{N}1,{/}1 Il suffit de comparer ce d\u00e9but avec celui de l'Evangile de Luc pour voir que ce sont les deux parties d'une m\u00eame oeuvre. Th\u00e9ophile signifie: "Qui aime Dieu". Ce pourrait n'\u00eatre qu'un pr\u00eate nom: le livre alors s'adresserait \u00e0 quiconque aime Dieu.

{N}1,{/}3 Il faut traduire: {C}Il donnait par l'Esprit Saint ses instructions{/}, et non: "qu'il avait choisis par l'Esprit Saint". Ces instructions sont celles que le Christ ressuscit\u00e9 donne au cours de rencontres qui d\u00e9j\u00e0 sont des manifestations spirituelles.

{N}1,{/}7 {C}Est-ce maintenant que tu vas r\u00e9tablir le royaume d'Isra\u00ebl?{/} Voici r\u00e9affirm\u00e9e l'esp\u00e9rance que les disciples d'Emma\u00fcs avaient d\u00e9j\u00e0 formul\u00e9e. Au d\u00e9but d'un livre o\u00f9 les missions de Paul tiendront la plus grande place, cette question typiquement juive aide \u00e0 saisir quel changement de perspective allait \u00eatre n\u00e9cessaire pour donner l'Evangile aux grecs. Mais aussi Luc entend montrer d\u00e8s le d\u00e9part qu'il est vain d'esp\u00e9rer un rapide retour du Christ Juge, comme \u00e7'avait \u00e9t\u00e9 le cas pour la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration chr\u00e9tienne. Les lettres de Paul aux Thessaloniciens, et encore, mais avec moins de conviction, ses lettres aux Corinthiens (voir 2Co 5,3) \u00e9taient t\u00e9moins de cette attente. D\u00e9j\u00e0 l'Eglise se pr\u00e9pare pour une longue histoire, comme on nous le sugg\u00e8re en Mt 28,20 et Lc 21,24.    

{N}1,{/}9 Ce texte des Actes est le seul qui parle de J\u00e9sus \u00e9lev\u00e9 au Ciel dans une manifestation visible (le texte de Lc 24,51 est fort douteux et les autres \u00e9vangiles n'en font pas mention). Faut-il penser que Luc a mat\u00e9rialis\u00e9 cette mont\u00e9e au Ciel qui n'avait jusque l\u00e0 qu'un sens figur\u00e9? Il \u00e9tait normal qu'une manifestation sensible leur soit accord\u00e9e, adapt\u00e9e \u00e0 leur imagerie religieuse, pour graver dans leur esprit l'exaltation du Christ. C'est ce que Dieu a fait pour d'autres en de multiples occasions.
Il doit \u00eatre clair que tous les faits et gestes de J\u00e9sus ressuscit\u00e9 dont les ap\u00f4tres ont \u00e9t\u00e9 les t\u00e9moins sont des fa\u00e7ons qu'il a eues de se manifester \u00e0 eux. Sa r\u00e9surrection lui avait donn\u00e9 acc\u00e8s \u00e0 une autre existence qui n'a pas de repr\u00e9sentation dans notre monde. Pour autant, un seul mot ne suffisait pas pour dire ce qu'avait \u00e9t\u00e9 la R\u00e9surrection. L'Ecriture employait \u00e0 ce sujet deux mots grecs diff\u00e9rents: {C}se lever{/} et {C}s'\u00e9veiller;{/} nous les traduisons le plus souvent selon l'usage habituel: ressusciter. Mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ce r\u00e9veil ou de ce rel\u00e8vement, l'Ecriture emploie \u00e9galement le terme exalter ou {C}glorifier {/}glorificar: (Jn 12,23; Ac 3,13). Et c'est alors que nous devons relire Eph 1,20-21 et 4,9-10. La r\u00e9surrection et la glorification de J\u00e9sus signifient qu'il a pris en mains l'histoire et le cosmos. Il courbera toutes les trajectoires pour qu'elles aboutissent \u00e0 cet Homme Nouvau et ces Terre et Cieux nouveaux qui sont au bout de l`histoire. 
Par cons\u00e9quent, bien que l'image de J\u00e9sus \u00e9lev\u00e9 au Ciel jure avec la repr\u00e9sentation que nous nous faisons aujourd'hui du cosmos, nous devons garder, avec d'autres mots, son sens cosmique. Nous n'avons pas \u00e0 renier tous ces termes qui d\u00e9finissent le monde spirituel \u00e0 partir d'un en-bas et d'un en-haut: ils expriment sans doute l'ordre vrai des choses.

{N}1,{/}14 Nous disons dans la note plac\u00e9e en Col 1.15 l'importance de ces premiers jours pour la r\u00e9flexion commune sur la foi..

{N}1,{/}18 Les versets 18-19 sont une incise, non de Pierre, puisque toute la communaut\u00e9 est au courant, mais de Luc. Ce d\u00e9tail anecdotique contredit en fait la version de Mt 27,3-10. 

{N}1,{/}25 {N}Le texte dit: \u00abce minist\u00e8re et cet apostolat\u00bb,{/} Cette charge est \u00e0 la fois {C}minist\u00e8re {/}(au sens d'\u00eatre responsable d'un service), et {C}apostolat{/}. Le mot que nous traduisons par {C}minist\u00e8re{/} a la m\u00eame racine que "diacre", mais ici c'est le minist\u00e8re d'un ap\u00f4tre, t\u00e9moin officiel de la R\u00e9surrection envoy\u00e9 par le Christ. 

{N}2,{/}19 Pierre tient \u00e0 citer cette fin du texte. Cela ne prouve pas qu'il l'interpr\u00e8te comme la fin du monde, mais comme une crise apocalyptique: la premi\u00e8re Eglise en a vu la r\u00e9alisation dans la destruction de J\u00e9rusalem et du Temple en l'an 70. On ne peut nier cependant que Pierre exprimait la conviction d'un proche retour glorieux du Christ.

{N}2,{/}22 Dans cette premi\u00e8re proclamation, le premier point que Pierre veut \u00e9clairer n'est pas la doctrine de J\u00e9sus. Tout comme J\u00e9sus partait des faits et, parlant \u00e0 Nazareth, donnait un sens \u00e0 ses miracles (Lc 4,20), ici Pierre donne le sens de la mort toute r\u00e9cente de J\u00e9sus. Cette affaire toute chaude constituait un vrai scandale car, quel qu'ait \u00e9t\u00e9 le nombre de ceux qui avaient demand\u00e9 la mort de J\u00e9sus, bien plus nombreux devaient \u00eatre dans le peuple ceux qui ne comprenaient pas qu'on en soit arriv\u00e9 \u00e0 mettre en croix un homme signal\u00e9 par sa stature religieuse et ses gu\u00e9risons: "Comment Dieu peut-il permettre?" C'est ce tr\u00e8s grand scandale que Pierre aborde et il va donner un premier sens, non \u00e0 la mort de J\u00e9sus dont il excuse les auteurs, mais \u00e0 la r\u00e9surrection qui l'a suivie: c'est J\u00e9sus qui donne l'Esprit \u00e0 ceux qui {C}se sont repentis{/} (v.38). Ils doivent se repentir en premier lieu d'avoir fait la sourde oreille lorsque J\u00e9sus essayait de rassembler le peuple de Dieu. La promesse de Dieu est enfin r\u00e9alis\u00e9e, et c'est seulement dans ce sens qu'on le voit ici parler d'une r\u00e9demption et d'un r\u00e9dempteur. 
Quant \u00e0 nous, qui lisons ces textes, nous ne pouvons que nous \u00e9tonner d'un tel passage de l'Esprit sur l'attroupement qui \u00e9coute Pierre puis sur ceux qui viendront se joindre les jours suivants: on leur offrait l'Esprit Saint, et cela les int\u00e9ressait, et ils y croyaient!
Luc ne dit rien sur la fa\u00e7on dont ont pu \u00eatre accueillies {C}ces trois mille personnes{/} (41) qui {C}s'ajoutaient{/} au premier noyau. Beaucoup d'entre elles, sans doute, venues au p\u00e9lerinage, s'en retourn\u00e8rent chez elles avec la foi, mais sans s'int\u00e9grer \u00e0 une communaut\u00e9 comme celle de J\u00e9rusalem. Il n'est pas impossible que, apr\u00e8s nous avoir montr\u00e9 l'ampleur de ce mouvement  de conversion, Luc nousparle au verset suivant de ceux  moins nombreux qui, \u00e0 J\u00e9rusalem m\u00eame, se regroupent en Eglise. Dans ce cas il faudrait comprendre et traduire: {C}On venait de fa\u00e7on assidue{/}...

{N}2,{/}46 Au v.47 le texte dit: "le Seigneur amenait \u00e0 l'Eglise les sauv\u00e9s{C}"{/}. Voir la note en 4.12.

{N}3,{/}16 Le texte dit: \u00abComme si nous l'avions fait marcher par notre propre puissance ou pi\u00e9t\u00e9\u00bb.

{N}3,{/}17 Cette nouvelle pr\u00e9dication de Pierre apporte des \u00e9l\u00e9ments nouveaux \u00e0 ce que la pr\u00e9c\u00e9dente (2,17-36) avait \u00e9bauch\u00e9 sur le th\u00e8me du salut. Cette fois-ci, le Nom de J\u00e9sus est porteur de vie et de gu\u00e9rison. Mais surtout{C} la foi qui s'appuie sur lui{/} (voir la note en 4.12) va acc\u00e9l\u00e9rer la venue de temps meilleurs. Pierre aborde ainsi le myst\u00e8re de la r\u00e9demption: il y croit fermement, mais il lui est difficile de l'exprimer. Voyez comment il affirme que J\u00e9sus, pardonnant \u00e0 son peuple, apporte \u00e0 ceux qui croient une b\u00e9n\u00e9diction qui les am\u00e8ne au repentir et \u00e0 {C}l'effacement {/}des p\u00e9ch\u00e9s. C'est tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu'annon\u00e7ait la proph\u00e9tie de Za 12,10 et 13,1. Mais Pierre ne parle pas encore d'un rachat des p\u00e9ch\u00e9s par le sang de J\u00e9sus.

{N}4,{/}12{N} IL N'Y A PAS D'AUTRE NOM{/}
{C}Le salut ne se trouve en aucun autre{/}. On peut se demander ce que Pierre entend par {C}salut{/}. Dieu s'\u00e9tait toujours manifest\u00e9 comme l'unique Sauveur de son peuple et le seul{C} Nom par qui les hommes devaient \u00eatre sauv\u00e9s{/}. Mais maintenant, comme Pierre le proclame, toute l'oeuvre de Dieu en Isra\u00ebl passera par ce Messie d\u00e9j\u00e0 install\u00e9 \u00e0 sa droite (Ps 110). Le {C}salut qui ne se trouve en aucun autre{/}, c'est d'abord la "d\u00e9livrance d'Isra\u00ebl" (Lc 2,25) que bien des auditeurs de Pierre attendent. Et Pierre n'h\u00e9site pas \u00e0 promettre des temps meilleurs (3,20).
Mais les proph\u00e8tes n'ont jamais s\u00e9par\u00e9 le salut d'Isra\u00ebl d'un renouveau int\u00e9rieur des croyants. Et les ap\u00f4tres vont tout de suite mettre l'accent sur ce salut apport\u00e9 \u00e0 ceux qui croient; on ne parle pas de chr\u00e9tiens mais de "sauv\u00e9s" (2,47). Nul doute qu'ils avaient conscience d'\u00eatre sauv\u00e9s, et ils le d\u00e9couvraient dans leur vie quotidienne. Mais cela pouvait-il durer? Dans l'enthousiasme du premier moment, celui qui a cru se sent renouvel\u00e9 et a l'impression que ses probl\u00e8mes ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9solus. Plus simplement, comme disent bien des personnes: "Hier cela me paralysait, aujourd'hui je ne m'en fais plus un monde". La pr\u00e9sence d'une personne aim\u00e9e qui devient le centre de notre existence suffit pour nous redonner vie: J\u00e9sus \u00e9tait aim\u00e9. Et ne parlons pas du don de l'Esprit.
Ils n'auraient jamais pens\u00e9 \u00e0 renier le pass\u00e9 d'Isra\u00ebl, la r\u00e9v\u00e9lation faite aux proph\u00e8tes, les ressources et la foi de la communaut\u00e9 juive, laquelle avait produit des ap\u00f4tres et des martyrs, sans compter une multitude de justes humbles et anonymes{N}, {/}Ils se voulaient fid\u00e8les \u00e0 la Loi (Dt 30,10; Is 51,7; 1M 1,57; Ps1,2) et \u00e0 l'Alliance (1M 2,20; Ps 78,37), et c'\u00e9tait l\u00e0 une fa\u00e7on de vivre la foi, comme le montre le grand chapitre 11 de la lettre aux H\u00e9breux. Mais ce n'est pas la m\u00eame chose de croire en Dieu \u00e0 partir des interventions de sa Providence, ou bien de croire en l'alliance de Dieu avec Isra\u00ebl, \u00e9crite dans l'histoire comme dans l'Ecriture; ou bien de recevoir J\u00e9sus comme le Fils unique, Dieu incarn\u00e9 venu parmi nous pour partager notre condition. Cet \u00e9v\u00e9nement unique est plus puissant qu'aucune autre r\u00e9v\u00e9lation pour amener le coeur humain \u00e0 la confiance en Dieu P\u00e8re, et \u00e0 l'humilit\u00e9 et l'amour vrai, \u00e0 l'exemple de J\u00e9sus. 
Donc, avec J\u00e9sus, la foi avait acquis une dimension nouvelle. C'est ainsi que les lettres de Paul ne parlent pas seulement de la foi{C} au{/} Christ (Ac 20,21; Gal 2,16... ) mais de la foi {C}du {/}Christ, c'est-\u00e0-dire propre des chr\u00e9tiens, qui s'appuie sur le Christ, qui est selon le Christ (Ac 3,16; Rom 3,22; Fil 3,9... ). Que la foi {C}du{/} Christ ait transform\u00e9 le panorama psychologique et spirituel du croyant, nous en avons la preuve dans le don de l'Esprit qui accompagnait le bapt\u00eame. Il n'y avait pas l\u00e0 seulement un charisme, une faveur sensible destin\u00e9e \u00e0 r\u00e9compenser le croyant: un monde nouveau lui \u00e9tait ouvert et s'\u00e9tait ouvert en lui.
Ce salut personnel, qui tiendra vite la premi\u00e8re place dans l'Eglise, c'est un renouveau en profondeur de l'\u00e2me croyante. Il y a d'abord un pardon des p\u00e9ch\u00e9s. Car J\u00e9sus a mis le p\u00e9ch\u00e9 \u00e0 d\u00e9couvert comme on ne l'avait pas fait avant lui: il suffit de lire le Sermon sur la Montagne. Le p\u00e9ch\u00e9, c'est aussi pour certains des auditeurs de Pierre, le fait d'avoir approuv\u00e9 la condamnation de J\u00e9sus, et pour tous les autres, d'avoir fait la sourde oreille \u00e0 ses appels. Mais maintenant Dieu offrait une r\u00e9conciliation beaucoup plus profonde que celles du pass\u00e9, essentiellement parce qu'il avait d\u00e9couvert son immense amour et sa puissance de pardon, par la croix de J\u00e9sus. M\u00eame si les premiers croyants ne savaient pas encore bien exprimer leur foi en ce Fils de Dieu, ils \u00e9taient conscients d'avoir tout gagn\u00e9: ils \u00e9taient, pour reprendre le langage des proph\u00e8tes, le "reste d'Isra\u00ebl" et les "sauv\u00e9s de Sion" (Is 4,3).
Donc, lorsque Pierre dit que celui qui croit est sauv\u00e9, il ne s'agit pas d'abord d'\u00e9chapper \u00e0 une condamnation ou \u00e0 une apocalypse imminente (Ac 2,21) comme on l'a pens\u00e9 durant les premi\u00e8res ann\u00e9es de l'Eglise (1Th 5,1-4; 2Th 1,6). Le salut, c'est une pl\u00e9nitude. Les sauv\u00e9s sont devenus partie prenante d'un peuple \u00e9lu; ils sont \u00e0 la fois b\u00e9n\u00e9ficiaires et coop\u00e9rateurs du myst\u00e8re de salut que Dieu m\u00e8ne \u00e0 bien au coeur de l'histoire humaine. Et, lorsqu'ils regardent autour d'eux, il leur para\u00eet sans aucun doute possible que ce salut est propre \u00e0 ceux qui ont cru au Christ et sont entr\u00e9s dans l'Eglise par le bapt\u00eame. 
Lorsque Pierre dit, non seulement pour Isra\u00ebl, mais pour tous les peuples: {C}Aucun autre Nom sous le ciel n'a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 aux hommes{/}, il ne limite pas l'oeuvre de salut \u00e0 quelques uns. Il n'exclut pas le travail de Dieu dans cette grande part de l'humanit\u00e9 qui ne conna\u00eetra pas le Christ: il parle pour ceux qu'il a devant lui, peuple choisi par Dieu pour porter ses myst\u00e8res. Et il ne dit pas non plus que ceux qui ne croient pas seront condamn\u00e9s, mais qu'ils perdent ce salut qui \u00e9tait le grand don de Dieu. 

{N}6,{/}5 {C}Rempli de foi et de l'Esprit Saint{/}. Nous avions d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit: remplis {C}de l'Esprit{/} et de sagesse, au v.3, pour respecter les habitudes de notre langage. Mais le texte dit aux deux endroits: remplis "de foi et d'esprit", rempli "d'esprit et de sagesse". Notre langage religieux nous \u00e9gare quelque peu: sachant que l'Esprit est personne divine, nous voulons lui garder sa majuscule et qu'on n'en prenne pas un peu ou beaucoup. Nous disons qu'il est "personne" divine, faute d'une meilleure expression, mais il est tout aussi vrai que l'Esprit est l'\u00e9nergie divine, et l'on dit bien: plein de vigueur.
Nous ne savons rien des Sept, si ce n'est d'Etienne et de Philippe. Comme l'Apocalypse parle des nicola\u00eftes en Ap 2,6, on a eu vite fait de voir en eux des imitateurs de ce {C}Nicolas {/}inconnu. Dans l'Eglise latine le mariage des pr\u00eatres lui a aussi \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9.

{N}7,{/}30 Etienne cite ici Ex 3,2. Comme tous en son temps, Etienne ignore le sens qu'avait aux temps anciens "l'ange du Seigneur" (voir le commentaire de ce texte) et pense \u00e0 un ange. Et il fait le lien avec "l'ange" dont il est question en Ex 23,20.  

{N}7,{/}42 Etienne cite ici Amos 5,25-26. Le texte h\u00e9bra\u00efque \u00e9tait corrompu et la Bible grecque qu'utilisaient les ap\u00f4tres, comme l'ensemble des Juifs du monde grec l'avait suivi. Le proph\u00e8te ne reprochait pas aux isra\u00e9lites l'idol\u00e2trie de leurs p\u00e8res au d\u00e9sert, mais la leur propre. Cependant Etienne ne se trompe pas sur le fond: la Bible mentionne cette idol\u00e2trie en plusieurs endroits (Nb 25).

{N}8,{/}9 Ce Simon n'est pas un inconnu pour l'histoire. Il a eu des disciples en Samarie et les sectes gnostiques du si\u00e8cle suivant le pla\u00e7aient parmi leurs inspirateurs.

{N}8,{/}14 {N}BAPTEME ET IMPOSITION DES MAINS{/}
Ce paragraphe distingue le bapt\u00eame de l'imposition des mains qui conf\u00e8re l'Esprit (Ac 19,6). Les deux sont distingu\u00e9s nettement en Heb 6,2. Par contre les \u00e9vangiles parlent du bapt\u00eame dans l'Esprit Saint, qui n'est autre que le bapt\u00eame chr\u00e9tien, et l'opposent au bapt\u00eame d'eau qui \u00e9tait celui de Jean Baptiste. 
Il faut ici rappeler les paroles de Pierre en Ac 10,47: {C}ceux qui ont re\u00e7u l'Esprit Saint tout comme nous{/}. Si l'on s'attache \u00e9galement au d\u00e9tail des explications de Pierre en 11,16, on conclura que d\u00e8s les premiers jours ils ont voulu transmettre par une imposition des mains (voir Nb 27,18), le don qu'ils avaient re\u00e7u. Peut-\u00eatre J\u00e9sus leur en avait-il dit quelque chose en ces jours qui suivirent la R\u00e9surrection et durant lesquels il leur donna ses instructions{C} par l'Esprit Saint{/}: Ac 1,2. En revanche ils ne parlaient pas du bapt\u00eame "dans l'Esprit" comme J\u00e9sus l'avait dit. Il semble donc bien que d\u00e8s les origines l'initiation chr\u00e9tienne a comport\u00e9 les deux rites et on peut seulement se demander si ils \u00e9taient li\u00e9s ou s'il y avait un intervalle entre les deux. D'autre part il est certain que l'imposition des mains est devenue sans aucune rupture de sens ou de pratique notre confirmation. 
Les controverses modernes sur un bapt\u00eame de l'Esprit qui serait ind\u00e9pendant, m\u00eame du sacrement de confirmation, sont dues \u00e0 la conjoncture actuelle. Comme le bapt\u00eame et la confirmation sont donn\u00e9s le plus souvent sans qu'ait eu lieu le processus normal de conversion et de d\u00e9couverte du Christ Seigneur qui leur donne leur plein sens, les manifestations visibles, disons charismatiques, de l'Esprit sont plus rares ou plus discr\u00e8tes. Aussi semble-t-il important dans certains groupes de reprendre ce processus, avec l'espoir souvent r\u00e9compens\u00e9 d'obtenir de telles gr\u00e2ces. Mais vouloir que l'Esprit ne soit pas donn\u00e9 par la confirmation et qu'il faille y ajouter d'autres rites, ce serait sans doute m\u00e9priser la voie commune et traditionnelle de la vie chr\u00e9tienne.

{N}10,{/}9 Pierre {C}voit le ciel ouvert{/}: c'est l'expression qui convient pour dire qu'il a une vision, comme en Mc 1,10 et Ac 7,56. Il avait faim et la vision lui fait miroiter le gibier. 

{N}10,{/}37 Ce nouveau discours de Pierre reprend le sch\u00e9ma du discours de la Pentec\u00f4te. Il y part du scandale qu'a \u00e9t\u00e9 le supplice de J\u00e9sus, et il montre que Dieu a retourn\u00e9 le mal en bien. 
Il est int\u00e9ressant de noter que, s'adressant \u00e0 un non-Juif, Pierre met une distance entre {C}tout le peuple{/} (41) et {C}les t\u00e9moins que Dieu avait d\u00e9sign\u00e9s{/}. Il veut s\u00fbrement montrer que la r\u00e9surrection est objet de foi, mais c'est aussi une fa\u00e7on de montrer que l'Eglise prend ses distances vis-\u00e0 vis du peuple juif: elle est d\u00e9j\u00e0 un peuple \u00e9lu o\u00f9 m\u00eame le romain Cornelius trouvera sa place.
Autre \u00e9l\u00e9ment nouveau: le pardon des p\u00e9ch\u00e9s est re\u00e7u {C}gr\u00e2ce au Nom de J\u00e9sus{/}.

{N}14,{/}9 {C}Paul vit qu'il avait la foi pour \u00eatre sauv\u00e9{/}. Il serait plus exact de dire: "il avait la foi qu'il serait sauv\u00e9". On retrouve la parole de J\u00e9sus: "Ta foi t'a sauv\u00e9". Et le mot {C}sauver{/} se pr\u00eate \u00e0 toutes les formes de salut, depuis la gu\u00e9rison jusqu'\u00e0 la foi qui justifie. En r\u00e9alit\u00e9 le fond de la foi est le m\u00eame dans les deux cas, et il n'est pas propre au christianisme mais on le retrouve sous toutes les latitudes: l'invalide avait-il seulement compris ce que Paul racontait en grec (v.11)?

{N}15,{/}28 {N}LE DECRET DE JERUSALEM{/}
Nous avons dit dans le commentaire de 15,22 que tr\u00e8s probablement Luc a joint ici en un seul r\u00e9cit la rencontre de J\u00e9rusalem et le d\u00e9cret pris par Jacques pour son propre dioc\u00e8se \u00e0 majorit\u00e9 juive. Il faut noter que divers manuscrits -appartenant au groupe dit occidental ont un texte diff\u00e9rent pour les versets 20 et 29: les prohibitions sont partiellement ou tatalement supprim\u00e9es et en revanche on demande aux chr\u00e9tiens non -Juifs de respecter la grande loi de charit\u00e9d\u00e9j\u00e0 inscrite dans le L\u00e9vitique (19,18 et 34): ne faites pas \u00e0 autrui ce que vous ne voulez pas qu'on vous fasse. 
Quand on examine ce chapitre avec celui de Paul en Galates 2, bien des d\u00e9tails montrent que la rencontre a d\u00fb se d\u00e9rouler dans le cadre de la f\u00eate de la D\u00e9dicace du Temple. De l\u00e0 vienent le texte d'Amos avec la mention de la tente de David, qui n'est autre que le Temple, et les ap\u00f4tres compar\u00e9s aux colonnes du Temple (Ga 2,9) et l'allusion au joug \u00abque nos p\u00e8res n'ont pas \u00e9t\u00e9 capables de porter\u00bb. Suivant l'exemple de mod\u00e9ration donn\u00e9 par les Juifs eux-m\u00eames pour les pros\u00e9lytes qui venaient \u00e0 eux, l'Eglise allait plus loin encore, leur donnant la libert\u00e9 vis-\u00e0-vis des interdits du pur et de l'impur. 
Il semble donc bien que le texte a \u00e9t\u00e9 retouch\u00e9 plus tard pour le mettre en accord avec le d\u00e9cret mentionn\u00e9 en 21,25, lequel \u00e9tablissait ces prohibitions pour les r\u00e9gions voisines de la Palestine.

{N}16,{/}3 Selon la loi juive, le fils d'une m\u00e8re juive et d'un p\u00e8re "impur" est juif, Donc beaucoup de chr\u00e9tiens d'origine juive n'auraient pas pardonn\u00e9 \u00e0 Timoth\u00e9e de ne pas \u00eatre circoncis.

{N}16,{/}13 L\u00e0 o\u00f9 il n'y a pas de synagogue, les Juifs sont invit\u00e9s \u00e0 se r\u00e9unir pr\u00e8s d'une rivi\u00e8re.

{N}20,{/}28 De nombreux manuscrits anciens ont une autre lecture: "l'Eglise de Dieu qu'il s'est acquise par son propre sang". Il est difficile de penser que Paul ait parl\u00e9 du propre sang de Dieu, car toujours il r\u00e9serve ce terme pour le P\u00e8re. Mais par ailleurs il dit toujours: {C}l'Eglise de Dieu{/}. Il est tr\u00e8s possible que la phrase de Paul ait suivi sa pens\u00e9e plut\u00f4t que la correction du style: "l'Eglise que Dieu s'est acquise - et elle a \u00e9t\u00e9 acquise par le sang du Seigneur". Il semble donc bien difficile de tirer argument de ce texte pour affirmer la divinit\u00e9 du Christ.

{N}20,{/}30 C'est le premier endroit du Nouveau Testament o\u00f9 nous trouvons la pr\u00e9occupation pour l'h\u00e9r\u00e9sie. Celle-ci ne pouvait se d\u00e9velopper qu'apr\u00e8s la disparition des ap\u00f4tres, elle fera le sujet de la majorit\u00e9 des mises en garde dans les Lettres \u00e0 Timoth\u00e9e et \u00e0 Tite, comme dans les Ep\u00eetres Catholiques

{N}20,{/}32 On retrouve la m\u00eame expression qu'en Luc 4,22 et Ac 14,3: la parole, ou le message, de sa gr\u00e2ce. Voir aussi Ac 20,24: la Bonne Nouvelle de la gr\u00e2ce de Dieu. Ici la Parole de Dieu est puissante pour construire les personnes: c'est tout le sens de la lecture biblique consid\u00e9r\u00e9e comme un sacrement. 

{N}26,{/}14 {C}Tu te fais mal en r\u00e9sistant{/} (c'est le sens de: "repousser l'aiguillon"). La rencontre de J\u00e9sus ressuscit\u00e9 vient au terme d'une longue lutte. Il \u00e9tait impossible que Paul n'ait pas \u00e9t\u00e9 s\u00e9duit par la personne de J\u00e9sus. Sa violence dans la r\u00e9pression en \u00e9tait un signe; bien des petits faits de son activit\u00e9 pers\u00e9cutrice, qu'il est facile d'imaginer, faisant suite \u00e0 la mort d'Etienne, l'avaient mis mal \u00e0 l'aise et le d\u00e9chiraient int\u00e9rieurement.

{N}26,{/}15 {C}Le pouvoir de Satan{/}. On a ici les m\u00eames termes qu'en Col 1,12-13. Dans l'\u00e9vangile J\u00e9sus mena\u00e7ait le pouvoir de Satan lorsqu'il chassait les d\u00e9mons. Ici l'oeuvre r\u00e9demptrice du Christ nous lib\u00e8re d'un monde ali\u00e9n\u00e9 pour nous introduire dans le Royaume. Il est impossible d'enlever de notre pr\u00e9dication cette ali\u00e9nation et ce pouvoir de Satan sans r\u00e9duire consid\u00e9rablement le message chr\u00e9tien. 

{N}27,{/}9 {C}La f\u00eate du je\u00fbne{/}: c'est le mois de septembre: Nb 29,7.

