{2}RUTH{/}

En Israel il semblait que le meilleur moyen de prot\u00e9ger la dignit\u00e9 et la libert\u00e9 des familles les plus modestes \u00e9tait de prot\u00e9ger l'h\u00e9ritage du chef de famille et de d\u00e9clarer inali\u00e9nable le lopin de terre qu'il poss\u00e9dait sur le territoire de sa tribu. Lorsque quelqu'un mourait sans enfants, un de ses parents pouvait (et devait, s'il en avait les moyens) racheter sa terre et lui donner un h\u00e9ritier qui serait reconnu comme son descendant (voir \u00e0 ce sujet [Mc_12,19]). C'est cette coutume qui fait le fond du livre de Rut.
Une ancienne tradition voulait qu'il y ait eu parmi les anc\u00eatres de David une \u00e9trang\u00e8re, une Moabite du nom de Ruth.Elle est l'h\u00e9ro\u00efne de cette charmante histoire. Ces pages nous ont gard\u00e9 quelques sc\u00e8nes de la vie des paysans de Palestine, une vie qui a \u00e9t\u00e9 durant des si\u00e8cles celle des anc\u00eatres de J\u00e9sus. Une vie toute simple o\u00f9 se r\u00e9v\u00e8le une culture authentique et une inconsciente noblesse.
Un esprit ouvert et supranational inspire cette histoire qui doit avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9crite au quatri\u00e8me si\u00e8cle avant le Christ. Peu avant, Esdras avait oblig\u00e9 les Juifs \u00e0 renvoyer leurs femmes \u00e9trang\u00e8res, car elles pouvaient les amener \u00e0 suivre leur propre religion. Ici, au contraire, le personnage principal est une \u00e9trang\u00e8re. Ruth accepte le vrai Dieu, celui d'Isra\u00ebl, et est accueillie dans la communaut\u00e9 du peuple de Dieu.
