e9gyptien et hittite, bilingues et trilingues, 
illustrent le r\u00f4le qu'elle a jou\u00e9 sur le plan des relations 
internationales. 
Aux environs de 1230 la conqu\u00eate du pays par les Egyptiens mit un terme 
aux beaux jours de l'ind\u00e9pendance et de la prosp\u00e9rit\u00e9_; la ville fut 
presque enti\u00e8rement d\u00e9truite_: on n'y laissa que la forteresse comme 
r\u00e9sidence pour le gouverneur \u00e9gyptien.
{K}DEFAITE D'ISRA\u00cbL ET PRISE DE L'ARCHE{/}

Refoul\u00e9s par Rams\u00e8s III, les {N}Philistins{/} (ou Peuples de la mer) 
s'install\u00e8rent sur le sud de la plaine c\u00f4ti\u00e8re de la Palestine. Les 
conflits ne tard\u00e8rent pas \u00e0 \u00e9clater entre ces nouveaux venus et les 
tribus nomades d'Isra\u00ebl qui, elles aussi, cherchaient \u00e0 se faire une 
place au soleil. Apheq \u00e9tait probablement d\u00e9j\u00e0 en ruines \u00e0 cette \u00e9poque_; 
c'est pr\u00e8s de l\u00e0 qu'eut lieu l'\u00e9pisode relat\u00e9 par le premier Livre de 
Samuel.
{C}Les Philistins livr\u00e8rent bataille ; les Isra\u00e9lites furent \u00e9cras\u00e9s et 
chacun s'enfuit chez lui. Ce fut une tr\u00e8s grande d\u00e9faite : trente mille 
fantassins tomb\u00e8rent dans les rangs d'Isra\u00ebl. L'Arche de Dieu fut prise 
et les deux fils d'H\u00e9li, Hofni et Pinhas, moururent .{/}[1S_4,1].
{K}PAUL A ANTIPATRIS{/}

A l'\u00e9poque hell\u00e9nistique, le site prit le nom de Pegae qui signifie "les 
sources". H\u00e9rode r\u00e9-am\u00e9nage la cit\u00e9 en 9 av.J.C. et lui donne le nom 
d'Antipatris en l'honneur de son p\u00e8re Antipater, ministre d'Hyrcan II. Il 
\u00e9tablit un quartier commercial autour de la rue principale qu'il fait 
daller de pierres et qui constituera le {C}cardo{/} (axe principal), bord\u00e9 de 
boutiques. La ville sert alors d'\u00e9tape entre J\u00e9rusalem et C\u00e9sar\u00e9e, la 
nouvelle capitale.
Les Actes des Ap\u00f4tres rapportent que l'ap\u00f4tre Paul y fit halte lors de 
son transfert \u00e0 C\u00e9sar\u00e9e-sur-mer. {C}Le commandant appela donc deux 
centurions et leur dit : "Tenez pr\u00eats deux cents soldats pour aller \u00e0 
C\u00e9sar\u00e9e, et avec eux soixante-dix chevaux et deux cents auxiliaires. 
D\u00e9part au troisi\u00e8me quart de la nuit. Vous pr\u00e9parerez des chevaux pour y 
faire monter Paul et le mettre en s\u00fbret\u00e9 chez le gouverneur F\u00e9lix."
Les soldats prirent Paul conform\u00e9ment aux ordres re\u00e7us et, de nuit, ils 
partirent avec lui pour Antipatris. Le lendemain ils revinrent \u00e0 la 
citadelle, laissant les cavaliers continuer avec lui vers C\u00e9sar\u00e9e{/} 
[Ac_23,12] .. [Ac_23,32].

{K}- ASHDOD{/}

Cette ville \u00e9tait \u00e0 l'\u00e9poque des Juges, l'une des cinq cit\u00e9s de la 
f\u00e9d\u00e9ration philistine, renomm\u00e9e pour son temple du dieu Dagon. Ce pauvre 
dieu connut bien des avanies lors du passage de l'Arche sainte dans ses 
murs.
La tradition guerri\u00e8re voulait que les troph\u00e9es sacr\u00e9s prennent place 
dans le temple du dieu des vainqueurs. L'Arche sainte avait \u00e9t\u00e9 prise et 
plac\u00e9e par les Philistins dans le temple de leur dieu Dagon_: le Dieu 
d'Isra\u00ebl \u00e9tait-il donc maintenant lui aussi captif de l'idole? Mais voici 
que l'Arche de l'Alliance retourne la situation, Dagon est ridiculis\u00e9 et 
les Philistins malmen\u00e9s. L'Arche a bien \u00e9t\u00e9 captur\u00e9e mais Dieu n'est pas 
vaincu, il reste ma\u00eetre de l'histoire.
{C}Les Philistins prirent l'Arche de Dieu et la plac\u00e8rent dans le temple de 
Dagon \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la statue de Dagon. Le lendemain, t\u00f4t le matin, les 
habitants d'Ashdod se lev\u00e8rent, ils vinrent au temple de Dagon, et 
trouv\u00e8rent Dagon par terre_: il \u00e9tait tomb\u00e9 sur sa face devant l'Arche de 
Yahv\u00e9. Ils relev\u00e8rent Dagon et le remirent \u00e0 sa place. Le surlendemain de 
bon matin, ils se lev\u00e8rent et, cette fois encore, Dagon \u00e9tait par terre, 
sur le nez, devant l'Arche de Yahv\u00e9. Le tronc de Dagon \u00e9tait rest\u00e9 en 
place, mais la t\u00eate et les deux mains lui manquaient et gisaient sur le 
seuil{/} [1S_5,2] - [1S_5,7].{N}

{C}- ASHKELON{/}

Sous le parc national d'Ashk\u00e9lon (ou Ascalon autrefois), une vingtaine de 
cit\u00e9s ensevelies pourraient nous raconter cinq mill\u00e9naires d'occupation, 
de 3500 av.J.C. \u00e0 1500_ap.J.C.
Ville canan\u00e9enne, conquise par les Peuples de la mer au 12\u00e8me_si\u00e8cle, 
elle est f\u00e9d\u00e9r\u00e9e avec Gaza, Ashdod, Eqron et Gat pour former la 
"Pentapole philistine". D\u00e9cim\u00e9e par les Chald\u00e9ens, assi\u00e9g\u00e9e par 
Alexandre-le-Grand, embellie par les Romains et les Byzantins, elle a 
donn\u00e9 encore bien du fil \u00e0 retordre aux Crois\u00e9s avant de dispara\u00eetre dans 
les sables.
La Bible ne nous parle d'Ashk\u00e9lon que pour y camper un personnage haut en 
couleur_:  Samson.
{K}LE FAMEUX SAMSON{/}

La m\u00e9moire populaire conserve l'image de ce h\u00e9ros l\u00e9gendaire, dont la 
force prodigieuse n'a d'\u00e9gale que sa faiblesse devant les jolies femmes, 
et, circonstance aggravante, devant les filles des Philistins, ces 
"incirconcis" qui menacent sans cesse les territoires occup\u00e9s par la 
tribu de Dan. Or Samson est un Danite. A la diff\u00e9rence des autres juges, 
Samson affronte seul les Philistins. 
Ce n'est qu'au moment de sa mort, \u00e0 Gaza, que Samson atteint la dimension 
d'un h\u00e9ros religieux \u00e0 la destin\u00e9e tragique.  Il est alors prisonnier, 
aveugle, il a perdu sa puissance en m\u00eame temps que sa chevelure_: Samson 
se tourne enfin vers Dieu et lui demande de lui redonner sa force 
d'antan. A l'occasion d'une f\u00eate c\u00e9l\u00e9br\u00e9e dans le temple du dieu Dagon \u00e0 
Gaza, il \u00e9branle les colonnes qui soutiennent l'\u00e9difice et s'ensevelit 
lui-m\u00eame avec le roi des Philistins sous les d\u00e9combres. Il se fait ainsi 
l'instrument providentiel de la lib\u00e9ration d'Isra\u00ebl, car {C}en ce temps-l\u00e0, 
Yahv\u00e9 avait livr\u00e9 Isra\u00ebl entre les mains des Philistins{/} [Jg_13,1].

{K}- BET SHEMESH{/}

Situ\u00e9e \u00e0 l'extr\u00e9mit\u00e9 nord de la Shephelah, elle porte le nom de "Maison 
du Soleil" et la Bible en donne une vision sereine et lumineuse : {C}Les 
gens de Bet Shemesh faisaient la moisson des bl\u00e9s dans la vall\u00e9e{/} 
[1S_6,13]. La richesse agricole des campagnes alentour, avec les nombreux 
pressoirs \u00e0 olives et \u00e0 raisins retrouv\u00e9s sur les lieux, assura longtemps 
la prosp\u00e9rit\u00e9 de cette ville donn\u00e9e en h\u00e9ritage aux L\u00e9vites lors du 
partage de la terre de Canaan. La ville offrit un reposoir \u00e0 l'Arche 
d'Alliance lors de sa mont\u00e9e vers J\u00e9rusalem [2S_6,1].
{K}LES AVENTURES DE L'ARCHE{/} 
Lorsqu'on monte de la plaine c\u00f4ti\u00e8re vers J\u00e9rusalem, on suit 
approximativement la route emprunt\u00e9e par l'Arche Sainte quand elle 
quittait le pays des Philistins pour gagner la Ville de David. 
Aujourd'hui le p\u00e8lerin passe au pied du sanctuaire de Qiryat Yearim d\u00e9di\u00e9 
\u00e0 la Vierge Marie que l'Eglise invoque sous le titre d'Arche d'Alliance, 
elle qui a port\u00e9 en son sein le Verbe fait chair, n\u00e9 du P\u00e8re Eternel et 
de la Vierge de Nazareth pour \u00eatre \u00e0 tout jamais l'Alliance entre Dieu et 
l'Homme.
L'Arche de l'Alliance de Yahv\u00e9 \u00e9tait le signe visible de la pr\u00e9sence de 
Dieu au milieu de son peuple_: elle contenait les dix paroles \u00e9crites sur 
la pierre, \u00e9crites de la main m\u00eame de Dieu, sur le Sina\u00ef. Apr\u00e8s l'entr\u00e9e 
des H\u00e9breux en Canaan, Josu\u00e9 l'avait install\u00e9e \u00e0 Silo, faisant ainsi de 
ce petit village de Samarie le sanctuaire central d'Isra\u00ebl.
Apr\u00e8s la d\u00e9faite d'Apheq, les Philistins se sont empar\u00e9s de l'Arche. Mais 
d\u00e8s qu'ils l'introduisent dans une de leurs cit\u00e9s, elle y porte le 
mauvais sort_: les Philistins vont apprendre \u00e0 leurs d\u00e9pens, que, face au 
Dieu d'Isra\u00ebl, leurs dieux sont d\u00e9risoires et impuissants. A Ashdod tout 
d'abord_[1S_5,6], puis \u00e0 Gat, a Ekron. Les pr\u00eatres philistins  d\u00e9couvrent 
l'origine du mal et proposent le rem\u00e8de_: {C}On fit donc comme l'avaient 
dit les devins_: on prit deux vaches qui allaitaient encore, on les 
attela au chariot et l'on ramena les petits \u00e0 l'\u00e9table. On pla\u00e7a l'Arche 
de Yahv\u00e9 sur le chariot avec le coffre qui contenait les souris en or et 
les images des tumeurs. Les vaches prirent tout de suite la route de Bet-
Shemesh ; elles allaient leur chemin et elles meuglaient, sans s'\u00e9carter 
\u00e0 droite ni \u00e0 gauche. Les princes des Philistins les suivirent jusqu'\u00e0 la 
fronti\u00e8re de Bet-Shemesh{/} [1S_6,2] - [1S_6,12].
De Bet-Shemesh l'Arche est transport\u00e9e dans la montagne, \u00e0 Qiryat Yearim 
qui cependant ne devint jamais un lieu de culte pour Isra\u00ebl. Dans les 
livres de Samuel, le r\u00e9cit des aventures de l'Arche se d\u00e9ploie en 
parall\u00e8le avec l'histoire de Samuel et de la mont\u00e9e vers la royaut\u00e9. 
C'est avec David, le roi selon le coeur de Dieu, que la route de l'Arche 
arrive \u00e0 son terme_: il la fait monter \u00e0 J\u00e9rusalem [2S_6,1].
{K}- LE CARMEL{/}

Ta t\u00eate se dresse : c'est le mont Carmel ;
ta chevelure a des reflets de pourpre,
un roi y est pris dans tes boucles{N}{/} [Ct_7,6]
Dans le po\u00e8me du Cantique des Cantiques, qui c\u00e9l\u00e8bre l'amour humain et 
les noces de Dieu avec l'humanit\u00e9, la t\u00eate de la bien-aim\u00e9e, fi\u00e8re, 
superbe et s\u00e9duisante, est le Carmel. Le mont se dresse comme une figure 
de proue sur la mer M\u00e9diterran\u00e9e, dominant la baie d'Ha\u00effa. Le proph\u00e8te 
Isa\u00efe chante son sommet couronn\u00e9 de pins et de ch\u00eanes verts, ses pentes 
couvertes de vignes et d'oliviers en terrasses [Is_35,1].
Cette cr\u00eate rocheuse, aux tons adoucis de gris et de rose, qui se d\u00e9tache 
sur le bleu du ciel, retient encore quelque chose de la gloire d'Elie, le 
proph\u00e8te{C} qui surgit comme un feu, dont les paroles br\u00fblaient comme une 
torche. Il fit venir sur eux la famine, son amour jaloux les r\u00e9duisit \u00e0 
presque rien. Une parole du Seigneur, et le ciel retenait la pluie ! 
Trois fois il fit de m\u00eame tomber la foudre{/} [Si_48,1] - [Si_48,4].
Le versant ouest de ce massif montagneux est sillonn\u00e9 par de nombreux 
wadis qui se jettent dans la M\u00e9diterran\u00e9e, entre Ha\u00effa et C\u00e9sar\u00e9e-sur-
Mer. Ses flancs sont creus\u00e9s de grottes dont certaines occup\u00e9es d\u00e8s 
l'\u00e9poque moust\u00e9rienne (90000 - 35000) ont apport\u00e9 une contribution 
capitale \u00e0 la connaissance des relations entre l'homme de N\u00e9anderthal et 
l'homo Sapiens Sapiens (voir Introduction, pr\u00e9histoire).
Un modeste vallon s\u00e9pare le Carmel des monts de Samarie. Le versant est, 
abrupt, surplombe la grande baie d'Akko et la riche plaine de Yizr\u00e9el que 
traverse le Qish\u00f4n.
{K}LE CARMEL, MONTAGNE SACREE{/} 
Dans la liste des conqu\u00eates de Toutmosis lll au 15\u00e8me_si\u00e8cle av.J.C., le 
Carmel figure sous le nom de Rosha Qadesh (montagne sainte) et bien avant 
l'\u00e9poque biblique, bien avant qu'Elie et Elis\u00e9e, son disciple, n'y aient 
s\u00e9journ\u00e9, la majest\u00e9 de ce promontoire avait attir\u00e9 les navigateurs 
ph\u00e9niciens qui y avaient \u00e9difi\u00e9 un sanctuaire \u00e0 Baal.
{K}ELIE, LE PROPHETE QUI SE LEVA COMME UN FEU{/}

Au chapitre 17 du premier livre des Rois, Elie se dresse soudain devant 
Achab, le roi d'Isra\u00ebl (875-853_av.J.C.) et lui d\u00e9clare avec la fermet\u00e9 
que lui octroie son minist\u00e8re de serviteur de la Parole_: "{C}Aussi vrai 
que Yahv\u00e9 Dieu d'Isra\u00ebl, celui que je sers, est vivant, il n'y aura 
durant ces ann\u00e9es-ci, ni ros\u00e9e, ni pluie, sauf \u00e0 ma parole{/}._[1R_7,1]. La 
confession de foi donne \u00e0 l'annonce du ch\u00e2timent divin son caract\u00e8re 
inexorable_: Achab a p\u00e9ch\u00e9 gravement, la menace est proclam\u00e9e capable de 
transformer une terre o\u00f9 coule le lait et le miel en un d\u00e9sert de soif et 
de mort, selon la proph\u00e9tie du Deut\u00e9ronome [Dt_11,10] - [Dt_11,17].
Achab avait pris pour femme J\u00e9zabel, fille d'IttoBaal roi de Sidon et 
grand pr\u00eatre de Melkart, ce Baal tyrien qui sera identifi\u00e9 \u00e0 H\u00e9rakl\u00e8s \u00e0 
la p\u00e9riode hell\u00e9nistique.
Entra\u00een\u00e9 par sa femme, Achab s'en alla servir le Baal et se prosterner 
devant lui, pendant qu'elle m\u00eame intriguait, tuait par l'\u00e9p\u00e9e les 
proph\u00e8tes de Yahv\u00e9 et mettait tout en oeuvre pour substituer \u00e0 Yahv\u00e9 le 
Dieu d'Isra\u00ebl, les Baals ph\u00e9niciens, ma\u00eetres des \u00e9l\u00e9ments et de la 
fertilit\u00e9. 
De jour en jour la s\u00e9cheresse s\u00e9vit plus cruellement en Isra\u00ebl_: Achab se 
d\u00e9cide \u00e0 faire rechercher Elie_: le voil\u00e0 de nouveau face_au roi 
adorateur de Baal{C}_:  Fais donc rassembler tout Isra\u00ebl_; qu'ils viennent 
vers moi au mont Carmel, et avec eux les quatre cent cinquante proph\u00e8tes 
de Baal qui mangent \u00e0 la table de J\u00e9zabel{/} [1R_18,17] - [1R_18,20].
{K}EI MUHRAQA : LE SACRIFICE DU CARMEL{/}

C'est le lieu traditionnel du sacrifice du Carmel. Malgr\u00e9 l'Alliance 
conclue avec Dieu \u00e0 l'Horeb, le peuple d'Isra\u00ebl s'accommode fort bien de 
la religion qu'il trouve sur place, le culte des forces de la nature. 
Baal est le dieu de l'orage et de la pluie, Ashera sa soeur, qui 
deviendra plus tard l'Astart\u00e9 des Grecs, est la d\u00e9esse de l'amour et de 
la f\u00e9condit\u00e9. 
Elie est l\u00e0, face aux ennemis de sa foi, face aux quatre cent cinquante 
proph\u00e8tes de Baal, face \u00e0 la foule anonyme et gr\u00e9gaire. C'est alors 
qu'Elie d\u00e9fie les proph\u00e8tes de Baal_: Quel est le Dieu qui fera tomber le 
feu du ciel sur le sacrifice qu'on lui a pr\u00e9par\u00e9_?
{C}A l'heure o\u00f9 l'on pr\u00e9sente l'offrande du soir, Elie le proph\u00e8te s'avan\u00e7a 
et dit : "Yahv\u00e9, Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'Isra\u00ebl, que l'on sache 
aujourd'hui que tu es Dieu en Isra\u00ebl, que je suis ton serviteur, et que 
j'ai agi en tout selon ta parole. R\u00e9ponds-moi Yahv\u00e9, r\u00e9ponds-moi ! Que ce 
peuple sache que tu es Dieu, toi Yahv\u00e9, et que c'est toi qui convertis 
leur coeur !"
A l'instant m\u00eame, le feu de Yahv\u00e9 tomba, il d\u00e9vora l'holocauste et le 
bois, et absorba toute l'eau qui \u00e9tait dans le foss\u00e9. A cette vue, tout 
le peuple tomba la face contre terre, on criait : "C'est Yahv\u00e9 qui est 
Dieu_! C'est Yahv\u00e9 qui est Dieu_{/} [1R_18,22] - [1R_18,40].
Le signe divin dont les fils d'Isra\u00ebl venaient d'\u00eatre les t\u00e9moins, 
justifiait la foi d'Elie, le confirmait comme proph\u00e8te, et ramenait le 
peuple \u00e0 son Dieu, le seul Dieu qui peut et qui veut intervenir dans 
l'histoire des hommes. Mais \u00e0 cette action divine manquait une 
conclusion, un signe qui vienne fortifier la foi retrouv\u00e9e_: ce signe 
sera la venue de la pluie.
{C}Elie dit \u00e0 Achab : "Remonte maintenant, mange et bois, car voici le 
tonnerre qui annonce la pluie." Achab remonta pour manger et boire tandis 
qu'Elie montait jusqu'au sommet du Carmel.{/} 
Alors, \u00e0 la pri\u00e8re d'Elie, viennent r\u00e9pondre les nuages avec une telle 
surabondance que le chemin de Yizr\u00e9el pourrait en \u00eatre coup\u00e9, symbole de 
la gr\u00e2ce f\u00e9conde que Dieu ne cesse de prodiguer. Comment pourrait-on 
d\u00e9sormais s\u00e9parer le Carmel de la figure d'Elie, choisi par Dieu pour 
\u00eatre son t\u00e9moin. II s'est fait, au p\u00e9ril de sa vie, le champion du Dieu 
unique. Il pr\u00e9figure tout le grand mouvement proph\u00e9tique, car il ne sera 
pas seulement l'ardent d\u00e9fenseur de la Saintet\u00e9 de Dieu, mais comme tant 
d'autres proph\u00e8tes il exp\u00e9rimentera, au creux m\u00eame de l'\u00e9preuve et du 
d\u00e9couragement, la tendresse de ce Dieu qu'il sert.
{K}J'IRAI SUR TA SAINTE MONTAGNE{/}

Au 4\u00e8me_si\u00e8cle av.J.C., dans le {C}P\u00e9riple{/}, ou Guide de la M\u00e9diterran\u00e9e 
des navigateurs et des g\u00e9ographes grecs, le Carmel est cit\u00e9 comme 
montagne sacr\u00e9e de Zeus. Une d\u00e9couverte faite dans le jardin du monast\u00e8re 
des Carmes confirme l'implantation d'un culte pa\u00efen \u00e0 l'\u00e9poque romaine_: 
un pied monumental, vestige d'une statue colossale du 2\u00e8me ou 3\u00e8me si\u00e8cle 
av.J.C., porte un ex-voto d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Zeus H\u00e9liopolitain du Carmel. Selon 
Tacite et Su\u00e9tone, l'empereur Vespasien (69-79 de notre \u00e8re) serait venu 
consulter l'oracle du dieu Carmel.
Sanctuaires juifs, chr\u00e9tiens, musulmans se sont succ\u00e9d\u00e9s sur la montagne. 
La f\u00eate de Saint Elie, ram\u00e8ne tous les ans, \u00e0 la grotte, dite de Saint 
Elie, une foule bigarr\u00e9e de p\u00e8lerins_: chr\u00e9tiens latins, grecs et 
orthodoxes, isra\u00e9lites, musulmans et druses.
{K}- CESAREE-SUR-MER{/}

La ville de C\u00e9sar\u00e9e Maritime est mentionn\u00e9e quinze fois dans le livre des 
Actes des Ap\u00f4tres_: Pierre y baptise Corn\u00e9lius, un centurion de la garde 
du procurateur romain_; Paul y s\u00e9journe de longs mois apr\u00e8s son 
arrestation \u00e0 J\u00e9rusalem_; Philippe y revient apr\u00e8s sa rencontre sur la 
route de Gaza avec l'eunuque de la reine Candace [Ac_8,40] ; avec ses 
quatre filles proph\u00e9tesses, il y accueille Paul et ses compagnons qui 
montent \u00e0 J\u00e9rusalem au retour de la troisi\u00e8me mission en Acha\u00efe et en 
Asie Mineure [Ac_21,8].
A la fin de l'\u00e9poque romaine et au temps de Byzance C\u00e9sar\u00e9e est illustr\u00e9e 
par la pr\u00e9sence active de grandes figures de l'Eglise_: Orig\u00e8ne et son 
\u00e9cole de th\u00e9ologie, Pamphile de Beyrouth avec sa remarquable 
biblioth\u00e8que, Eus\u00e8be \u00e9v\u00eaque et auteur de la premi\u00e8re histoire de 
l'Eglise.
Durant les Croisades, C\u00e9sar\u00e9e connaitra  encore une certaine c\u00e9l\u00e9brit\u00e9_: 
t\u00eate de pont entre l'occident et les \u00e9tats latins de Terre sainte elle 
verra passer de nombreux chevaliers et finalement Saint Louis qui en 
redressera une derni\u00e8re fois les remparts.
{K}CESAREE VUE PAR FLAVIUS JOSEPHE{/}

Ecoutons ce que nous dit l'historien juif Flavius Jos\u00e8phe_: "C\u00e9sar\u00e9e se 
trouve en Ph\u00e9nicie, construite au lieu o\u00f9 l'on embarque pour gagner 
l'Egypte. Elle est situ\u00e9e entre Jopp\u00e9 et Dora, deux petites villes en 
bord de mer dont les ports sont peu s\u00fbrs, battus qu'ils sont par le vent 
appel\u00e9 Africus. Ce vent violent ameute contre le rivage une telle masse 
de sable que  les pilotes sont souvent contraints de jeter l'ancre en 
haute mer. H\u00e9rode fit donc am\u00e9nager le port de C\u00e9sar\u00e9e pour pallier cette 
situation_: on lui donna la forme d'un croissant, capable d'abriter un 
grand nombre de navires." (Antiquit\u00e9s Juives.XV 13). Les relations 
commerciales qui se d\u00e9veloppaient entre Rome et l'Egypte d'une part, 
entre Rome, l'Inde et la Chine d'autre part, ne pouvaient que profiter \u00e0 
un port d'escale tel que C\u00e9sar\u00e9e_: H\u00e9rode r\u00eavait de faire de C\u00e9sar\u00e9e la 
plaque tournante de ce trafic_: il fallait faire grand.
"H\u00e9rode avait remarqu\u00e9, nous dit encore Flavius Jos\u00e8phe, qu'il y avait, 
en bordure de mer, un lieu appel\u00e9 Tour-de-Straton, dont l'emplacement 
paraissait tr\u00e8s favorable. C'est l\u00e0 qu'il fit construire une ville d'un 
plan et d'une \u00e9l\u00e9gance remarquables_; non seulement les palais en \u00e9taient 
somptueusement b\u00e2tis de marbre blanc, mais encore les demeures priv\u00e9es y 
\u00e9taient \u00e9difi\u00e9es avec beaucoup de recherche" (A.J. XV,13). "Et pour que 
rien ne manque dans cette nouvelle cit\u00e9, il y fit am\u00e9nager un march\u00e9 qui 
semblait le plus grand du monde, un th\u00e9\u00e2tre, et un amphith\u00e9\u00e2tre aussi 
majestueux que le reste" (G. J.I,16). 
{K}LE PORT{/}

Les jet\u00e9es reposaient sur un socle rocheux naturel. Elles \u00e9taient 
construites \u00e0 partir d'\u00e9l\u00e9ments pr\u00e9fabriqu\u00e9s, sortes de caissons de 
grandes dimensions que l'on immergeait ensuite, laissant \u00e0 la houle le 
soin de les remplir de sable. L'infrastructure de la jet\u00e9e une fois 
r\u00e9alis\u00e9e, on construisait mur et tours, c\u00f4t\u00e9 haute mer, maisons et 
magasins divers, face au bassin. La jet\u00e9e proprement dite \u00e9tait doubl\u00e9e 
du c\u00f4t\u00e9 de la mer, et sur toute sa longueur, par un mur brise-lames.
Les arch\u00e9ologues ont pu v\u00e9rifier la v\u00e9racit\u00e9 des dires de Jos\u00e8phe_: 
"H\u00e9rode fit noyer des pierres de prodigieuses dimensions : cinquante 
pieds de long, dix-huit de large et neuf de hauteur. Certaines \u00e9taient 
m\u00eame plus grandes encore. L'\u00e9tendue de cette jet\u00e9e \u00e9tait de deux cents 
pieds. Un c\u00f4t\u00e9 servait \u00e0 rompre la violence des lames_; l'autre c\u00f4t\u00e9 
portait un rempart garni de tours. La plus grande et la plus belle de ces 
tours fut d\u00e9di\u00e9e par H\u00e9rode \u00e0 Drusus, le fils de l'imp\u00e9ratrice Livie, 
femme d'Auguste. Sur la gauche de l'entr\u00e9e du port, il y avait une tour 
b\u00e2tie sur une vaste plate-forme capable de r\u00e9sister \u00e0 la violence des 
flots_; \u00e0 droite deux grandes colonnes d\u00e9passaient en hauteur cette tour" 
(A.J.XV 13).
Il ne reste plus qu'un des trois bassins qui avaient \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9s_: un 
affaissement rapide du socle sous-marin  a entra\u00een\u00e9 le d\u00e9mant\u00e8lement des 
jet\u00e9es.
{K}LA VILLE HERODIENNE{/}

On voit en bord de mer, au nord du quadrilat\u00e8re fortifi\u00e9 par les Crois\u00e9s, 
deux grosses tours de facture h\u00e9rodienne_; mais la plus proche de la mer 
repose sur une base d'un diam\u00e8tre sup\u00e9rieur dont l'appareil est plus 
grossier_; il est \u00e0 penser que cette fondation appartient comme le quai 
voisin, \u00e0 moiti\u00e9 immerg\u00e9, \u00e0 la fameuse "Tour de Straton" qui fut le 
premier \u00e9tablissement portuaire, sans doute plus que modeste, construit 
ici par un roi de Sidon au 4\u00e8me_si\u00e8cle av.J.C.
A partir de ces deux tours partait un mur qui d\u00e9limitait le centre urbain 
tout en laissant \u00e0 l'ext\u00e9rieur hippodrome, th\u00e9\u00e2tre et amphith\u00e9\u00e2tre. Pour 
alimenter la ville en eau on fit venir par aqueduc l'eau que l'on captait 
au sud du Carmel. Fait au d\u00e9part de canalisations en poterie port\u00e9es sur 
un muret jusqu'\u00e0 la mer, l'aqueduc se prolongeait ensuite vers le sud, 
port\u00e9 sur arches. La mobilit\u00e9 du sol et les injures du temps 
endommag\u00e8rent l'ouvrage qui dut \u00eatre restaur\u00e9, doubl\u00e9, dans les si\u00e8cles 
suivants. Plusieurs grandes art\u00e8res furent trac\u00e9es parall\u00e8lement \u00e0 la 
mer, depuis le th\u00e9\u00e2tre jusqu'au mur o\u00f9 aboutissait l'aqueduc sur arches, 
au nord de la ville. Ces grandes art\u00e8res \u00e9taient coup\u00e9es par des 
transversales qui d\u00e9terminaient des carr\u00e9s de 80 m de c\u00f4t\u00e9_: c'est le 
plan quadrill\u00e9 dit "hippodamien", du nom de son cr\u00e9ateur Hippodamos de 
Milet, urbaniste du 5\u00e8me_si\u00e8cle av.J.C.
Un syst\u00e8me d'\u00e9go\u00fbts savamment \u00e9tudi\u00e9 assurait la propret\u00e9 de la cit\u00e9 : 
"on fit sous le sol de longs souterra\u00ecns r\u00e9guli\u00e8rement espac\u00e9s qui 
descendaient tous vers la mer, mais un autre les traversait qui emportait 
les eaux de pluie et tous les immondices de la ville. Par gros temps, la 
mer s'engouffrait dans ce souterrain et assurait ainsi le nettoyage des 
rues" (A.J. XV, 13).
{K}LE PODIUM CENTRAL{/}

Au centre de la cit\u00e9, un podium repose sur des salles vo\u00fbt\u00e9es, 
parfaitement visibles du c\u00f4t\u00e9 de la mer. "Il y avait en effet en retrait 
du port, de grands magasins vo\u00fbt\u00e9s pour stocker toutes sortes de 
marchandises, ainsi que diverses autres vo\u00fbtes en forme d'arcades pour 
loger les marins. Face \u00e0 l'entr\u00e9e du port, on construisit un temple en 
l'honneur d'Auguste, d'une grandeur et d'une gr\u00e2ce exceptionnelles ; on y 
voyait une statue de ce noble empereur, aussi grande que celle de Jupiter 
Olympien qui lui avait servi de mod\u00e8le, et une seconde de m\u00eame dimension 
repr\u00e9sentant Rome" (G.J 1,16) .
{K}PILATE, PREFET DE JUDEE{/}

Au pied de quelques marches, on a retrouv\u00e9, lors des fouilles men\u00e9es dans 
le th\u00e9\u00e2tre au sud de la ville romaine, une pierre portant une inscription 
inattendue_: il s'agissait en effet d'une dalle de calcaire r\u00e9employ\u00e9e et 
qui avait d\u00fb primitivement appartenir \u00e0 quelque b\u00e2timent public de la 
ville. Sur cette pierre on pouvait lire ceci_: 
{C}s tiberieum
NTIUS PILATVS
ECTVS IUDA...E{/}

Cette dalle a l'int\u00e9r\u00eat de souligner la pr\u00e9sence de Ponce Pilate comme 
pr\u00e9fet de Jud\u00e9e en cette ville de C\u00e9sar\u00e9e, si\u00e8ge du gouvernement romain 
de Palestine_: elle corrobore les rep\u00e8res historiques donn\u00e9s par les 
\u00e9vangiles.
{K}UN TEMPLE DE MITHRA{/}

Une des belles salles vo\u00fbt\u00e9es situ\u00e9es le long de la mer fut transform\u00e9e 
au 2\u00e8me_si\u00e8cle en sanctuaire de Mithra. Ce culte d'origine iranienne, 
connut un temps d'\u00e9clipse lors de la r\u00e9forme de Zarathoustra (6\u00e8me_si\u00e8cle 
av.J.C.) mais avec l'arriv\u00e9e au pouvoir des Ach\u00e9m\u00e9nides en Perse, avec 
Cyrus, il sortit de l'ombre. Il gagna bient\u00f4t le monde hell\u00e9nistique, 
puis le monde romain o\u00f9 il prit une place importante parmi les religions 
\u00e0 myst\u00e8res. Ces cultes furent alors en grande estime parce que la 
religion officielle de Rome \u00e9tait incapable de satisfaire les aspirations 
religieuses. Exclusivement r\u00e9serv\u00e9 aux hommes, le culte de Mithra 
recrutait ses adeptes parmi les soldats auxquels il proposait une 
d\u00e9marche initiatique en sept \u00e9tapes pour acc\u00e9der au salut. Comm\u00e9morant le 
mythe du dieu qui, apr\u00e8s avoir tu\u00e9 le taureau, dont le sang avait f\u00e9cond\u00e9 
la terre, \u00e9tait remont\u00e9 au ciel pour prot\u00e9ger ses adorateurs, les initi\u00e9s 
offraient \u00e0 leur tour un taureau en sacrifice.
Ce culte attirait sans doute ici aussi bien les soldats que le peuple des 
marins. Les peintures murales du sanctuaire souterrain retra\u00e7aient 
diverses sc\u00e8nes du mythe de Mithra. Les arch\u00e9ologues ont dat\u00e9 ce lieu de 
culte du 2\u00e8me si\u00e8cle ap.J.C._; il est donc de peu post\u00e9rieur \u00e0 l'\u00e9poque 
apostolique.
{K}LES VISIONS DE PIERRE ET DE CORNELIUS{/}

Tels \u00e9taient donc (hormis ce sanctuaire de Mithra) le port et la ville de 
C\u00e9sar\u00e9e, lors des \u00e9v\u00e9nements rapport\u00e9s par Luc dans le Livre des Actes 
des Ap\u00f4tres. Ici, Corn\u00e9lius, centurion de la cohorte italique, re\u00e7oit, 
avec l'annonce de la Bonne Nouvelle, le sacrement du Bapt\u00eame des mains de 
Pierre [Ac_10,1].
L'\u00e9pisode de la conversion de Corn\u00e9lius marque un tournant d\u00e9cisif dans 
la vie de la jeune Eglise. Le lieu est riche de signification : b\u00e2tie sur 
la c\u00f4te de Palestine, regardant vers la M\u00e9diterran\u00e9e et vers Rome, la 
ville de C\u00e9sar\u00e9e-sur-Mer \u00e9tait depuis pr\u00e8s de 35 ans la capitale romaine 
de la province de Jud\u00e9e. Comme un promeneur qui s'avance jusqu'\u00e0 la c\u00f4te, 
Pierre, en arrivant \u00e0 C\u00e9sar\u00e9e, ne pouvait que  rebrousser chemin et 
enfermer l'Eglise dans les limites \u00e9troites de la Palestine juive, ou 
bien plonger dans cette mer qui s'ouvrait devant lui et se laisser porter 
jusqu'\u00e0 Rome, la capitale pa\u00efenne, "la nouvelle Babylone", incarnant tout 
le p\u00e9ch\u00e9 du monde [Ap_17,5]. C'est ce dernier parti que prend l'Esprit_: 
il viendra sur ces pa\u00efens r\u00e9unis autour de Corneille, et Pierre se voit 
contraint de les baptiser.
{C}Pierre en \u00e9tait l\u00e0 de son discours lorsque l\u00b4Esprit_Saint tomba sur tous 
ceux qui \u00e9coutaient la Parole. Quelle surprise pour les croyants 
d\u00b4origine juive qui \u00e9taient venus avec Pierre_: \u00abQuoi, les dons de 
l\u00b4Esprit_Saint sont d\u00e9vers\u00e9s sur des non-Juifs_!\u00bb Ils les entendaient 
parler en d\u00b4autres langues et chanter les merveilles de Dieu.
Alors Pierre demande_: \u00ab_Peut-on refuser l\u00b4eau et ne pas baptiser ceux 
qui ont re\u00e7u l\u00b4Esprit_Saint tout comme nous_?\u00bb Et il ordonne de les 
baptiser au nom du Seigneur J\u00e9sus, le Christ{/} [Ac_10,1] .. [Ac_10,48].
Pierre reviendra \u00e0 C\u00e9sar\u00e9e, pour la derni\u00e8re fois peut-\u00eatre, apr\u00e8s sa 
d\u00e9livrance miraculeuse lors de la pers\u00e9cution men\u00e9e par H\u00e9rode Agrippa I 
(41-44). Les Actes nous disent que {C}peu apr\u00e8s sa lib\u00e9ration, Pierre 
descendait de Jud\u00e9e \u00e0 C\u00e9sar\u00e9e o\u00f9 il demeura{/} [Ac_12,19]. 
{K}PAUL A CESAREE{/}

Paul enfin y fera halte \u00e0 plusieurs reprises : lorsqu'il retourne \u00e0 Tarse 
apr\u00e8s sa conversion et son passage \u00e0 J\u00e9rusalem [Ac_9,30]_; au retour de 
la seconde mission, o\u00f9 il y "salue l'Eglise" [Ac_18,22], et en rentrant 
de Milet apr\u00e8s le troisi\u00e8me voyage missionnaire_: cette fois il y 
rencontre Philippe, l'un des "sept", et ses quatre filles "proph\u00e9tesses". 
Un peu plus tard, il revient \u00e0 C\u00e9sar\u00e9e sous bonne escorte_: il est captif 
\u00e0 la suite de son arrestation dans le Temple de J\u00e9rusalem et durant deux 
ann\u00e9es il y attendra son transfert \u00e0 Rome car il a fait appel \u00e0 
l'empereur comme l'y autorise sa citoyennet\u00e9 romaine.
En ces jours-l\u00e0, le {C}roi Agrippa arriva \u00e0 C\u00e9sar\u00e9e accompagn\u00e9 de 
B\u00e9r\u00e9nice_; ils venaient saluer Festus. Ils s\u00b4arr\u00eat\u00e8rent l\u00e0 plusieurs 
jours et Festus soumit au roi le cas de Paul. \u00ab_Il y a ici, lui dit-il, 
un homme que F\u00e9lix a laiss\u00e9 en captivit\u00e9. Les grands pr\u00eatres et les 
Anciens des Juifs sont venus de J\u00e9rusalem rien que pour lui, et ils m\u00b4ont 
r\u00e9clam\u00e9 sa condamnation. Je leur ai r\u00e9pondu que ce n\u00b4est pas la coutume 
des Romains de livrer quelqu\u00b4un tant que l\u00b4accus\u00e9 n\u00b4a pas eu devant lui 
ses accusateurs avec la possibilit\u00e9 de se d\u00e9fendre de ce dont on 
l\u00b4accuse.{/}

Et comme Agrippa manifeste le d\u00e9sir de voir Paul, on pr\u00e9pare une audience 
royale avec de nombreux invit\u00e9s, au cours de laquelle Paul pourra 
s'expliquer.
Voici donc Paul donnant son t\u00e9moignage et racontant comment il a 
rencontr\u00e9 J\u00e9sus ressuscit\u00e9_:  {C}Paul en \u00e9tait l\u00e0 de sa d\u00e9fense lorsque 
Festus l\u00b4interpella d\u00b4une voix forte_: \u00ab_Mais tu es fou, Paul, tu as trop 
\u00e9tudi\u00e9 et tu perds la raison_!_\u00bb \u00ab_Je ne suis pas fou, excellent Festus, 
r\u00e9pondit Paul, je dis des choses vraies et qui ont beaucoup de sens. Si 
je parle devant le roi avec une telle assurance, c\u00b4est parce qu\u00b4il est 
bien au courant de ces choses_; je suis persuad\u00e9 que rien ne lui en 
\u00e9chappe, d\u00b4ailleurs tout cela ne s\u00b4est pas pass\u00e9 dans un recoin. Crois-tu 
aux proph\u00e8tes, roi Agrippa_? Oui, je sais que tu crois._\u00bb
Agrippa dit alors \u00e0 Paul_: \u00ab_Un petit peu encore et tu ferais de moi un 
chr\u00e9tien_!_\u00bb Paul r\u00e9pondit_: \u00ab_Plaise \u00e0 Dieu qu\u00b4avec un petit peu ou avec 
beaucoup, non seulement toi, mais vous tous qui m\u00b4entendez aujourd\u00b4hui, 
vous en arriviez o\u00f9 j\u00b4en suis, sauf pour les cha\u00eenes que voici_!_\u00bb{/} 
[Ac_25,13] - [Ac_26,29].
{K}LA VILLE BYZANTINE{/}

Au d\u00e9but de l'\u00e9poque byzantine, C\u00e9sar\u00e9e connut un remarquable 
d\u00e9veloppement. On a retrouv\u00e9 de cette p\u00e9riode des thermes construits au 
nord de la ville et comportant tout l'\u00e9quipement devenu alors classique_: 
frigidarium, tepidarium, caldarium et latrines. Des synagogues furent 
reconstruites, une basilique \u00e9difi\u00e9e et, au sud du podium central, un  
grand b\u00e2timent administratif. Les premi\u00e8res fouilles effectu\u00e9es en ce 
lieu ayant mis au jour deux mosa\u00eeques reprenant un texte de saint Paul 
[Rm_13,3]. Or il ne s'agit pas d'un lieu chr\u00e9tien mais d'un b\u00e2timent 
administratif. Cela pose une question qui n'est pas sans int\u00e9r\u00eat_: ce 
paragraphe de l'\u00e9p\u00eetre aux Romains \u00e9tait-il un texte suffisamment r\u00e9pandu 
pour trouver sa place dans les bureaux du gouverneur, ou au contraire 
\u00e9tait-il une sorte de sentence populaire incitant les contribuables qui 
venaient payer leurs imp\u00f4ts, \u00e0 ne pas tricher avec le fisc, une sentence 
que Paul aurait utilis\u00e9e dans sa lettre pour \u00e9tayer son propos relatif \u00e0 
la soumission aux autorit\u00e9s civiles ? 
{K}ORIGENE A CESAREE{/}

Au cours de cette \u00e9poque byzantine, C\u00e9sar\u00e9e tient de nouveau une  place 
importante dans l'histoire de l'Eglise de Palestine. C'est tout d'abord 
Orig\u00e8ne qui illustre la cit\u00e9 de sa pr\u00e9sence et de ses travaux. Il arrive 
une premi\u00e8re fois en Palestine, venant d'Alexandrie. L'\u00e9v\u00eaque de 
J\u00e9rusalem, Alexandre, qu'il conna\u00eet bien, l'a invit\u00e9 \u00e0 commenter les 
Ecritures. Il y revient une seconde fois, en 230_: Th\u00e9octiste, \u00e9v\u00eaque du 
lieu et ami d'Orig\u00e8ne, lui conf\u00e8re \u00e0 cette occasion l'ordination 
sacerdotale. Furieux, D\u00e9m\u00e9trius, \u00e9v\u00eaque d'Alexandrie, chasse Orig\u00e8ne et 
lui interdit d'enseigner dans la c\u00e9l\u00e8bre m\u00e9tropole \u00e9gyptienne. Le banni 
se fixe alors d\u00e9finitivement \u00e0 C\u00e9sar\u00e9e, o\u00f9 il reste jusqu'en 250_; il est 
arr\u00eat\u00e9 et tortur\u00e9 durant la pers\u00e9cution de D\u00e8ce, et selon son disciple 
Pamphile, il mourut \u00e0 Tyr deux ou trois ans plus tard, des suites de son 
supplice. 
Durant ces vingt ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 C\u00e9sar\u00e9e, Orig\u00e8ne accomplit un travail 
consid\u00e9rable_: travaux d'ex\u00e9g\u00e8se, hom\u00e9lies, somme th\u00e9ologique et nombreux 
trait\u00e9s pol\u00e9miques et apolog\u00e9tiques. C'est \u00e0 lui que nous devons le 
premier ouvrage de critique textuelle sur les textes sacr\u00e9s_: "Les 
Hexaples". Il y donne en six colonnes parall\u00e8les, le texte h\u00e9breu de 
l'Ancien Testament, transcrit par lui en caract\u00e8res grecs, et les quatre 
versions grecques qui circulent \u00e0 son \u00e9poque_: les "Septante", Aquila, 
Symmaque et Th\u00e9odotion.   
Parmi ses disciples, de grands ma\u00eetres spirituels comme Gr\u00e9goire de 
Nysse, Athanase, ou m\u00eame Evariste-le-Pontique, t\u00e9moignent de la richesse 
de sa vie mystique. De grands pasteurs comme Firmilien de C\u00e9sar\u00e9e de 
Cappadoce, ou Gr\u00e9goire \u00e9v\u00eaque de N\u00e9o-C\u00e9sar\u00e9e, \u00e9tudi\u00e8rent aux pieds 
d'Orig\u00e8ne dans l'\u00e9cole de C\u00e9sar\u00e9e. Cependant les figures de Pamphile de 
Beyrouth et d'Eus\u00e8be, \u00e9v\u00eaque de la cit\u00e9 maritime, restent plus 
directement attach\u00e9es \u00e0 C\u00e9sar\u00e9e, car c'est ici m\u00eame qu'ils firent 
fructifier son h\u00e9ritage biblique.
{K}PAMPHILE ET EUSEBE{/}

Ph\u00e9nicien d'origine, Pamphile part \u00e9tudier en Alexandrie aupr\u00e8s de 
Pi\u00e9rius, un des ma\u00eetres de la c\u00e9l\u00e8bre \u00e9cole n\u00e9oplatonicienne. Il vient \u00e0 
C\u00e9sar\u00e9e, probablement attir\u00e9 par le rayonnement d'Orig\u00e8ne. Ordonn\u00e9 pr\u00eatre 
par l'\u00e9v\u00eaque du lieu, Agapius, il reprend \u00e0 son compte le double travail 
de celui qu'il admire_: il d\u00e9veloppe consid\u00e9rablement la biblioth\u00e8que 
fond\u00e9e par Orig\u00e8ne et ouvre \u00e0 son tour une \u00e9cole de th\u00e9ologie. 
Eus\u00e8be est \u00e9lu \u00e9v\u00eaque ce C\u00e9sar\u00e9e en 313. Profitant des tr\u00e8s nombreux 
ouvrages et documents rassembl\u00e9s par Orig\u00e8ne d'abord puis par Pamphile, 
il entreprend la r\u00e9daction d'une {C}Chronique chronologique de l'histoire 
universelle{/} ainsi qu'une{C} Histoire eccl\u00e9siastique{/} qui constitue 
aujourd'hui encore une source capitale d'information sur les premiers 
si\u00e8cles de l'Eglise. Lorsqu'\u00e9clate la crise de l'arianisme, Eus\u00e8be de 
C\u00e9sar\u00e9e, d'un temp\u00e9rament conciliant et pr\u00e9occup\u00e9 par dessus tout de 
l'unit\u00e9 de l'Eglise se montre accueillant vis-\u00e0-vis de celui que l'\u00e9v\u00eaque 
d'Alexandrie poursuit de ses foudres. Cette cl\u00e9mence vaut alors \u00e0 Eus\u00e8be 
de tomber \u00e0 son tour sous la vindicte de Macaire de J\u00e9rusalem. Devant 
cette agitation grandissante, Constantin r\u00e9unira le Concile de Nic\u00e9e qui 
condamnera Arius (325).

{K}- MEGUIDDO{/}

M\u00e9guiddo gardait le d\u00e9fil\u00e9 qui coupait les derniers contreforts du Carmel 
et le carrefour sur lequel il d\u00e9bouchait. Cette place forte occupait une 
position strat\u00e9gique d'une importance capitale, sur la "Route de la mer" 
cit\u00e9e par le proph\u00e8te Isa\u00efe [Is_8,23] et dont la Via Maris, \u00e0 l'\u00e9poque 
romaine, \u00e9pousera le trac\u00e9. C'est le passage oblig\u00e9 pour toute relation 
commerciale comme pour toute campagne militaire, entre l'Egypte, l'Asie 
Mineure et la M\u00e9sopotamie. Au nord, la route se prolonge vers Tyr, Sidon 
et l'Anatolie, qui sera pendant pr\u00e8s d'un mill\u00e9naire le pays des 
Hittites. A l'est, on gagne la Syrie et la M\u00e9sopotamie, en contournant 
par le sud la plaine mar\u00e9cageuse d'Yizr\u00e9el_: la route passe alors au pied 
de Beth Shean et, par-del\u00e0 le Jourdain qu'elle franchit au pont des 
filles de Jacob, rejoint Damas.
Sa longue histoire s'explique par cette situation strat\u00e9gique privil\u00e9gi\u00e9e 
et par la source qui coulait \u00e0 ses pieds_: cela explique pourquoi tant de 
destructions et de rapides reconstructions, mais cela nous dit aussi 
pourquoi dans la Bible M\u00e9guiddo reste le lieu symbolique de toutes les 
grandes batailles. Dans l'Apocalypse plus particuli\u00e8rement, M\u00e9guiddo 
devient le th\u00e9\u00e2tre du triomphe d\u00e9finitif de Dieu et de son Christ sur les 
puissances du mal ameut\u00e9es vainement pour un dernier combat [Ap_16,16].
{K}LA CITE CANANEENNE{/}

Son histoire commence avec le 3\u00e8me_mill\u00e9naire, lorsqu'une population 
canan\u00e9enne construit sur le flanc est du tell un premier temple. Bient\u00f4t 
M\u00e9guiddo se trouve entra\u00een\u00e9e, avec toute la Palestine, dans les 
vicissitudes d'une histoire dont ses grands voisins, ambitieux et 
belliqueux, sont les chefs d'orchestre_: l'Egypte et la M\u00e9sopotamie. Aux 
environs de 2300 av.J.C., se d\u00e9veloppe en M\u00e9sopotamie la civilisation 
akkadienne avec son organisation de cit\u00e9s-\u00e9tats. Entre les deux empires, 
akkadien et \u00e9gyptien, qui se partagent le Proche-Orient, naissent et se 
d\u00e9veloppent un certain nombre de petites cit\u00e9s ind\u00e9pendantes comme Ebla 
en Syrie, M\u00e9guiddo,  Gu\u00e9zer ou Sichem en Palestine, cit\u00e9s de culture 
syro-canan\u00e9enne, qui vont laisser le passage libre aux nomades. 
L'effondrement des deux grands rivaux \u00e0 la fin du 3\u00e8me_mill\u00e9naire 
favorisera pour un temps la croissance des \u00e9tats syro-palestiniens.
{K}SOUS LA DOMINATION EGYPTIENNE{/}

A partir de 1570, l'Egypte qui s'est lib\u00e9r\u00e9e des princes \u00e9trangers amorce 
une remont\u00e9e spectaculaire_: pendant quatre si\u00e8cles le pays de Canaan vit 
sous la f\u00e9rule \u00e9gyptienne.
En 1468 av.J.C., le Pharaon Toutmosis lll d\u00e9fait \u00e0 M\u00e9guiddo les arm\u00e9es 
coalis\u00e9es des cit\u00e9s-\u00e9tats de Syrie et de Palestine r\u00e9volt\u00e9es contre 
l'Egypte. Sethi I r\u00e9tablira l'autorit\u00e9 de l'Egypte apr\u00e8s la crise 
provoqu\u00e9e par Akhnaton, et ses successeurs Rams\u00e8s II et M\u00e9nephta 
poursuivront son oeuvre. Durant toute cette p\u00e9riode \u00e9gyptienne M\u00e9guiddo 
fut une cit\u00e9 opulente, riche de son commerce et de l'int\u00e9r\u00eat que lui 
portaient les Pharaons.
{K}FORTERESSE ROYALE{/}

Lorsque les Isra\u00e9lites s'imposent en Palestine au temps de Josu\u00e9 et des 
Juges, M\u00e9guiddo est donc une cit\u00e9 prosp\u00e8re qui a profit\u00e9 de 
l'affaiblissement de l'Egypte sous la 20\u00e8me dynastie pour recouvrer son 
ind\u00e9pendance. Unn incendie pourtant ravage la ville au cours du 
10\u00e8me_si\u00e8cle.
L'importance capitale de M\u00e9guiddo pour la d\u00e9fense du royaume n'\u00e9chappe 
pas \u00e0 Salomon, qui vient de monter sur le tr\u00f4ne de J\u00e9rusalem_; avec Hasor 
et Gu\u00e9zer, cette ville forte surveille et prot\u00e8ge les voies d'acc\u00e8s \u00e0 la 
capitale. M\u00e9guiddo est donc l'une des villes construites par les hommes 
qu'il a r\u00e9quisitionn\u00e9s [1R_9,15]. La cit\u00e9, qui devient d\u00e8s lors le centre 
administratif de la r\u00e9gion de Yizr\u00e9el et de Beth Shean, subit cependant 
une destruction partielle quand le Pharaon Sh\u00e9shonq envahit le royaume de 
Roboam en 924. Il fait alors de M\u00e9guiddo la base strat\u00e9gique de ses 
attaques contre les cit\u00e9s de Palestine. Pour immortaliser sa victoire, le 
Pharaon \u00e9leva \u00e0 M\u00e9guiddo, une st\u00e8le portant son nom.
{K}LA PROMENADE TOURNE MAL{/}

Bien fortifi\u00e9e, M\u00e9guiddo \u00e9tait un refuge s\u00fbr en cas de n\u00e9cessit\u00e9_: s'il 
avait \u00e9t\u00e9 plus rapide que les soldats de J\u00e9hu, Ochozias en aurait 
profit\u00e9_! {C}Voyant cela, Ochozias roi de Juda avait pris la fuite par le 
chemin de Beth-Ha-Gan. J\u00e9hu le poursuivit_: "Tuez-le lui aussi!" criait-
il. On le frappa sur son char \u00e0 la mont\u00e9e de Gour, pr\u00e8s de Yibl\u00e9am_; il 
se r\u00e9fugia \u00e0 M\u00e9guiddo et c'est l\u00e0 qu'il mourut. Ses serviteurs le 
ramen\u00e8rent en char \u00e0 J\u00e9rusalem et le d\u00e9pos\u00e8rent dans son tombeau, dans la 
Cit\u00e9 de David{/} [2R_9,5] - [2R_9,28].
En 732, Hasor et M\u00e9guiddo, les deux grandes forteresses du nord, 
tomberont sous les coups de T\u00e9glat Phalasar lll. Ce d\u00e9sastre sonnera le 
glas du royaume d'Isra\u00ebl.
{K}JOSIAS ET NEKAO A MEGUIDDO{/}

Au 7\u00e8me_si\u00e8cle, Josias roi de Juda profitant du d\u00e9clin de l'Assyrie, 
tenta de reconqu\u00e9rir l'ancien royaume d'Isra\u00ebl pour le r\u00e9unir \u00e0 Juda, et 
refaire ainsi l'unit\u00e9 de l'\u00e9tat autour de J\u00e9rusalem et de son Temple 
restaur\u00e9 et purifi\u00e9. Mais ce projet contrecarrait maintenant la politique 
de l'Egypte_: Babylone s'imposait de jour en jour davantage en 
M\u00e9sopotamie et l'int\u00e9r\u00eat de l'Egypte\u00e9tait de maintenir l'\u00e9quilibre des 
forces entre Assyriens et Chald\u00e9ens. Or en 612, Ninive \u00e9tait tomb\u00e9e sous 
les coups conjugu\u00e9s des M\u00e8des et des Babyloniens_: c'est pourquoi l'ann\u00e9e 
m\u00eame de son couronnement (609) Nekao vola au secours de l'Assyrie, 
l'ennemi d'hier. La perspective d'une renaissance possible de l'Assyrie 
sauv\u00e9e {C}in extremis{/}  par l'Egypte inqui\u00e9tait le roi Josias qui 
poursuivait toujours son r\u00eave de reconqu\u00eate de l'ancien royaume 
d'Isra\u00ebl,_ il monta donc \u00e0 M\u00e9guiddo pour tenter de barrer la route au 
Pharaon mais il fut tu\u00e9 au premier instant.
{K}LA MORT DU "JUSTE"{/}

Josias fit ce qui est droit aux yeux de Yahv\u00e9 et suivit en tout le chemin 
de David son p\u00e8re{/} [2R_22,2]. Ainsi commence le r\u00e9cit de la vie de Josias 
dans le deuxi\u00e8me livre des Rois. Son r\u00e8gne fut marqu\u00e9 par la d\u00e9couverte 
du livre de la Loi dans le Temple de J\u00e9rusalem et par une profonde 
r\u00e9forme : {C}il n'y eut avant lui aucun roi qui, comme lui, se f\u00fbt tourn\u00e9 
vers le Seigneur de tout son coeur, de toute son \u00e2me et de toute sa 
force, selon la loi de Mo\u00efse_; et apr\u00e8s lui, il ne s'en leva pas qui lui 
f\u00fbt comparable{/} [2R_23,25]. Or {C}de son temps le Pharaon Nekao, roi 
d'Egypte, se mit en route vers l'Euphrate, vers le roi d'Assyrie. Le roi 
Josias se porta \u00e0 sa rencontre, mais Nekao le fit frapper d\u00e8s qu'il le 
vit. De M\u00e9guiddo, ses serviteurs ramen\u00e8rent son corps en char et le 
firent entrer dans J\u00e9rusalem o\u00f9 on le d\u00e9posa dans sa tombe__{/}[2R_23,29] - 
[2R_23,30].
Ainsi Josias, qui avait {C}toujours fait ce qui est droit aux yeux de 
Yahv\u00e9,{/} p\u00e9rissait jeune encore, tandis que Manass\u00e9 et tant d'autres 
avaient connu longue vie et mort paisible apr\u00e8s des ann\u00e9es d'infid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 
l'Alliance. Comme la mort de Mo\u00efse face \u00e0 la Terre Promise, la mort de 
Josias \u00e0 M\u00e9guiddo paraissait une d\u00e9n\u00e9gation de la justice divine. Au 
retour de la Captivit\u00e9, les pr\u00eatres tent\u00e8rent de rendre l'un et l'autre 
responsables de ce ch\u00e2timent_: Mo\u00efse avait dout\u00e9 de Dieu et frapp\u00e9 deux 
fois le rocher, ce qu'ignorait le texte plus ancien de l'Exode (comparer 
[Ex_7,1] - [Ex_7,6] et [Nb_21,13]), quant \u00e0 Josias, {C}il avait{/} {C}refus\u00e9 
d'\u00e9couter ce que le Pharaon lui disait de la part de Dieu!{/} (Comparer 
[2R_23,29] et [2Ch_35,20] - [2Ch_35,24]). N'\u00e9tait-il pas dans l'ordre des 
choses de voir la Justice de Dieu \u00e0 la lumi\u00e8re de celle des hommes_?
{K}LE SITE ARCHEOLOGIQUE{/} 
Le tell de M\u00e9guiddo, qui compte une vingtaine de niveaux, t\u00e9moigne de 
cette succession presque ininterrompue d'habitats et de civilisations. Le 
grand nombre d'{N}ostraca{/} (tessons de poterie) d\u00e9couverts par les 
arch\u00e9ologues a permis de dater les couches dont la plus ancienne remonte 
\u00e0 la fin de l'\u00e8re n\u00e9olithique (5\u00e8memill\u00e9naire av.J.C.)_: des ossements et 
des outils de silex ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s dans une grotte, au niveau du sol 
vierge. 
{K}L'ESPACE SACRE, DANS LA PARTIE EST{/} 
Les lieux de culte successifs soulignent la permanence du sacr\u00e9 sur ce 
site. Un premier temple remonte \u00e0 la p\u00e9riode chalcolithique (3300-3200 
av.J.C.). Il \u00e9tait de plan rectangulaire, avec le toit soutenu par deux 
piliers de bois, reposant sur des pierres plates ins\u00e9r\u00e9es dans le sol. 
Face \u00e0 l'entr\u00e9e, une sorte de podium de briques crues pouvait porter la 
statue du dieu canan\u00e9en honor\u00e9 en ce lieu, ou servir de table d'offrande.
Au d\u00e9but du 3\u00e8me_mill\u00e9naire, on construisit un peu plus haut un 
magnifique autel de pierres non taill\u00e9es, empil\u00e9es en tronc de c\u00f4ne_: \u00e0 
sa vue les prescriptions de Dieu_ \u00e0 Mo\u00efse reviennent en m\u00e9moire_: {C}Tu 
b\u00e2tiras pour Yahv\u00e9 ton Dieu un autel avec des pierres que le ciseau 
n'aura pas touch\u00e9es. Tu \u00e9difieras de pierres brutes, l'autel de Yahv\u00e9 ton 
Dieu, et c'est sur cet autel que tu offriras des holocaustes{/} [Dt_27,5] - 
[Dt_27,6]. Durant pr\u00e8s d'un mill\u00e9naire les canan\u00e9ens offriront leurs 
holocaustes sur cet autel comme en t\u00e9moignent cendres et ossements 
retrouv\u00e9s dans l'enceinte sacr\u00e9e.
Vers 2300 av.J.C., trois temples viennent se greffer autour de l'autel 
canan\u00e9en. Ces sanctuaires furent en usage durant plus de dix si\u00e8cles. 
L'influence de cultures \u00e9trang\u00e8res, de Syrie, d'Anatolie, de M\u00e9sopotamie 
ou de la mer Eg\u00e9e appara\u00eet dans les objets retrouv\u00e9s sur place. Le plus 
remarquable est sans doute un bel autel canan\u00e9en, fait d'une seule 
pierre, avec quatre cornes qui symbolisent la force du dieu, capable de 
s'\u00e9tendre aux quatre coins de l'univers_; il est dat\u00e9 du 10\u00e8me_si\u00e8cle 
av.J.C. et est donc contemporain de Salomon.
{K}LE "SINNOR"{/}

M\u00e9guiddo jouissait certes d'une position strat\u00e9gique privil\u00e9gi\u00e9e, encore 
fallait-il pouvoir soutenir un si\u00e8ge sans \u00eatre accul\u00e9 \u00e0 la reddition par 
manque d'eau. C'est pour parer ce danger que les architectes de la ville 
\u00e9tablirent ici comme \u00e0 Hasor, \u00e0 Gu\u00e9zer, ou \u00e0 J\u00e9rusalem, un sinnor. A 
l'int\u00e9rieur de la ville on creusa un vaste puits carr\u00e9, garni d'un 
escalier qui permettait de gagner un niveau interm\u00e9diaire entre celui de 
la ville et celui de la source. Pendant ce temps, on ouvrait un canal 
souterrain horizontal partant de la source et allant rejoindre le pied du 
puits carr\u00e9. D\u00e9sormais l'eau de la source s'\u00e9panchait jusqu'au bout du 
canal et les gens de la cit\u00e9 n'avaient plus qu'\u00e0 descendre dans le puits 
carr\u00e9 pour tirer l'eau au moyen de cruches. Et pour compl\u00e9ter ce travail, 
on obstrua de l'ext\u00e9rieur l'entr\u00e9e de la grotte o\u00f9 sourdait l'eau.
{K}DE LA GUERRE SAINTE AU COMBAT SPIRITUEL{/}

Trop souvent les hommes ont confondu la guerre sainte et les guerres de 
religion, avec le combat spirituel auquel nous invite la R\u00e9v\u00e9lation, car 
la violence habite le coeur de l'homme, et Dieu n'aura pas trop de toute 
sa patience de P\u00e8re pour conduire l'homme des unes \u00e0 l'autre. Les guerres 
innombrables qui pars\u00e8ment l'histoire du Salut en sont la preuve. 
Forteresse maintes fois prise et reprise, t\u00e9moin de tant de batailles et 
de morts, M\u00e9guiddo devait rester ainsi dans la m\u00e9moire d'Isra\u00ebl un haut-
lieu tout \u00e0 la fois strat\u00e9gique et symbolique_: l\u00e0 se jou\u00e8rent victoires 
et d\u00e9faites d\u00e9cisives pour le royaume d'Isra\u00ebl. Et c'est encore ici que 
Jean, dans son Apocalypse, voit se rassembler pour un dernier combat 
contre Dieu, les forces du Mal_:
{C}Quand le sixi\u00e8me ange a vers\u00e9 sa coupe sur le Grand Fleuve de 
l\u00b4Euphrate, les eaux ont tari, ouvrant ainsi un chemin aux rois qui 
viennent de l\u00b4orient. Alors j\u00b4ai vu trois esprits impurs qui sortaient de 
la bouche du dragon, de la bouche de la b\u00eate et de celle du faux 
proph\u00e8te_...
Ces esprits d\u00e9moniaques... ont r\u00e9uni r\u00e9uni les rois au lieu qu\u00b4on appelle 
en h\u00e9breu Har-Magu\u00e9ddon -_ou montagne de M\u00e9guiddo_-{/} ([Ap_16,13].. 
[Ap_16,16]){C}.{/}
